Antoni Daigle, coordonnateur de symbiose industrielle pour Sherbrooke, Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole, et Karine Thibault, coordonnatrice de symbiose industrielle pour la MRC des Sources, montrent fièrement un exemple de symbiose industrielle : à la Microbrasserie Moulin 7, les résidus issus du brassage servent à nourrir les sangliers de la ferme Lait sangliers des Bois qui sont ensuite servis dans différents plats du menu de la microbrasserie.

La symbiose industrielle arrive en Estrie

La MRC des Sources et Sherbrooke Innopole ont travaillé de concert afin de lancer Synergie Estrie, un projet de symbiose industrielle entre les deux territoires. Synergie Estrie veut ainsi favoriser le maillage des entreprises pour non seulement partager les ressources, mais aussi l’expertise, voire la main-d’œuvre.

La mise en place du projet représente des investissements de 668 955 $, dont 450 000 $ proviennent du Fonds d’appui au rayonnement des régions. Parmi les autres partenaires, on compte la Ville de Sherbrooke, la SADC des Sources, l’Université de Sherbrooke et le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie.

« Par ce projet, nous souhaitons faire de l’Estrie un modèle en matière d’économie circulaire et la positionner comme chef de file en gestion de matières résiduelles et de développement durable », explique le préfet de la MRC des Sources et maire d’Asbestos, Hugues Grimard.

Synergie Estrie sera un banc d’essai pour la symbiose industrielle locale. Pour un mandat initial de trois ans, deux coordonnateurs se chargeront d’animer et de faciliter le maillage entre les différentes entreprises.

« En symbiose industrielle, on prône l’économie circulaire. On veut créer des boucles afin de ramener ce qui serait normalement les extrants d’une compagnie, ses déchets, dans la chaîne. On peut alors se demander comment réutiliser ou reconditionner ces éléments. On vise aussi la mutualisation par la mise en commun des matières, de la main-d’œuvre, de l’espace, des transports, de l’expertise », explique Antoni Daigle, coordonnateur de symbiose industrielle pour Sherbrooke.

« Dans les prochaines semaines, nous consulterons des experts afin d’établir un diagnostic local. Nous ferons ensuite un appel aux entreprises qui souhaitent participer à la symbiose. Nous collecterons des données sur leurs intrants et extrants, de même que sur leurs différentes préoccupations. Nous pourrons ensuite identifier les synergies possibles, les proposer et accompagner les entreprises », enchaîne Karine Thibault, coordonnatrice de symbiose industrielle pour la MRC des Sources.

La baisse des coûts d’élimination et la hausse des revenus par la vente de sous-produits font partie des avantages qui pourront être engendrés par la collaboration des industries.

Concernant le partage d’expertises, Synergie Estrie est aussi associée à l’UdeS afin de mettre en relation les entreprises avec des chercheurs de domaines connexes.

« La symbiose industrielle deviendra un outil qui favorisera le développement et le dynamisme de la région. C’est l’occasion de devenir plus fort localement et plus compétitif globalement », a dit Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole, en invitant les autres MRC de l’Estrie à joindre le mouvement.

L’initiative s’inscrit dans le projet de Synergie Québec qui regroupe un total de 17 symbioses territoriales.

Le lancement officiel de Synergie Estrie a eu lieu à la Microbrasserie Moulin 7 d’Asbestos, qui profite déjà des principes de la symbiose industrielle puisque ses résidus de brassage servent de nourriture aux sangliers de la ferme Lait sangliers des Bois de Saint-Camille. Ces mêmes bêtes qui se retrouvent dans plusieurs plats du menu de la microbrasserie.