Jacques Fontaine est entouré de Thomas Dahl, président des Apiculteurs professionnels de Suède, et du Belge Étienne Bruneau, une sommité dans le monde du miel.

La Suède sous le charme de l'hydromel de Miel Fontaine

L’hydromel de la petite entreprise apicole Miel Fontaine pourrait bien se retrouver sur les tablettes des marchés scandinaves. Invité dernièrement en Suède pour y donner des conférences, Jacques Fontaine a fait très bonne impression avec son hydromel Pegase, remportant même un concours grâce à lui.

« Eux, ils vendent du miel. Point. Nous, on fait beaucoup de transformation. On récolte du pollen, de la propolis, on fait des produits transformés avec ça. On fait de la moutarde au miel et une vinaigrette aussi. On a poussé plus loin que juste vendre du miel en pot. »

M. Fontaine avait rencontré des représentants des Apiculteurs professionnels de Suède lors du salon Apimondia, à Montréal, l’automne passé.

En discutant ensemble, les Suédois avaient demandé à M. Fontaine de visiter ses installations, curieux d’en savoir plus sur les techniques d’hivernement des ruches.

La visite avait duré plusieurs heures et, au terme de celle-ci, le copropriétaire de Miel Fontaine avait été invité à venir donner une conférence, en Suède.

« Je pensais qu’il blaguait ! Alors j’ai dit “pas de problèmes ! ”, mais il était sérieux. En décembre, le président de la fédération en Suède [Thomas Dahl] m’a appelé pour me donner les dates pour les conférences. »

En Suède, il leur a parlé d’hivernement, du fonctionnement dans les champs en été, mais aussi de produits transformés à base de miel.

À la demande de M. Dahl, il leur a raconté comment il s’y est pris pour élaborer tous ces produits en plus du miel.

Meilleur qu’en Suède

En Suède, la culture d’hydromel est beaucoup plus vieille qu’au Québec.

Sans qu’il le sache à l’avance, le Miltonnais allait participer à un concours maison de dégustation d’hydromels, le 22 février. On lui avait demandé d’apporter dans ses bagages des bouteilles d’un de ses hydromels.

« Au début, il voulait que j’apporte 10 caisses parce qu’au dîner de la fédération, mon hydromel devait être sur la table. Finalement, c’était un peu compliqué d’apporter 10 caisses dans l’avion... J’ai mis cinq bouteilles de Pégase choisies au hasard. Sauf qu’il ne m’avait pas dit qu’il avait organisé un concours le samedi soir avec différents hydromels suédois. J’ai su ça le midi même. Ça m’a vraiment stressé ce bout-là du voyage. »

Environ 70 personnes dans la salle avaient la tâche de goûter à huit hydromels, dont le Pégase. Les apiculteurs expliquaient à l’avant les particularités de leur produit. À la fin, le vote se faisait par applaudissement.

« Ça applaudissait un peu pour les autres. Quand c’est venu mon tour, les gens se sont tous levés et ont tous applaudi. J’étais vraiment sous le choc, se souvient-il. C’était vraiment cool comme expérience. »

Il a remporté la compétition maison haut la main, mais avec un certain étonnement, les Suédois ayant des années d’hydromel derrière la cravate. « Ce sont vraiment des trucs poussés et c’est sûr qu’ils ont mis une fortune à développer ça. »

Exportation

Avec le concours, il a aussi attiré l’attention d’une sommelière suédoise bien connue dans son pays. C’est avec elle que M. Fontaine travaille sur un projet d’exportation en Suède, en Norvège, en Finlande et au Danemark.

« La sommelière est vraiment en train de nous guider. Elle est vraiment tombée en amour avec ce qu’on fait. »

La particularité des hydromels de Miel Fontaine, dont seulement trois sont commercialisés pour l’instant, est qu’ils sont testés par un œnologue qui n’hésite pas à donner ses commentaires à Jacques Fontaine.

« Je fais toujours des petits lots et je prends vraiment le temps de développer mes produits, explique celui-ci. Ce n’est pas quelque chose que je vais faire dans l’urgence. Ça a toujours été comme ça. Et à chaque fois qu’on a un nouveau produit, on rencontre l’œnologue, et il goûte avec nous. »

S’il finit bel et bien par exporter dans les pays scandinaves, il ne veut pas que ça se résulte par une trop grosse production, ce qui pourrait avoir pour impact de changer sa façon minutieuse de travailler.

Certains produits peuvent être faits à plus grande échelle, mais d’autres doivent rester à une échelle limitée.

Cinq hydromels sont en cours d’approbation ministérielle. D’ici septembre, il espère qu’ils seront tous disponibles sur le marché.

L’un d’eux est un mousseux à partir d’hydromel réalisé avec une méthode à l’ancienne. Il devrait sortir en mai, et sa production sera de 700 bouteilles.