La Ville de Sherbrooke a dit oui, lundi, à un projet de 54 maisons dans le district de Brompton, près de la rue Prince-de-Galles.

La Ville dit oui à un projet de 54 maisons

L’ensemble résidentiel du « Golf Prince-de-Galles », dans le district de Brompton, pourra voir le jour. Si des citoyens du secteur du chemin des Écossais s’inquiètent pour leur approvisionnement en eau potable, les vérifications de la Ville permettent de croire que les risques sont faibles.

Le projet en question, qui permettrait la construction de maisons sur 54 des 75 lots qu’il contient, se trouve à l’extérieur du périmètre urbain et ne serait pas desservi par les services d’égout et d’aqueduc. Le conseil municipal du Canton de Brompton avait toutefois donné son aval à la construction, en 1981, et la Ville de Sherbrooke honorera cet engagement.

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À l’issue d’un vote lundi soir, 12 élus ont dit oui à l’adoption du projet. Évelyne Beaudin est la seule à l’avoir rejeté.

Le citoyen Thierry Nootens était de ceux qui demandaient à la Ville d’empêcher la construction à cet endroit. « En vertu du schéma d’aménagement de la Ville de Sherbrooke, il s’agit, et de loin, du plus gros projet autorisé en dehors du périmètre d’urbanisation et du plus mal desservi. En fait, c’est un projet qui n’est pas desservi du tout. [...] Ces maisons, si le projet est mené à terme, risquent peut-être de mettre en danger l’approvisionnement en eau des citoyens du secteur. Nous n’avons pas de garanties que ce ne sera pas le cas. Bref, autant ne pas jouer aux apprentis sorciers en matière d’urbanisme. Le résultat des recherches juridiques est un peu inquiétant parce que c’est de dire que s’il y a un problème plus tard, ce sera aux propriétaires lésés de poursuivre les propriétaires fautifs. »

Vincent Boutin a fait le point sur les démarches amorcées par la Ville à la suite des inquiétudes des citoyens. « Il faut rappeler que dans le schéma d’aménagement, il y a 14 secteurs à l’extérieur du périmètre urbain qui sont autorisés et ce sont des vestiges de l’époque d’avant les fusions. Pour le secteur de la rue Prince-de-Galles, on parlait au début de 75 terrains, mais ce sont 54 [qui pourront être exploités] parce qu’il y a des pylônes électriques, des milieux humides et la présence du son de l’autoroute 55. Pour ce qui est de l’approvisionnement en eau potable, nous avons vérifié avec les inspecteurs municipaux de la Ville pour voir si dans les années passées il y avait eu des problèmes. Eux nous ont dit que non. »

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques aurait aussi répondu par la négative à la même question.

« Nous avons vérifié avec des puisatiers, qui ont fait des démarches dans un rayon d’un kilomètre, pour connaître le débit d’eau. La moyenne des puits qu’ils ont forés dans ce périmètre était de 1700 gallons par heure alors que le Ministère exige 160 gallons par heure, donc c’est dix fois plus. Les chiffres sont rassurants. »

Projet domiciliaire prévu à l’ancien terrain de golf sur le chemin des Écossais a soulevé la grogne au Conseil de ville.

Nicole Bergeron estime que la moindre des choses est d’honorer un engagement pris en 1981 par le conseil du Canton de Brompton, comme ce fut le cas pour d’autres décisions semblables.

Dans le sommaire décisionnel de la Ville de Sherbrooke, on confirme que « la Ville n’a pas l’obligation de desservir le secteur du chemin des Écossais par le réseau d’aqueduc et les puits individuels et collectifs relèvent du secteur privé ».

Il revient donc à un propriétaire dont le puits s’est asséché de poursuivre un autre propriétaire qui serait la cause de cet assèchement.

Évelyne Beaudin a voté contre le projet. « Ce projet, je préférerais ne pas le voir survenir. Premièrement, il prend place sur des terres agricoles. En plus, c’est à l’extérieur du périmètre urbain. La raison pour laquelle on adopte ce projet, c’est pour honorer une résolution que l’ancienne ville du Canton de Brompton a prise au début des années 1980. La résolution originale prévoyait une desserte en aqueduc et en égouts alors que là, on n’offrira pas les services municipaux. »