Le maire Steve Lussier

La Ville dégage un surplus de 10,2 M $

La Ville de Sherbrooke a dégagé un surplus de 10,2 M$ en 2018 en incluant la contribution des différents organismes paramunicipaux. Cette somme est légèrement inférieure à celle de l’an dernier (10,5 M$) et les élus ont dû piger dans les surplus des années précédentes pour équilibrer le budget 2019.

Selon les données dévoilées lundi dans le rapport financier de la Ville de Sherbrooke, le surplus est de 8,6 M$ pour la Ville de Sherbrooke et de 1,6 M $ pour ses organismes paramunicipaux.

Comme la Ville a utilisé 9,5 M$ en surplus pour équilibrer son budget, elle a dû puiser dans son coussin des autres années, si bien qu’il ne resterait que 13,2 M$ en surplus dans les coffres de la Ville.

Des revenus non anticipés de 11,5 M$ ont par ailleurs donné un bon coup de pouce à l’administration municipale.

« Ces revenus non anticipés sont entre autres occasionnés par des revenus plus élevés que les prévisions pour Hydro-Sherbrooke, soit 5,9 M$ », a précisé le maire Steve Lussier.

Ce surplus s’explique par un été chaud et un hiver froid. Hydro-Sherbrooke a généré des revenus totaux de 25,1 M$, contre 22,6 M$ en 2017. La Société de transports de Sherbrooke a quant à elle dégagé des surplus de 2,3 M$. En contrepartie, Valoris génère des pertes de 780 000 $ et le Fonds du legs des Jeux du Canada, des pertes de 100 600 $.

Les principales sources de revenus demeurent la taxation et la vente d’électricité.

La conseillère Annie Godbout

Déneigement coûteux

Parmi les dépenses imprévues, le déneigement a généré un poids important sur les finances, soit 2 M$ de plus que le montant inscrit au budget. Les immobilisations payées comptant ont aussi entraîné des dépenses imprévues de 0,9 M$.

En matière d’endettement, la dette totale nette s’élève à 489,2 M$, pour un ratio de 94,1 %, alors que la cible à ne pas dépasser est de 100 %.

Barèmes d’endettement

La conseillère Annie Godbout a rappelé s’être inquiétée de ne pas connaître la hauteur du surplus accumulé en décembre au moment d’entériner le budget pour l’année 2019. « On voit que nous n’avons que 8,6 M $ de surplus pour la Ville, soit un ratio de 1,8 % de nos revenus. J’ai fait quelques recherches et j’ai trouvé que dans les bonnes pratiques, ce ratio devrait être de 5 %. Quels sont nos barèmes au municipal? »

Nathalie Lapierre, directrice du Service des finances, nuance. « Nous sommes toujours à la recherche d’un équilibre. SI nous dégageons trop de surplus, ça veut dire que nous avons taxé les citoyens trop vite. À près de 2 % de ratio, on se situe dans les 50 % des villes qui génèrent les surplus les moins élevés parmi les 10 grandes villes. »

Annie Godbout a ajouté que sans Hydro-Sherbrooke, la Ville s’en tirerait moins bien. « Sans Hydro-Sherbrooke, nous serions dans le trouble. On peut leur dire merci de faire une bonne gestion et de générer des surplus. Je m’inquiète que nous ayons déjà plusieurs mauvaises nouvelles cette année, entre autres avec Valoris… »

Mme Godbout a aussi demandé que soient dévoilés publiquement les objectifs d’optimisation pour 2019.

Marc Denault a ajouté que la Ville avait fait un bon choix en ne vendant pas Hydro-Sherbrooke. « Il nous rapporte 25 M$ cette année. Ça représenterait 10 % en taxation… »

Il appelle néanmoins ses collègues à être prudents en ce qui concerne l’endettement. « Nous avons des projets majeurs qui s’en viennent. C’est fort intéressant d’un point de vue électoral, mais il faut être prudent de ne pas prendre trop d’engagements. »