Le rehaussement de l'enveloppe de capital de risque octroyé par l'administration municipale à Sherbrooke Innopole a suscité un peu d'opposition lors du conseil municipal de lundi.

La Ville double sa contribution au fonds d'investissement de Sherbrooke Innopole

Le rehaussement de l'enveloppe de capital de risque octroyé par l'administration municipale à Sherbrooke Innopole a suscité un peu d'opposition lors du conseil municipal de lundi.
Quatre conseillers ont voté contre la décision de faire passer de 600 000 $ à 1,2 million, en 2018, la contribution municipale dans cinq fonds d'investissement. Le sujet avait pourtant été inclus dans la préparation du budget 2017, a-t-on précisé.
« Je trouve prématuré qu'on s'engage pour le prochain conseil municipal qui aura à prendre les décisions budgétaires en novembre », a commenté Annie Godbout, qui a été la première à soulever la question et qui siège au conseil d'administration de Sherbrooke Innopole.
« C'est quand même un montant important, 600 000 $, alors qu'on n'a aucune justification pour le doubler et qu'on n'a pas non plus de portrait d'ensemble », a-t-elle dit en énumérant à l'appui que Sherbrooke Innopole devait encore déposer le bilan du projet pilote d'Espace inc., que le centre multilocatif scientifique EspaceLabz n'a pas démarré ses activités et que l'investissement pour le projet Well inc. n'est pas non plus défini.
La conseillère prônait plutôt le statu quo et a été rejointe dans ses prétentions par Jean-François Rouleau, Hélène Dauphinais et Pierre Tardif.
« Si Sherbrooke Innopole a un besoin particulier, qu'il vienne nous voir et on sera tout ouïe, parce que ce sera des bonnes nouvelles d'investissement », a précisé Mme Godbout.
Quelques collègues ont défendu pour leur part les bons résultats de Sherbrooke Innopole et ont réitéré leur confiance en l'organisme de développement économique.
« Ce n'est pas du tout un désaveu du travail de Sherbrooke Innopole, a répliqué Mme Godbout. C'est l'éparpillement (qui m'inquiète). Il y a du financement privé qui existe, il y a plusieurs autres solutions qui pourraient être envisagées avant qu'on mette davantage d'argent des contribuables. (...)C'est super important le financement des entreprises, c'est le nerf de la guerre, mais ça doit aussi venir d'autres partenaires dont c'est le travail d'investir dans les entreprises. Il faut établir des limites. »
« La décision a été expliquée dans le budget qui a été adopté au mois de décembre, a rappelé le maire Bernard Sévigny. Un tableau montrant la progression des fonds expliquait bien que si on ne mettait pas plus d'argent en 2017, 2018 et 2019, les fonds étaient à sec et ne permettraient plus de jouer ce rôle de soutenir des entreprises pour créer des emplois sur tout le territoire de Sherbrooke. »
La directrice générale de Sherbrooke Innopole Josée Fortin avait procédé à une courte présentation des fonds d'investissement en comité plénier avant le conseil de lundi. Son bilan montre qu'en 2015, 981 250 $ ont été consentis dans 20 dossiers, permettant la consolidation de 157 emplois et la création de 127, pour des investissements générés de 16,3 millions $.