La première antenne 5G de la capitale a été installée sans fanfare, cet hiver, au-dessus d’un immeuble du 1405, boulevard du Parc technologique, qui abrite notamment l’Unité Mixte de Recherche en sciences urbaines et le centre de design de la compagnie Thales.

L’antenne du futur est arrivée à Québec

Le futur du téléphone intelligent est arrivé discrètement à Québec, planté sur le toit d’un immeuble du parc technologique.

La première antenne 5G de la capitale a été installée sans fanfare, cet hiver, au-dessus d’un immeuble du 1405, boulevard du Parc technologique, qui abrite notamment l’Unité Mixte de Recherche en sciences urbaines et le centre de design de la compagnie Thales.

Pour l’instant, seules les entreprises sont invitées à se servir de cette antenne, qui leur offre l’accès à la cinquième génération de réseau cellulaire pour tester des nouveaux produits et des services. Mais c’est une première percée dans la capitale pour cette techno qui promet révolutionner notre quotidien numérique.

La 5G est une «technologie de rupture», dit Raymond Poirier, chef des communications au CEFRIO, un organisme de recherche et d’innovation mandaté par le gouvernement du Québec afin de contribuer à l’avancement de la société par le numérique. «Dans le cycle technologique, c’est un changement qui se produit à peu près aux 10 ans».

La 5G «aura plus de vitesse, une meilleure latence [temps de réaction avant de transmettre l’information], plus d’objets connectés en même temps et ça va permettre aussi un réseau plus fiable», indique Sébastien Vaillancourt, responsable du site d’innovation 5G de Québec et coordonnateur de programme chez Thales. 

Une foule d’applications

Cette modernisation pourrait permettre, par exemple, de télécharger des films en quelques secondes au lieu de quelques minutes, de plonger dans la réalité virtuelle à même votre téléphone ou de recevoir un texto de votre frigo qui vient de faire l’inventaire de la bouffe et s’est rendu compte qu’il n’y avait plus de lait.

Comme la 5 G sera relié à une myriade de points de connexion, votre téléphone devrait aussi arrêter de vous laisser tomber au Festival d’été quand vous voulez appeler un ami qui ne vous retrouve pas dans la foule ou lorsque vous essayez de faire un Facebook live sur les plaines d’Abraham.

La 5G devrait aussi faciliter l’avènement de la voiture sans conducteur, qui pourra répondre presque en temps réel aux informations qui lui parviennent sur le trafic, par exemple.

Ailleurs sur la planète

Ailleurs sur la planète, la 5G a déjà commencé à être déployée. La Corée du Sud a été ce mois-ci le premier pays au monde à offrir la 5G sur l’ensemble de son territoire. Aux États-Unis, le géant Verizon a lancé un réseau 5G à Chicago et Minneapolis.

Samsung Electronics a mis point un modèle de téléphone compatible avec la 5 G : le Galaxy S10 5G. Apple est à la traîne; les analystes prévoient que les iPhone compatibles avec le nouveau réseau ne seront pas prêts avant 2020.

Les géants canadiens des télécommunications comme Bell, Telus, Rogers ou Vidéotron devront attendent les mises aux enchères de la bande de fréquence 3500 MHz en 2020 et des bandes d’ondes millimétriques en 2021, a annoncé en juin Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

En attendant, les PME peuvent expérimenter avec la 5G dans la capitale en collaboration avec le site d’innovation 5G de Québec, qui a installé un kiosque cette semaine à la Semaine numériQC. Les entreprises sont invitées à soumettre des projets.

Avec Montréal, la capitale est la seule autre ville au Québec à profiter d’une antenne 5 G. En plus de l’antenne, les sites d’innovation des deux villes offrent du matériel et des ressources liées à la 5G.

Les deux sites d’innovation 5G découlent du projet ENCQOR (Évolution des services en nuage dans le corridor Québec-Ontario pour la recherche et l’innovation), un partenariat entre le Canada, le Québec et l’Ontario axé sur la recherche et l’innovation dans le secteur des technologies 5G.

Au cours des quatre prochaines années, ENCQOR veut établir le premier corridor précommercial de télécommunication sans fil 5G au Canada.

Chapeauté par cinq géants du numérique — Ericsson, Ciena, Thales, IBM Canada, et CGI — ce projet de 400 millions $ est présenté comme la clé «pour déverrouiller l’important potentiel» des villes intelligentes, de la télésanté, de l’éducation en ligne, des véhicules connectés et automatisés, des services de divertissement et de médias à la demande, et de l’Internet des objets, notamment.