Les manifestants déplorent que «dans sa hâte de faire du profit» Dollarama ait complètement ignoré les risques sanitaires durant les premières semaines de la pandémie.
Les manifestants déplorent que «dans sa hâte de faire du profit» Dollarama ait complètement ignoré les risques sanitaires durant les premières semaines de la pandémie.

La santé avant les profits, exigent des employés de Dollarama

MONTRÉAL — Des employés de Dollarama et des sympathisants ont manifesté samedi à Montréal pour réclamer de meilleures mesures de santé et de sécurité afin de lutter contre la COVID-19.

Derrière les murs de ses entrepôts et de son centre de distribution, le détaillant québécois se contente du strict minimum et viole même parfois la loi, a allégué Mostafa Henaway, du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, l’organisateur de la manifestation.

M. Henaway a notamment expliqué que la distanciation physique est presque impossible à respecter dans le centre de distribution où se côtoient près de 1000 travailleurs. Les employés sont constamment en mouvement, se passent des boîtes, il n’y a qu’une salle de bain et une salle de repos, a-t-il illustré.

Les manifestants déplorent que «dans sa hâte de faire du profit» Dollarama ait complètement ignoré les risques sanitaires durant les premières semaines de la pandémie.

«L’entreprise a priorisé l’argent, laissant de côté la santé et sécurité de ses travailleurs et travailleuses», écrivent-ils dans un communiqué.

Le détaillant a été désigné service essentiel dès le début de la pandémie, ce qui lui a permis de surpasser les attentes des analystes et de réaliser un bénéfice de près de 86 millions $ au premier trimestre, selon des données dévoilées cette semaine dans la foulée de l’assemblée générale de ses actionnaires.

Selon les manifestants, Dollarama devrait continuer de leur verser la prime de trois dollars de l’heure lorsque la pandémie sera terminée.

Congédiements

Plusieurs employés qui se sont plaints des conditions de travail dans le contexte de la COVID-19 ont été carrément congédiés, indiquent les manifestants, si bien qu’un climat de peur règne dans les installations de l’entreprise.

L’un d’eux, Aines Charles, malgré ses dix ans de service, aurait été remercié après avoir indiqué à un superviseur la présence de nombreux cas de COVID-19 parmi ses collègues. La direction aurait alors demandé à l’agence de placement qui l’employait de le mettre fin à son emploi.

Un autre aurait également été retiré des rangs de l’entreprise pour avoir réclamé davantage de mesures de protection.

«On m’a appelé au bureau le jour même et mis fin à mon contrat, après trois ans de travail», indique le communiqué.

Les employés estiment que leur employeur devrait les embaucher directement, plutôt que de les recruter par l’entremise d’agences de placement.

Fausses allégations

Dollarama a décliné une demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Dans une déclaration transmise par courriel, l’entreprise a soutenu avoir mis en oeuvre «toutes les mesures nécessaires» afin de protéger ses employés et que les organisateurs ne font que lancer des «allégations» qui sont «fausses».

Le détaillant doute même que ses employés participent à la manifestation.

«Nous n’avons reçu aucune communication directe à l’effet que les travailleurs d’agences sont insatisfaits de leurs conditions dans nos établissements», écrit la porte-parole Lyla Radmanovich.

La Presse canadienne a pu toutefois constater que des employés de l’entreprise figuraient parmi les manifestants.
Mme Radmanovich se questionne même sur les motifs des organisateurs et de leurs attaques.