Claude Pepin a décidé d’acheter la bannière Botanix après la fermeture de Serres et pépinières Gagnon Botanix en août dernier.

Jardin Floral devient Botanix

Les Sherbrookois n’auront pas été privés d’un détaillant Botanix bien longtemps. Après la fermeture de Serres et pépinières Gagnon Botanix en août dernier, voilà que l’entreprise voisine Jardin Floral a acheté la bannière et rouvrira sous le nom de Botanix en mars.

« C’est Botanix qui nous a approchés, explique Claude Pepin, producteur horticole chez Jardin Floral. J’avais des liens de confiance avec des gens chez Botanix. On s’est rendu compte qu’on avait accès à de meilleurs prix. On se posait souvent la question comment Botanix faisait pour se permettre de vendre tel produit à tel prix alors qu’on n’était pas capable de le faire. J’étais en mesure de l’évaluer parce qu’on l’avait en plein dans la face comme compétiteur. On a vécu l’effet Botanix. C’est la raison pour laquelle on a acheté la bannière. »

Avec la nouvelle appellation, M. Pepin assure pouvoir offrir au moins trois fois plus de produits à ses clients. La majorité du personnel qui œuvrait au magasin Botanix a été également embauché chez Jardin Floral depuis la fermeture.

« Les gens vont se retrouver dans les produits, mais aussi dans le personnel, résume M. Pepin. C’est rassurant pour bien des gens. »

L’ouverture officielle est prévue le 16 mars prochain.

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Créer sa relève

Serres et pépinières Gagnon Botanix de Sherbrooke a fermé en août dernier en raison d’un manque de relève et nombreux sont les centres jardin à vivre le même problème au Québec. Pour contrer ce phénomène, Botanix planche en ce moment sur des solutions pour assurer une meilleure relève à ses commerçants.

« Le problème au niveau des centres jardin au Québec, c’est que ce sont des commerces difficiles à vendre, explique Alain Gobeil, directeur général de Botanix. On essaie d’intéresser les jeunes pour avoir une vague de nouveaux employés dans les magasins. On fait beaucoup d’affichage pour nos emplois. Le commerce de détail et la vente, dans la tête de bien des jeunes, c’est péjoratif. Mais il y a de belles carrières à avoir. On essaie aussi de mettre sur pied des groupes d’investisseurs, mais ce n’est pas encore concret. »

« Le problème, c’est toujours l’argent, poursuit-il. Les Botanix sont souvent placés à des endroits où la valeur foncière est très élevée. Souvent, les gens ont acheté pour pas cher parce que les terrains étaient presque en campagne, mais 30 ou 40 ans plus tard, c’est rendu un boulevard. Le chiffre d’affaires doit être conséquent avec la valeur du commerce et certains n’ont pas un chiffre d’affaires assez élevé. »

L’aspect saisonnier des commerces joue aussi en défaveur des commerces lorsque vient le temps de vendre.

« On est en train d’essayer de changer ça pour trouver des gammes de produits qui marchent à l’année, mentionne M. Gobeil. J’ai des marchands qui sont ouverts à l’année, mais je peux vous dire qu’au mois de janvier ce n’est pas fort. »

« Une chance que les générations plus jeunes reviennent vers l’horticulture, résume-t-il. Les plantes vertes sont en forte augmentation et les potagers aussi. Les jeunes couples vont planter des choses pour les faire découvrir à leurs enfants. Les jeunes sont plus portés vers la terre. » 

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Des tomates en juin

Vous voulez faire pousser des tomates, mais aimeriez en manger plus tôt dans la saison? Claude Pepin, producteur horticole chez le nouveau Botanix de Sherbrooke, partage avec sa clientèle une nouvelle façon de faire pousser des plants de tomates qui permet d’en manger beaucoup plus tôt dans l’été.

Le principe consiste à planter des semences dans un bac multicellule et de ne pas les laisser pousser en hauteur. L’aspect intéressant? On peut les planter en plein hiver.

« La clé est de couper le dessous des cellules avec une paire de ciseaux, indique M. Pepin. Ça force les racines à s’enrouler autour du plant. Le plant va se mettre en attente. Il ne grandira pas plus que six pouces. On peut le transférer dans un pot et au mois de mai, tu le transfères dans le jardin. Il va se renforcer encore plus en le mettant dans un pot. »

Il y a quelques trucs à respecter comme toujours arroser par en haut pour éviter que la semence ne se déplace dans la cellule et tenir le bac loin du soleil.

« Le plant doit se ramifier au niveau du système racinaire, explique-t-il. Le soleil a comme fonction de le faire pousser en hauteur, on ne veut pas ça. »

En utilisant cette technique, une personne peut par exemple planter quelques plants au mois de décembre. Les laisser dans un bac en attente sur la table de la cuisine pendant quelques mois et ensuite les transférer dans le jardin. Le plant « explose » ensuite selon M. Pepin.

« En termes de résultat, on peut manger des tomates plus rapidement. Tu vas avoir des tomates deux mois avant tout le monde. »

M. Pepin est tombé sur cette façon de faire un peu par hasard.

« Le défi est de faire de la production sans avoir à chauffer des serres qui me coûtent 1000 $ de chauffage par semaine, résume-t-il. Il me restait juste ça à essayer. Je les ai même gardés six mois dans le bac, mais il était temps qu’ils sortent. »