Nicole Dallaire, présidente du conseil d’administration de La Cordée, est accompagnée, de gauche à droite, de Monique (une des bénéficiaires de l’organisme), du président de la campagne de financement Patrick Rahimaly, de la directrice Brigitte Campeau et de Suzanne (une autre bénéficiaire).

La Cordée menace de sabrer dans son Centre de jour sur Dufferin

Si aucun financement nouveau ne lui est accordé d’ici 18 mois, l’organisme communautaire La Cordée devra sabrer dans son centre de jour de la rue Dufferin qui offre des services et du soutien en santé mentale.

L’organisme, qui compte 317 membres, a lancé mercredi un cri du cœur aux instances gouvernementales afin qu’elles règlent une fois pour toutes le sous-financement dont elle fait les frais depuis plus de deux ans.

Fondée il y a 35 ans, La Cordée gère trois points de services à Sherbrooke : outre son centre de jour de la rue Dufferin, elle dispose de six logements situés sur la rue des Fusiliers ainsi qu’une friperie dans le centre-ville, rue Wellington Nord.

Or, le centre de jour est largement sous-financé, déplore la présidente du conseil d’administration de La Cordée, Nicole Dallaire, qui parle d’une « situation intenable » compte tenu des nombreux services qu’offre cette ressource communautaire alternative en santé mentale.

Selon Mme Dallaire, le centre de jour doit se débrouiller avec un financement de l’ordre de 228 799 $, alors que le seuil plancher reconnu pour ce type de ressources est de 370 918 $. Ce qui représente un manque à gagner de plus de 142 000 $.

Face à ce sous-financement, sa directrice, Brigitte Campeau, a indiqué que la Cordée a déjà dû sabrer dans les heures d’ouverture de son centre de jour en plus de couper dans les suivis individuels de sa clientèle. « Cette fois-ci, on risque de couper des postes. »

Lettre morte

« Si nous avons décidé de tenir cette conférence de presse aujourd’hui, c’est parce que nos nombreux appels à l’aide, tant auprès du CIUSSS de l’Estrie — CHUS, qu’auprès du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, sont demeurés lettre morte », a précisé Mme Campeau.

Lors de la conférence de presse tenue à la friperie, plusieurs bénéficiaires ont témoigné des effets bénéfiques que leur ont apportés les services de la Cordée.

L’une d’elles, prénommée Suzanne, a souligné que les ressources disponibles à La Cordée lui ont permis de rompre l’isolement dans lequel elle s’était enfermée depuis plusieurs années. « J’étais une personne renfermée, repliée sur elle-même. Mais depuis que je fréquente La Cordée, j’ai pu apprendre à me connaître et à développer mon potentiel. Cela m’a permis de faire du théâtre et de reprendre ma vie en mains. »

De par les ressources et les services qu’elle procure en santé mentale, La Cordée affirme être une alternative essentielle aux services institutionnalisés qu’offre le CIUSSS de l’Estrie – CHUS et les services sociaux gouvernementaux.  

Une vidéo décrivant l’impact des services offerts par La Cordée auprès de sa clientèle a été produite.