Le courtier immobilier Rodrigue Côté explique que la demande de dézonage du 4141 rue Comtois vise à retirer « la seule cellule industrielle dans un quartier à prédominance commerciale ».

Le 4141 rue Comtois pourrait perdre sa vocation industrielle

SHERBROOKE — Le seul bâtiment profitant toujours d’un zonage industriel sur la rue Comtois, près du Cinéma Galaxy, pourrait changer de vocation. Le propriétaire cherche effectivement à obtenir un zonage commercial pour son terrain, mais s’il n’en tient qu’à Sherbrooke Innopole, la Ville lui refuserait cette demande.

Au conseil d’administration de Sherbrooke Innopole, le 12 juin dernier, sept administrateurs ont voté pour suggérer au comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke de maintenir le zonage industriel du 4141 rue Comtois, où logeait jusqu’en juin l’entreprise Neptune Technologies et Bioressources. Seuls le maire Steve Lussier et le conseiller Claude Charron se sont abstenus de voter. 

M. Charron explique qu’il ne s’agissait pas d’une façon d’exprimer son désaccord avec l’organisme paramunicipal. « Je voulais simplement avoir plus d’information sur le dossier. Le besoin a été identifié, mais est-il justifié? D’un côté, il y a beaucoup de besoins pour des terrains industriels et Sherbrooke Innopole ne veut pas perdre celui-là. Le propriétaire dit que ce serait plus facile pour lui de louer son immeuble s’il était commercial. Il faut regarder le point de vue de Sherbrooke Innopole, mais la Ville aussi aura à se prononcer puisque nous représentons tous les citoyens. »

Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole, confirme l’importance de cet emplacement avec un discours semblable à celui utilisé pour maintenir la vocation industrielle de l’ancien centre de distribution de BRP, en bordure de l’autoroute 410.

« Nous souhaitons garder ce bâtiment zoné industriel parce qu’il en existe très peu sur le territoire de Sherbrooke. Il y a également des entreprises qui préfèrent louer des bâtiments plutôt que de se construire. Notre inventaire de bâtiments à louer n’est pas très bien garni pour ce gabarit de locaux et de cette qualité et nous avons énormément de demandes en ce sens. Le zonage industriel permettant dans ce cas-ci de l’industrie légère et des activités de recherche et développement est tout à fait compatible avec les activités commerciales autour. De plus, sa localisation est plutôt idéale pour les employés à cause de proximité de la piste cyclable, des restaurants et de l’accès au transport en commun. La mixité est d’ailleurs dans les tendances et est recherchée par plusieurs entreprises », dit Mme Fortin.

Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, n’a pas encore étudié le projet qui pourrait prendre forme au 4141, rue Comtois. Il ne peut donc offrir qu’une position générale sur ce genre de demandes. « Je trouve le terrain avantageusement positionné pour l’usage industriel. Il est près des autoroutes et du chemin de fer. Quand on dézone de l’industriel, il faut se poser la question : est-ce que nous disposons de suffisamment de terrains industriels vacants? La question se posera dans environ un an quand il faudra trouver de nouveaux terrains. Pour aménager un nouveau parc industriel, il faudra aussi construire des rues. Il y aura un coût à moyen terme. Il est important de garder des cartes pour permettre à des entreprises de s’installer. »

De son côté, le courtier immobilier s’occupant du dossier du 4141 rue Comtois, Rodrigue Côté, affirme que tout le voisinage est zoné commercial. « La demande de dézonage que nous avons faite, c’est dans le seul et unique but d’enlever la seule cellule industrielle dans un quartier à prédominance commerciale », explique-t-il. 

« La deuxième des choses, si Sherbrooke Innopole a des objections, je pense que ce serait de nous les adresser et voir si on ne pourrait pas trouver consensus, poursuit-il. Expliquer quels sont les irritants et aboutissants et savoir si on peut pallier ça d’une certaine manière. La propriété a un immense terrain, il y a peut-être moyen de dialoguer et de trouver un consensus. »