De passage à Sherbrooke lundi, François Legault a notamment élaboré sur ses idées pour pallier la pénurie de main-d’œuvre qui freine la croissance de plusieurs entreprises.

« La plus grande pénurie est celle des emplois payants » – François Legault

La pénurie de main-d’œuvre est au cœur des préoccupations des entreprises et les entreprises estriennes sont nombreuses à voir leur croissance freiner par ce phénomène. Convaincu que le plus grand défi économique au Québec est de créer des emplois mieux payés, François Legault, chef de la Coalition avenir Québec, croit que la solution passe par une meilleure sélection de l’immigration, une formation basée sur les besoins du marché du travail et une robotisation des emplois à bas salaires.

« Quand on me dit que le plus grand défi économique est la pénurie d’employés, je ne suis pas d’accord. La plus grande pénurie qu’on a au Québec, c’est des emplois payants, à 25 ou 30 $ par heure. Et là, il y a une question de formation, la formation des nouveaux arrivants comme celle des anciens arrivants. Quand je vais sur la Côte-Nord et qu’ils me disent qu’ils ont des emplois à 100 000 $ par an, je me dis qu’il y a beaucoup de jeunes à Montréal qui seraient intéressés. On revient à la formation. On a juste besoin d’une meilleure adéquation entre la formation et les besoins du marché. Et les robots et l’intelligence artificielle remplaceront les emplois répétitifs à 12 ou 15 $ l’heure », explique le chef de la CAQ.

« C’est difficile actuellement de combler des postes à 12 ou 15 $ l’heure et ça le sera de plus en plus », ajoute-t-il.

La CAQ souhaite accueillir moins d’immigrants, mais espère mieux les intégrer.

« Actuellement, le Québec reçoit 50 000 nouveaux arrivants par année. 26 pour cent d’entre eux quittent le Québec, c’est-à-dire qu’il en reste 37 000. Dans ceux qui restent, le taux de chômage après cinq ans est de 15 pour cent. Donc, si on réussissait à en accueillir 40 000, mais à bien les choisir et bien les intégrer, on aurait plus de main-d’œuvre qu’actuellement », calcule M. Legault qui désire modifier les critères de sélection des nouveaux arrivants pour « essentiellement tenir compte de leurs qualifications et des besoins du marché du travail dans chacune des régions du Québec ».

M. Legault a rappelé son intention d’exiger la réussite d’un test de français dans les trois années suivant l’arrivée en sol québécois des nouveaux arrivants.

« Aussi, je sais que beaucoup d’entreprises auraient besoin de travailleurs avec une formation professionnelle ou technique. Actuellement, seulement 30 pour cent des jeunes choisissent ces formations alors que les besoins des entreprises dans beaucoup de régions seraient équivalant à 50 pour cent des jeunes avec une telle formation », mentionne-t-il.

Le chef de la CAQ a souligné que son parti améliorerait le financement des entrepreneurs, des PME et des incubateurs d’entreprises en démarrage en décentralisant Investissement Québec pour créer des organismes régionaux. La CAQ soutiendrait aussi des multinationales comme l’a fait le Parti libéral du Québec en octroyant récemment un financement de 105 M$ à Kruger. « Je sais que Kruger a d’autres projets en tête et je crois que les choses iraient plus vite avec la CAQ », a-t-il souligné.