Le spécialiste en bières, Jonathan Rondeau-Leclaire, le copropriétaire du Bière dépôt Au Vent du Nord, Nicolas Ratthé, le copropriétaire du King Hall, Maxime Pothier et le copropriétaire du Siboire, Jonathan Gaudreault, lancent le mouvement Sherbrière.

La Sherbière comme carte de visite

Pour la première fois, la microbrasserie le Siboire exportera l’un de ses produits aux quatre coins du Québec. Les Québécois pourront donc déguster la Sherbière, qui a le même nom que le mouvement lancé par le Siboire, le Bière dépôt Au Vent du Nord et le pub sherbrookois le King Hall, qui consiste à faire découvrir l’Estrie au niveau brassicole.

« La Sherbière est comme notre carte de visite, indique le copropriétaire et maître brasseur au Siboire, Jonathan Gaudreault. On va l’envoyer un peu partout au Québec pour que les gens disent qu’il se passe vraiment quelque chose à Sherbrooke. On veut que les gens viennent en tant que touriste brassicole pour vivre le Sherbière. »

« À la place d’une carte d’affaires, tu apportes une bière de ta région, tu la fais goûter à tes amis et ils te demandent d’où tu arrives », renchérit le copropriétaire du Vent du Nord, Nicolas Ratthé. 

Une vingtaine de restaurateurs d’établissements ont aussi embarqué dans la fête et serviront la Sherbière. La Buvette du Centro, le Grand Hôtel Times et le Strom spa nordique sont quelques-uns des commerces qui offriront le nectar à leurs clients.

« À Sherbrooke, on fait déjà très bien les choses au niveau de la bière, pense M. Gaudreault. On a un des meilleurs bars à bière, on a des microbrasseries qui travaillent très bien, on a une malterie, on a plein de restaurateurs qui font très bien. On a déjà une bonne base pour attirer les gens et s’assurer qu’ils ont du plaisir. On veut faire rayonner Sherbrooke à travers le Québec pour montrer qu’on a une expérience bière extraordinaire. »

Ce projet n’est pas éphémère. Les organisateurs ont une vision à long terme. « Le but est de faire vivre ce projet et que, dans dix ans, quand les gens vont venir étudier à Sherbrooke, disent ‘‘ah oui, Sherbrooke, ça vibre pas mal au rythme de la bière’’ », projette le copropriétaire du Siboire.

« On est rendus là, pense pour sa part M. Ratthé. Les Cantons-de-l’Est méritent quelque chose de bien. On mérite que les gens à l’extérieur sachent qu’on existe, qu’on a une offre de débile, peu importe la sphère. Il faut crier haut et fort qu’on existe », dit-il, ajoutant que le projet est sur la table depuis environ six mois. 

Les gens qui ont goûté à la Sherbière — composée d’ingrédients québécois — l’ont aimée, selon Jonathan Gaudreault. « On l’a sortie à plus grande échelle au Festibière, donc les gens ont pu y goûter. C’est déjà disponible depuis quelques semaines dans nos succursales. Les gens sont très enthousiastes. On a déjà gagné un prix avec cette bière », se réjouit-il. 

Là pour rester

Pour le copropriétaire du King Hall, Maxime Pothier, les bières locales ne se démoderont pas. « La mode amène un mouvement qui reste et qui s’imprègne. Il y a une mode sur la consommation locale et les microbrasseries, c’est ça. C’est une mode internationale. Ma femme est vietnamienne et il commence à y avoir plein de microbrasseries qui ouvrent dans son pays. C’était comme ça il y a 500 ans, on consommait local. Pendant 100 ans, à cause des brasseries, on a connu deux styles : la pilsner et la lager. Là, les gens ont 1000 autres styles à découvrir. Avant qu’ils aient fait le tour, ça va être enraciné. »