Les réseaux 5G permettront d’avoir un très grand nombre de connexions dans un petit espace, sans perte de débit ni augmentation de latence, ce qui est essentiel pour les voitures et les drones autonomes qui sillonneront les villes intelligentes.

Le 5G expliqué

CHRONIQUE / La technologie 5G est au coeur de l’actualité pour les mauvaises raisons, avec l’arrestation, à Vancouver, en décembre, de Meng Wanzhou, une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei. Mais qu’est-ce que la technologie 5G ?

Un peu d’histoire

Il peut paraître utopique de vous expliquer la technologie 5G, alors qu’une bonne partie du territoire québécois ne bénéficie même pas d’une couverture cellulaire 4G digne de ce nom.

Les enjeux économiques, politiques et technologiques sont si grands que cette technologie sera la pierre angulaire des années 2020. Il est donc d’autant plus pertinent d’en connaître les tenants et aboutissants !

La première génération de réseaux cellulaires a fait son apparition dans les années 1980 et ne permettait que le transport de la voix, tandis que la seconde génération ajoutait les textos. Les réseaux 3G sont ensuite arrivés au milieu des années 2000, ajoutant cette fois-ci, une connexion à Internet. Avec la popularité grandissante des téléphones intelligents, conjuguée à la prolifération des médias sociaux et des sites de diffusion en continu, le 3G est rapidement devenu obsolète devant toute cette demande de bande passante, et c’est alors que les réseaux 4G ont fait leur apparition, avec une rapidité jusqu’à 10 fois supérieure.

La cinquième génération (5G) de réseaux cellulaires n’est pas qu’une simple amélioration de la technologie précédente. Elle sera le pivot du monde numérique, de l’intelligence artificielle et des objets connectés. Le débit des connexions 5G est ahurissant : 100 fois supérieur à son prédécesseur et près de 25 000 fois que le 3G. Le 5G peut même dépasser les 10 gigabits par seconde, ce qui est encore plus rapide que les liens filaires domestiques.

L’interconnectivité des objets

La faible latence des réseaux 5G permettra aux objets connectés d’effectuer des tâches avec une plus grande précision. Par exemple, dans le secteur médical, une opération pourra être effectuée avec un robot contrôlé à distance par un médecin, avec une précision chirurgicale, en temps réel. Les réseaux 5G permettront d’avoir un très grand nombre de connexions dans un petit espace, sans perte de débit ni augmentation de latence, ce qui est essentiel pour les voitures et les drones autonomes qui sillonneront les villes intelligentes. Un scénario digne de la science-fiction, mais qui sera bel et bien implanté, d’ici quelques années à peine. C’est l’image que j’avais de l’an 2000, lorsque j’étais enfant !

Le 5G cible son signal sur demande aux appareils, contrairement au 4G, qui émet en permanence.

Techniquement, il y a des différences majeures entre les réseaux cellulaires conventionnels et la technologie 5G, à commencer par le type d’antenne utilisée. Traditionnellement, un réseau cellulaire est composé de puissantes antennes qui émettent un signal en continu, lequel est capté par les utilisateurs lorsqu’ils sont à portée de ladite antenne. Le réseau 5G utilise plutôt une technologie composée d’un grand nombre de petites antennes qui émettent un signal dans une direction précise, ciblant les appareils sur demande et éliminant l’émission d’ondes radio, qui sont inutiles et si énergivores !

Pourquoi Huawei ?

Le manufacturier d’équipements de télécommunications Huawei est l’un des leaders en ce qui a trait à la technologie 5G.

Ce dernier est d’ailleurs persona non grata dans plus en plus de pays, en raison d’allégations d’espionnage qui planent sur la Chine.

Au Canada, la situation est suivie de près par les autorités, d’autant plus que l’ambassadeur de Chine, Lu Shaye, a affirmé que le Canada s’expose à des conséquences s’il interdit à Huawei de fournir des équipements 5G.

Depuis l’arrestation, en décembre 2018, de Meng Wanzhou, fille du fondateur de Huawei, la tension entre le Canada et la Chine a monté d’un cran, et le gouvernement devra prendre une décision par rapport aux éventuels fournisseurs d’équipements du futur réseau 5G. Avec un réseau qui est techniquement intrusif, il est clair que les gouvernements doivent établir des règles rigoureuses envers les fournisseurs, afin de sécuriser, au maximum, le réseau, ainsi que les équipements en aval.

Imaginez qu’une faille de sécurité volontaire, ou pas, provenant d’un équipement de réseau 5G, permette à un groupe terroriste ou à un pays ennemi de prendre le contrôle de tous les objets connectés, des voitures autonomes, ou même des centrales électriques…

Ce débat, qui n’est pas à prendre à la légère, va bien au-delà de la sécurité nationale.