Le président du syndicat des employés de La Tribune, Alain Goupil, demande un engagement concret de la Ville pour assurer la relance du quotidien.

La Ville de Sherbrooke veut la survie de La Tribune

« La Ville a toujours été un partenaire important de La Tribune. Je me permets de le rappeler. Personne autour de la table n’est pas en appui avec le journal », a lancé lundi soir la présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron.

Elle répondait au président du syndicat des employés de La Tribune, Alain Goupil, qui demande un engagement concret de la Ville pour assurer la relance du quotidien. Dans la période de questions des citoyens, Félix Boudreault, porte-parole du Carrefour de solidarité internationale, est aussi intervenu pour établir l’importance d’un quotidien local pour un organisme comme le sien.

« Les prochaines semaines seront cruciales pour l’avenir de La Tribune. D’ici la fin octobre, le processus juridique permettra à tout repreneur sérieux d’examiner le potentiel d’affaires que représente le rachat du journal. Or, nous croyons que cet éventuel acheteur sera davantage motivé à investir s’il sait qu’il peut compter sur un engagement financier récurrent d’un acteur majeur comme la Ville », a affirmé M. Goupil, s’exprimant au nom des 110 employés du quotidien.

M. Goupil, qui a offert des autocollants portant la mention « Je soutiens mon journal » aux élus, a précisé ne pas demander un don mais bien un investissement. « Quelle forme doit prendre cet engagement? Cela peut prendre plusieurs formes. Mais ce qui importe aujourd’hui, c’est que la Ville envoie le message clair qu’elle croit en l’importance de La Tribune. Qu’elle y croit suffisamment pour investir dans sa relance. Soyons clairs : on ne parle pas ici de don, mais d’un engagement financier récurrent qui répond à la fois aux intérêts de la Ville et de La Tribune. Bref, ce dont La Tribune a besoin, ce soir, c’est d’un engagement tangible sur lequel nous pourrons compter dans le cadre de notre plan de relance.

« Un engagement de la Ville de Sherbrooke aurait aussi pour effet d’interpeller les autres villes de la région pour les inciter à poser un geste semblable. »

Félix Boudreault, agent de communication, affirme qu’il prêche souvent à des convaincus quand il diffuse des messages sur les réseaux sociaux. « Les réseaux sociaux n’encouragent pas nos activités de financement. Quand La Tribune donne la parole aux leaders citoyens, on parle d’une excellente sensibilisation. Il n’y a pas beaucoup de médias nationaux qui parleraient de nos actions. »

Il ajoute qu’un récent reportage réalisé au Pérou par La Tribune fait l’envie des directeurs de communication des ONG nationales. « On ne peut pas se passer des médias locaux. Sans eux, nous serions plus pauvres, plus divisés. »

« Je sais que vous auriez souhaité un engagement financier clair. Nous nous sommes engagés à y revenir et nous sommes entièrement dans l’optique que vous proposez. Nous voulons revenir avec quelque chose de structurant qui répondra aux besoins de la Ville. Ça demande une analyse fine pour attacher vos besoins avec les nôtres. J’invite par ailleurs ceux qui ne sont pas encore abonnés à le faire à la version papier, puisque ça semble être celle qui aide davantage », a répondu Nicole Bergeron.

Le maire Steve Lussier rappelle qu’une planification média est en cours d’élaboration. « Je tiens à garder ce journal chez nous. C’est important pour la démocratie. »

« Soutien moral » de la Ville de Magog

Directeur principal des ventes à La Tribune et à La Voix-de-l’Est, Sylvain Denault a pour sa part pris la parole lors de l’assemblée du conseil municipal de Magog lundi soir. Il a tenu pratiquement les mêmes propos qu’Alain Goupil durant la séance du conseil à Sherbrooke.

« Plusieurs acteurs socio-économiques et politiques se sont prononcés et impliqués publiquement en faveur de La Tribune, à la fois sur son importance comme média d’information et comme véhicule publicitaire. Or, il est temps que ces appuis se traduisent en actions concrètes », a soutenu M. Denault.

La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, a répondu au représentant du journal que La Tribune pouvait compter sur le « soutien moral » de la Ville de Magog. « La presse régionale est importante. On a une meilleure couverture parce qu’on a plus d’un média dans la région. Il y a plus de débats et on entend plus qu’un point de vue grâce à ça », a-t-elle confié à l’issue de l’assemblée de lundi.

Mme Hamm a cependant noté que sa municipalité n’avait pas envisagé de contribuer financièrement à la relance du quotidien. « On en reparlera entre nous, mais je ne pense pas qu’on va augmenter notre budget de publicité », a-t-elle dit, tout en assurant que le service des communications de la Ville serait consulté concernant la demande formulée.

De plus, elle a rappelé que la Ville de Magog publie de multiples informations dans les pages de l’hebdomadaire Le Reflet du lac, dont les bureaux sont situés en sol magogois.

Sylvain Denault a mentionné que la Ville de Magog a déboursé des « montants importants » pour acheter de la publicité dans La Tribune ces dernières années. « Les montants pourraient être à la hauteur de ce que vous avez déjà investi par le passé », a-t-il fait valoir.

Avec Jean-François Gagnon