À l’aide d’un casque de réalité virtuelle, la personne pourra se mettre dans la peau d’un préposé aux bénéficiaires ou d’un spécialiste en traitement des eaux.

La réalité virtuelle pour faire face au manque de main-d’oeuvre

Le Québec innove pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre et intéresser les gens à des emplois en forte demande sur le marché. Développée par l’entreprise saguenéenne VRCode Lab, une nouvelle application en réalité virtuelle permettra aux personnes de vivre un métier. Une immersion virtuelle qui viendra bouleverser la méthode traditionnelle de recherche de carrière.

« On vise à faire plonger la personne directement dans le métier. C’est le processus inverse que celui qu’on voit en ce moment », résume Hervé Pilon, de la Cité des métiers et des talents du Québec, qui pilote ce projet financé par le ministère de l’Éducation.

Pour la première phase, l’application permettra aux gens de se mettre dans la peau de préposés aux bénéficiaires, spécialistes en traitement des eaux et techniciens en électronique. Un début pour l’application qui vise à intégrer des dizaines de métiers et techniques dans un avenir rapproché.

« On a choisi trois milieux qui sont complètement différents et des milieux qui ne sont pas nécessairement fréquentés par les gens. Des emplois aussi qui sont essentiels dans nos quotidiens. Par exemple, les gens connaissent très peu les usines de filtration. Pourtant, c’est un secteur primordial, l’eau potable », exprime M. Pilon, qui était de passage dans la région cette semaine.

L’entreprise VRCode Lab a décroché ce contrat de 100 000 $. Cinq autres compagnies de l’extérieur de la région, principalement de Montréal, avaient soumissionné sur ce projet, mais le concept de l’équipe saguenéenne se rapprochait davantage de la réalité.

« Il y a eu des propositions liées aux jeux, ce qui n’était pas mauvais non plus. Mais nous cherchions un concept qui fait plonger les gens dans un métier. Et nos délais serrés faisaient en sorte que ça nous prenait des gens très à l’aise avec cette technologie », poursuit-il.

Les avantages de la réalité virtuelle

L’application développée par VRCode Lab permettra aux gens de tester rapidement le métier et ainsi de savoir si ce métier leur convient.

« Lorsqu’on est jeune, on ne sait pas toujours ce qu’on veut faire d’emblée. Ce n’est pas une liste de noms de métier qui nous aide à mieux comprendre. Mais en le vivant, les gens vont déjà savoir s’ils veulent aller plus loin dans ce milieu », estime M. Rivard.

« Il a été aussi prouvé que le cerveau ne fait pas la distinction entre ce qu’on vit en vrai et ce qu’on vit en réalité virtuelle. Donc les ancrages et les acquis sont aussi importants en réalité virtuelle que dans la vraie vie, mais sans risque », ajoute-t-il, donnant en exemple une visite d’usine avec des contraintes de sécurité.

Selon lui, il n’est pas impossible que la réalité virtuelle s’intègre même davantage dans l’apprentissage des métiers. Vivre les tâches avant d’entamer la théorie peut s’avérer gagnant pour l’étudiant.

« On le voit maintenant en usine, avec la santé et sécurité. Avant de faire la théorie, on va en réalité virtuelle dans l’usine. Si on fait vivre une émotion de départ à quelqu’un et qu’ensuite on lui transmet l’information, le taux de rétention de cette théorie est 60 % supérieur. Et entrer dans une situation de réalité virtuelle, il y a d’emblée une émotion. Donc en terme d’apprentissage, on fait des gains instantanément. »

L’application, qui sera prête dans quelques mois, sera mise à la disposition de plusieurs partenaires du milieu de l’éducation. Les tournages dans les lieux de travail se feront à Saguenay, à Vaudreuil et à Bromont.

Hervé Pilon, de la Cité des métiers et des talents du Québec, pose en compagnie des copropriétaires de VRCode Lab, Alexandre Boudreault, Gérald Rivard et Éric Simard.