Jean de Lafontaine a fait visiter ses bureaux à différents candidats de l’Estrie.

La fierté de se voir copié

Les employés de NGC Aerospace ont recréé les surfaces de la Lune et de la planète Mars dans leur nouveau laboratoire du boulevard Industriel. Devant tous les candidats sherbrookois aux prochaines élections provinciales, les dirigeants ont expliqué leurs projets à venir.

NGC Aerospace crée des logiciels et teste des projets des engins aérospatiaux de plusieurs pays, explique le président de l’entreprise, Jean de Lafontaine. « Avant de mettre les véhicules à risque, on a besoin d’un point intermédiaire. On utilise un robot sur un rail pour recréer le mouvement du véhicule, afin que les capteurs et les ordinateurs voient les mesures comme si le logiciel était dans le vrai environnement d’une planète ou d’un drone qui se promène autour de la terre. »

Dernièrement, les employés de NGC Aerospace ont travaillé sur un projet européen. « Airbus en Allemagne nous a livré un instrument qui aidera à atterrir de façon précise sur la Lune. Nous avons intégré notre logiciel intelligent à l’intérieur de l’instrument et nous l’avons validé ici. On l’a ensuite retourné en Allemagne pour qu’il soit intégré au satellite qui sera lancé en 2022 pour atterrir au pôle Sud de la Lune », indique M. de Lafontaine.

L’application de l’entreprise sherbrookoise pourrait aller jusque sur la planète rouge. « L’entreprise s’est aussi associée avec une compagnie italienne, pour concevoir un système de navigation autonome qui a pour référence les cratères. La machine devra atterrir de manière très précise sur Mars pour aller chercher des échantillons très pertinents. »

Transport d’organes

Cependant, la technologie ne sert pas seulement aux causes interplanétaires. Le système de NGC Aerospace pourrait être en fonctions encore plus près de nous.

« Le programme prévoit que, vers 2023 ou 2025, des organes modifiés dans des porcs pourraient être transplantés sur des humains. Cependant, il faut que l’organe soit transplanté dans un délai maximum de trois à quatre heures. Avec les bouchons de circulation, c’est impossible. Il faudra donc développer un drone autonome qui puisse décoller verticalement, voler horizontalement et atterrir verticalement près de l’hôpital. On est partenaire avec une société américaine qui développe le drone et nous, on contribue à l’intelligence à bord, donc le contrôle, éviter des obstacles et, en cas d’urgence, reconnaitre au sol qu’il n’y a pas de danger s’il doit atterrir », renchérit le président de la compagnie.

Copie

La renommée de l’entreprise sherbrookoise est telle, que d’autres entreprises copient le robot qu’ils utilisent pour leurs tests. « Je suis allé à une conférence une fois en Allemagne où une compagnie présentait un robot, raconte Jean de Lafontaine. La surface de Lune était beaucoup plus petite, je suis allé les voir en disant “wow, c’est impressionnant! Qu’avez-vous ici?” Ils m’ont répondu “Ouais, on a copié carrément ce que vous avez fait!”»

« C’est une forme de fierté, poursuit-il. On a montré qu’on était les premiers à faire ça. La NASA nous a invités à faire la même chose chez eux. Ils nous ont demandé des conseils. Dans la mesure où ils ne copient pas nos logiciels, car c’est ce qu’on vend. Le robot est un instrument pour nous. S’ils copient nos algorithmes et nos logiciels, c’est une autre histoire. »