Les réserves que les Québécois font à l’épicerie mettent de la pression sur les camionneurs.

L’approvisionnement déstabilisé

Les camionneurs qui œuvrent dans le domaine alimentaire subissent une forte pression dans cette crise de la COVID-19. La raison? Les citoyens ont tendance à acheter plus qu’à la normale lorsqu’ils font leur épicerie.

« Si vous arrivez chez votre épicier et que vous achetez deux ou trois fois la quantité d’un produit, vous venez de déstabiliser la norme de l’approvisionnement », explique le président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, rappelant qu’il manque 4000 camionneurs sur le réseau routier québécois.

François Pichette, un camionneur, transporte rarement de la nourriture. Cependant, sa remorque contient souvent des matières premières essentielles pour le domaine de l’alimentation. Par exemple, il peut transporter de l’aluminium qui, ultimement, composera une boîte de conserve.

« Forcément, on va le ressentir, pense celui qui, au moment de prendre l’appel de La Tribune, était sur la route du Wisconsin. En même temps, il manque tellement de camionneurs, on est toujours dans le jus. [La semaine dernière], j’ai fait 5000 kilomètres en cinq jours. »

Mesures

M. Cadieux assure que l’ACQ a sensibilisé tous les transporteurs à l’égard de tous les aspects et mesures à prendre.

« On a eu des discussions dimanche matin à l’égard de la sensibilisation du réseau des parcs et des haltes routières afin que le ministère accorde une attestation plus particulière sur le nettoyage de ces lieux, ajoute-t-il. On tente également de sensibiliser l’industrie privée des trucks stops d’attacher plus d’importance à la désinfection des espaces partagés par les gens de notre industrie. »

Souvent perçu comme un désavantage, l’isolement des camionneurs est maintenant vu comme un atout. « Cet isolement nous permet de ne pas être en aussi grand contact avec des groupes », indique M. Cadieux.

Reconnaissance

Le premier ministre François Legault a reconnu au cours d’un point de presse le travail des camionneurs. « C’est un moment d’arrêt où on voit que c’est un métier essentiel à la vie de tous les jours, avoue le PDG de l’ACQ. On a souvent des échantillonnages : lorsque des cours d’eau sortent de leurs lits et détruisent des routes, la première chose que vous voulez voir passer, c’est un camion, car il commence à manquer de biens de consommation. »

« On l’a revu lors de la crise ferroviaire, enchaîne-t-il. On voulait que les camions prennent le relais pour aller chercher des marchandises qui transitent par train. C’est valorisant pour l’industrie et pour nos chauffeurs d’entendre ces messages. »

« Sérieusement, ça m’a touché. C’est le fun d’entendre ça. [...] C’est fou de voir comment les produits entrent et sortent avant d’être prêts à être consommés », affirme pour sa part François Pichette.

« Je pense que la perception des camionneurs n’est pas si mauvaise, poursuit-il. S’il y a trop de camions sur la route, ce n’est pas de la faute des camionneurs! »