Nicolas Ratthé, propriétaire du Vent du Nord, est aux prises avec un trop-plein de canettes dans son entrepôt de la boutique du centre-ville.
Nicolas Ratthé, propriétaire du Vent du Nord, est aux prises avec un trop-plein de canettes dans son entrepôt de la boutique du centre-ville.

La bière à l’honneur en temps de pandémie

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Autant du côté des Bières Dépôt au Vent du Nord que de la microbrasserie Siboire, les ventes de bières en canettes vont bon train depuis le début de la pandémie. La popularité des boissons en canettes a même forcé les compagnies de ramassage à faire quelques ajustements pour continuer de répondre à la demande.

Nicolas Ratthé, propriétaire du Vent du Nord, avance que ses ventes ont connu une hausse d’environ 20 à 25 % comparativement aux années précédentes.

« Il fait beau, donc on vend plus de bières, et les gens consomment beaucoup plus à la maison que dans les bars et les microbrasseries ces temps-ci », explique-t-il. 

Les ventes ont tellement augmenté que M. Ratthé affirme être aux prises avec un trop-plein de canettes vides dans son entrepôt du centre-ville, où des milliers de contenants attendent d’être ramassés. 

« La pandémie a tout retardé le système de consigne et de retour des produits, et en trois mois de confinement, c’est sûr que les gens ont accumulé beaucoup », note le propriétaire. 

L’entreprise récupère tout de même les canettes consignées. « On n’a pas le droit de les refuser », indique M. Ratthé, qui a toutefois fait une annonce sur Facebook vendredi, demandant à la population de garder ses canettes le temps d’avoir davantage d’espace dans son entrepôt.

Le Siboire expérimente quant à lui son premier été à vendre de la bière en canettes. « Chose certaine, les Sherbrookois et les amateurs de bière ont été au rendez-vous. Tous nos clients ont été fidèles dans la bière à emporter, et on a vendu beaucoup plus qu’on ne l’avait imaginé », soutient Pierre-Olivier Boily, copropriétaire. 

Ludovic Ellefsenn, le seul commis de l’usine Siboire qui a conservé son emploi pendant la pandémie, a constaté une hausse énorme des ventes dans les derniers mois. « C’est certain que la pandémie nous a obligés à élargir nos horizons, donc on a instauré des nouveaux points de vente dans les épiceries et les détaillants de bières spécialisées, ce qui a aussi contribué à cette hausse », explique-t-il.

Et les compagnies de ramassage?

Patrice Léger-Bourgoin, porte-parole de Recycan, entreprise qui dessert le Vent du Nord, assure que l’été est toujours une période extrêmement occupée durant laquelle Recycan doit s’ajuster.

À titre comparatif, en 2019, 150 et 145 millions de canettes ont été ramassées par Recycan respectivement en juillet et en août, alors qu’en période plus tranquille, le nombre tourne autour de 100 millions. Les chiffres seront fort probablement plus élevés cette année en raison de la pandémie, croit le porte-parole. 

« Cette année, on a été obligé de rééquilibrer les routes de récupération, car les gens consomment moins dans les restos et les bars et plus dans les épiceries et les dépanneurs «, note-t-il. 

« C’est notre job de récupérer les canettes et de s’ajuster en conséquence de la situation. Notre objectif est de donner le meilleur service possible aux clients », indique M. Léger-Bourgoin, ajoutant que chaque client peut appeler pour faire ajuster son volume de récupération.

D’habitude, Recycan sait à quoi s’attendre en se basant sur l’historique des années précédentes, mais cette année, le portrait de chaque commerce est totalement différent, constate-t-il. 

Recyc-Québec affirme que le nombre de remorques de récupération de contenants consignés en attente de traitement est en baisse. « Nous avons désormais traité les surplus de contenants qui s’étaient accumulés chez les détaillants «, déclare l’entreprise. 

L’organisation invite ceux qui vivent toujours des difficultés à faire récupérer leurs contenants à contacter leur récupérateur habituel, puis Boissons Gazeuses Environnement. Recyc-Québec fera le suivi en dernier recours si la situation demeure problématique.