Le manufacturier BRP de Valcourt, déjà affecté par un ralentissement causé par la crise de la COVID-19, doit procéder à  d’autres mises à pied temporaires à travers le monde.  
Le manufacturier BRP de Valcourt, déjà affecté par un ralentissement causé par la crise de la COVID-19, doit procéder à  d’autres mises à pied temporaires à travers le monde.  

La crise obligera BRP à se serrer davantage la ceinture

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Julien Arsenault
La Presse canadienne
Le difficile plan de match se précise chez le manufacturier BRP de Valcourt, déjà affecté par un ralentissement causé par la crise de la COVID-19. On doit procéder à  d’autres mises à pied temporaires à travers le monde.

Le constructeur de véhicules récréatifs a annoncé une série de mesures supplémentaires, après avoir ralenti et suspendu temporairement ses opérations manufacturières des groupes sports motorisés et marins ainsi que de tous ses sites à travers le monde.

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On souhaite mettre en place notamment des mesures de réduction des coûts et de la rémunération des employés, afin de protéger la flexibilité financière et la croissance à long terme, comme l’avait expliqué récemment José Boisjoli, président et chef de la direction de BRP, dans une vidéo diffusée récemment et dont La Tribune avait pu visionner.

« Il s’agit de moments difficiles et imprévisibles. Nous prenons toutes les décisions nécessaires afin de protéger nos employés, assurer la croissance à long terme de BRP et être prêts à réagir rapidement si les marchés devaient récupérer plus vite que prévu », déclare M. Boisjoli, dans un communiqué de presse diffusé mercredi.

« Avant le début de la crise, nous étions dans une position financière solide, avec une part de marché importante et des atouts clés sur lesquels nous pouvons compter : notre portefeuille de produits, nos ventes géographiques et notre empreinte manufacturière. Ces forces, jumelées au talent et à la résilience de nos employés, ainsi que de notre équipe de direction expérimentée, nous fournissent une base solide afin de naviguer à travers cette période d’incertitude. »

Après le ralentissement et la suspension temporaire de toutes les lignes de production de partout dans le monde et des mises à pied temporaires de la majorité des employés à salaire horaire, certaines mesures ont été mises en place pour les employés de bureau, et ce, jusqu’à nouvel ordre, ajoute-t-on. 

On a donc décrété un gel d’embauche à l’échelle mondiale, des mises à pied temporaires pour certains employés, un horaire de travail réduit dans certains pays et des mises à pied permanentes ciblées. De plus, jusqu’à la fin de l’année financière, le salaire de tous les directeurs et vice-présidents est réduit de 15 %, celui de la plupart des employés de bureau est réduit de 10 %. Pour sa part, José Boisjoli, a décidé de renoncer à son salaire.

Tous les membres rémunérés du conseil d’administration de BRP ont choisi de renoncer à la portion en espèces de leur rémunération, ajoute-t-on.

« Nous continuerons à travailler avec les autorités locales afin d’accéder aux mesures d’aide gouvernementales et aux programmes de subventions salariales, lorsque disponibles, afin d’atténuer l’impact sur nos employés », poursuit la compagnie dans le communiqué de presse.

« En plus de ces efforts, nous prenons de nouvelles mesures afin de nous permettre de maintenir notre flexibilité financière, ce qui comprend la réduction de nos dépenses d’exploitation, le report de certaines dépenses en capital, d’investissements et de projets, et ce, afin de protéger notre plan de croissance à long terme. »

Jointe à ce sujet par La Tribune, Elaine Arsenault, conseillère principale aux relations avec les médias chez BRP, a refusé de dévoiler la proportion d’employés touchés. 

« Nous ne divulguons pas cette information », assure-t-elle. 

« De plus, il est important de faire la distinction entre des mises à pied temporaires et permanentes. La proportion de salariés, en situation de mise à pied temporaire, est plus importante étant donné qu’elle est, dans la plupart des cas, directement liée à la suspension de nos activités manufacturières. Ces mesures seront progressivement levées au fur et à mesure de la reprise des activités. » 

13 000 employés   

À la Bourse de Toronto, mercredi avant-midi, le titre de BRP abandonnait 2,55 $, ou environ 9 %, pour se négocier à 25,67 $, dans le cadre d’une séance où le principal indice du parquet torontois reculait de quelque 2,7 %. Après avoir touché un sommet de 75,38 $ le 19 février dernier, l’action de la société a dégringolé de près de 65 %.

L’entreprise valcourtoise avait annoncé la suspension de son dividende le 20 mars dernier.

Selon les plus récents documents déposés auprès des autorités réglementaires, la compagnie comptait quelque 13 500 employés à travers le monde en date du 31 janvier, dont environ 2000 à Valcourt.

Dans un rapport envoyé à ses clients plus tôt ce mois-ci à la suite d’une discussion avec la haute direction de BRP, Steve Arthur, de RBC Machés des capitaux, avait évoqué une baisse des dépenses d’environ 400 millions $ et une réduction des investissements de l’ordre de 250 millions $.

« BRP a gagné des parts de marché considérables au cours des dernières années et (la compagnie) devrait se trouver dans une posture encore meilleure à la suite de la récession ou du ralentissement provoqué par la COVID-19 », avait écrit l’analyste.

Contrôlée par la famille Beaudoin-Bombardier, la société dit continuer à étudier les différents programmes d’aide offerts aux compagnies par les gouvernements.

Au début avril, l’agence de notation Moody’s avait décidé de décoter BRP en faisant passer sa cote de crédit de Ba3 à B1. Moody’s indiquait alors s’attendre à ce que la pandémie vienne perturber la demande pour les véhicules récréatifs, qui figurent dans la catégorie des dépenses discrétionnaires.

Selon l’agence new-yorkaise, la reprise pourrait s’échelonner jusqu’à la fin de l’exercice 2022 - la fin janvier dans le cas de BRP - ce qui risque d’affecter négativement sa performance financière.