On voit ici Amine Khimjee, Maxim O’Shaughnessy et Benoit Marleau, cofondateurs de Zeal Motor aux côtés du député fédéral dans Brome-Missisquoi, Denis Paradis. De même que son homologue au provincial, Isabelle Charest et le maire de Bromont, Louis Villeneuve (dans le Fat Truck).

Lancement du Fat Truck: Québec et Ottawa appuient Zeal Motor

Les gouvernements provincial et fédéral ont accordé à Zeal Motor une aide financière totalisant près de 600 000 $. Cet engagement a été annoncé mardi, dans les locaux de la jeune entreprise à Bromont, lors du lancement officiel du Fat Truck, un véhicule tout-terrain industriel unique.

Un aimant. C’est en quelque sorte l’effet qu’a eu le Fat Truck sur les gens rassemblés dans le quartier général de Zeal Motor. Tels des enfants dans un magasin de jouets, bien des personnes arboraient un large sourire en prenant place à bord du flamboyant véhicule aux pneus surdimensionnés. À commencer par le maire de Bromont, Louis Villeneuve, qui ne s’est pas fait prier pour demander un petit extra au président de la compagnie, Maxim O’Shaughnessy­, cofondateur de l’entreprise avec Amine Khimjee et Benoit Marleau. « Est-ce que, devant tout le monde, tu peux me promettre que je vais faire un tour ? », a-t-il lancé dès les premiers instants de son allocution. 

« La venue de Zeal Motor fera non seulement rayonner Bromont, mais contribuera définitivement à accroître sa notoriété et celle de son parc scientifique », a indiqué M. Villeneuve à la foule, soulignant à grands traits l’apport de la Société de développement économique de Bromont (SODEB) ainsi que celui de l’équipe du CLD Brome-­Missisquoi pour que se concrétise l’ambitieux projet, qui nécessite un investissement de départ avoisinant 1,5 million de dollars. Le Centre d'aide aux entreprises (CAE) a également soutenu le projet.

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« Cette entreprise dynamique se distingue par son expertise et sa capacité exceptionnelle d’innover dans la conception et le développement de véhicules hors route industriels », a pour sa part mentionné en point de presse la députée provinciale dans Brome-Missisquoi, Isabelle Charest. Son homologue au fédéral, Denis Paradis, a quant à lui salué le travail conjoint des trois paliers de gouvernement (fédéral, provincial et municipal) dans ce dossier.

L’aide financière se décline donc ainsi : le gouvernement du Québec a octroyé, via le Programme Exportation, une subvention de 54 300 $, tandis qu’Investissement Québec a accordé une garantie de prêt de 150 000 $. Ottawa a donné 150 000 $, via le Conseil national de recherches du Canada, pour le développement du prototype du véhicule. À cela s’ajoute un prêt de 219 000 $ de Développement économique Canada, notamment pour la commercialisation des produits de l’entreprise.

Similitudes

Le Fat Truck de Zeal Motor comporte plusieurs similitudes, notamment sur le plan de l’esthétisme, avec le Sherp, un véhicule tout-terrain russe. Les cofondateurs de l’entreprise bromontoise ont confirmé avoir pris comme modèle ce qui se fait sur l’autre continent. « Il y a une dizaine de compagnies en Russie qui font ce type de roues. C’est présent là-bas depuis la Deuxième Guerre mondiale. On n’est pas gênés de dire qu’on s’est inspirés de ces véhicules, notamment le Sherp, qui ont aussi de grandes capacités hors route », a fait valoir Maxim O’Shaughnessy en entrevue.

« Avec le Fat Truck, la différence, c’est la conception industrielle. On n’est pas dans le récréatif. Ça implique tout le volet de la durabilité, des performances, mais aussi de la sécurité », a poursuivi Amine Khimjee, citant en exemple la cage anti-renversement incorporée à l’intérieur du véhicule, en plus de l’arceau extérieur qui le ceinture. « Un peu comme dans un bulldozer ou une excavatrice. »

En fait, plusieurs points font en sorte que le véhicule dévoilé par Zeal Motor est unique. Tout d’abord, sur le plan de la logeabilité, il peut accueillir huit passagers. L’équipe de Zeal Motor a aussi intégré des portions coulissantes à même la grande surface vitrée du Fat Truck, offrant ainsi une bonne visibilité à 360 degrés. De plus, on le dirige par le biais d’une manette lorsqu’on prend place à son bord. On peut également le télécommander. « La technologie est omniprésente », a indiqué Benoit Marleau, vice-président ingénierie.

Notons également que le véhicule, capable de gravir ou descendre des pentes de 35 degrés, est propulsé par un moteur trois cylindres turbo diesel de 1,7 litre développant 40 chevaux. Ce dernier est couplé à une transmission hydrostatique, contrairement aux boîtes manuelles offertes sur le marché. La décélération se fait par l’entremise du rouage d’entraînement. Des freins à disque immobilisent le véhicule, ce dernier étant disponible en trois versions : avec une cabine fermée, doté d’un caisson fixe à l’arrière ou d’une benne à bascule. Autre fait saillant, le véhicule de 4000 livres (à vide) offre une pression au sol extrêmement basse. On parle de 1,4 psi avec une charge de 2000 livres, précise l’entreprise.

Effervescence

Les cinq derniers mois ont été plutôt effervescents pour l’équipe de Zeal Motor. Les prochains le seront tout autant. Outre les trois modèles au menu, la compagnie a déjà des demandes pour des remorques amphibies. Celles-ci seront disponibles sous peu, a mentionné Maxim O’Shaughnessy. 

Le Canada, l’Australie, les pays scandinaves et les États-Unis sont les principaux marchés que compte percer Zeal Motor. Les produits de l’entreprise y seront distribués via un réseau de concessionnaires, spécialisés entre autres dans la machinerie lourde. En ce sens, des représentants de la jeune compagnie seront présents au salon international AED (Associated Equipment Distributors), qui aura lieu à Orlando du 4 au 7 février, afin de conclure de nouveaux partenariats d’affaires. 

Si tout se déroule comme prévu, la chaîne de montage de la compagnie, établie à même son quartier général, se mettra en branle en mars. Une trentaine d’unités devraient être disponibles d’ici juin. Par ailleurs, la jeune entreprise a déjà d’autres idées en banque pour la suite des choses. « On peut penser à un petit ou un grand frère pour la ligne Fat Truck. On verra selon la demande, a fait valoir le président. On a aussi des idées pour des véhicules complètement différents. Toujours dans le domaine industriel. »