La Ville de Sherbrooke compte lancer un appel de projets en novembre dans l’espoir de trouver une compagnie qui offrira la possibilité de voler vers 150 destinations à travers le monde par l’intermédiaire de Montréal.

La Ville investit 250 000 $ par année pour un vol commercial

Une entente pour un vol commercial à l’aéroport de Sherbrooke pourrait intervenir aussi tôt qu’au printemps 2020. C’est l’objectif de la Ville de Sherbrooke, qui s’engage à investir 250 000 $ par année pendant cinq ans pour combler une partie du manque à gagner d’une future liaison aérienne. Cette contribution est conditionnelle à une subvention de 500 000 $ du programme d’aide aux dessertes aériennes régionales (PADAR).

La Ville compte d’ailleurs lancer un appel de projets en novembre dans l’espoir de trouver une compagnie qui offrira la possibilité de voler vers 150 destinations à travers le monde par l’intermédiaire de Montréal. 

« La Ville de Sherbrooke a élaboré un plan d’affaires sur dix ans auquel cas la rentabilité serait possible à compter de l’an six », explique Marie-France Delage, directrice générale adjointe à la Ville, à propos du projet de desserte aérienne. « Nous avons donc cinq années névralgiques de démarrage. Ces cinq années, selon nos données conservatrices, font en sorte que nous avons un manque à gagner de 5,2 M$. C’est pour ça que le gouvernement du Québec a lancé un programme de subvention nommé le PADAR, pour aider au démarrage, pour aider les régions. »

Le PADAR permettrait de toucher 250 000 $ pendant deux ans. S’ajouterait une contribution totale de 3 M$ de la Table de concertation des MRC de l’Estrie par l’entremise du Fonds d’appui au rayonnement régional. 

Avec la contribution de la Ville, on atteindrait donc 4,75 M$ pour combler le manque à gagner. 

Appel de propositions

« La Ville de Sherbrooke ira très prochainement en appel d’intérêt pour jaser avec les transporteurs aériens. Nous demanderons des propositions qui tiendront compte du risque financier. Nous basculerons le risque du vol commercial vers le privé quand nous aurons passé la période critique de démarrage. »

La Ville ne souhaite par ailleurs pas assumer tous les risques financiers de manière à forcer le privé à chercher la rentabilité le plus rapidement possible. « Si on réussit à passer les cinq ans, on pense pouvoir avoir un transporteur, et peut-être plusieurs à échéance. »

Une fois les intérêts signifiés, il faudra quelques mois d’analyse pour une entente possible au printemps. Comme il est peu probable qu’une compagnie internationale remporte la mise, il faudra que la compagnie « locale » négocie pour permettre l’accès aux 150 destinations exigées. La première envolée pourrait être dictée par la durée de ces négociations. 

Si aucun transporteur ne se manifeste, l’aide du gouvernement du Québec sera sollicitée davantage.

Beaudin dissidente

Chez les élus, Évelyne Beaudin a enregistré sa dissidence en rappelant que le maire Steve Lussier avait fait campagne contre l’aéroport en 2017. « Il me semble que vous avez dit en campagne électorale que nous n’avions pas les moyens de nous payer une ligne commerciale. Vous parliez aussi de stopper les investissements dans l’aéroport. Je me demande si la desserte aérienne a besoin d’être financée pendant cinq ans. Je pense un peu comme Steve Lussier, candidat à la mairie. Nous devrions nous investir dans un lien ferroviaire plutôt qu’une liaison aérienne. »

M. Lussier a rétorqué que les contributions obtenues, de même que les lettres d’intérêt signées par des clients 

potentiels, rendent le projet plus réaliste. « Je pense qu’on devrait aller de l’avant avec un projet plus réaliste aujourd’hui que lorsque nous promettions 100 000 personnes par année. »

Annie Godbout a d’ailleurs appelé à ce que le modèle d’affaires, de plus en plus réaliste selon elle, soit rendu public pour que la population puisse en prendre connaissance. 

Julien Lachance et Karine Godbout ont demandé qu’on analyse l’impact des gaz à effet de serre qui seront générés en comparaison de ceux qui seront éliminés par le projet.

Enfin, Vincent Boutin indique que les étoiles s’alignent et que les villes envoient le signal fort que la région croit en l’aéroport. « Prenons le bâton de pèlerin et allons développer ce lien-là. »