Gilles Bélanger député d'Orford

Internet haute vitesse: Bélanger veut la collaboration de Bell

La compagnie Bell occupe une place de choix dans le domaine des télécommunications au Québec. Souhaitant régler une fois pour toutes le dossier de l’accès à internet haute vitesse en région, la Coalition avenir Québec (CAQ) espère qu’elle pourra compter sur la collaboration de cet important joueur dans le cadre de ses efforts liés au déploiement de ce service devenu essentiel pour plusieurs.

Homme d’action issu du secteur des technologies de l’information, le député d’Orford, Gilles Bélanger, désire que la CAQ réussisse là où d’autres ont échoué en réglant enfin le dossier de l’accès à l’internet haute vitesse à travers tout le Québec. Il sait que la partie est loin d’être gagnée, mais il estime que la CAQ mise sur une stratégie porteuse dans ce domaine.

M. Bélanger a été nommé responsable du dossier internet par le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon. Il a bien analysé le dossier et en est venu à la conclusion que l’accès aux infrastructures de soutènement, soit les poteaux, constitue un enjeu de tout premier ordre lorsqu’on parle du déploiement d’internet haute vitesse dans les régions.

Lorsqu’il est question d’infrastructures de soutènement dans le secteur des télécommunications au Québec, un nom est incontournable: Bell. La compagnie possède des poteaux sur une très large proportion du territoire et les fournisseurs de services doivent souvent s’entendre avec elle avant de réaliser un ou des projets dans un secteur donné.

« Lors de notre récente annonce par rapport à l’internet haute vitesse, Bell s’est montrée enthousiaste en parlant de notre nouveau programme. Il va maintenant falloir qu’elle collabore. On sait qu’elle a un avantage concurrentiel et on s’attend à ce qu’aucune région ne soit prise en otage. Internet est un service essentiel », fait valoir Gilles Bélanger.


« Il va maintenant falloir qu’elle collabore. On sait qu’elle a un avantage concurrentiel et on s’attend à ce qu’aucune région ne soit prise en otage. Internet est un service essentiel. »
Gilles Bélanger

En outre, M. Bélanger explique qu’un fournisseur de services désireux d’accrocher des fils sur des poteaux appartenant à Bell doit produire des plans et devis pour ensuite les présenter à cette compagnie.

« Le propriétaire des poteaux a un délai pour répondre à la demande. En fait, pour garder le contrôle d’une région, une compagnie a certains moyens légaux. Est-ce parfois abusif ? Je ne porte pas de jugement. Ce qu’on espère, toutefois, c’est qu’on réussira à faire enfin disparaître les trous existant dans les réseaux dans les régions », explique le député d’Orford.

Gilles Bélanger aura l’occasion de vérifier à quel point Bell est sérieuse le 15 novembre. Ce jour-là, il rencontrera des représentants de cette compagnie pour discuter du déploiement d’internet haute vitesse partout sur le territoire québécois.

« Ce que je constate, c’est qu’il y a une bonne intention de collaboration des joueurs du secteur. Et ce n’est pas l’argent qui est le principal enjeu. Mais, s’il y avait des problèmes, c’est un engagement du premier ministre et j’ai d’autres scénarios plus drastiques possibles comme légiférer ou nationaliser le toron, une composante qui s’accroche aux poteaux et qui est essentielle en télécom. Ce ne serait pas notre premier choix par contre. »

La fibre

Afin de permettre à davantage de Québécois de profiter d’internet haute vitesse, l’installation de fibre optique dans de vastes secteurs mal desservis paraît incontournable. L’utilisation de ce genre de matériau s’avère en effet fort utile quand on désire atteindre des vitesses de 50 mégaoctets à la seconde ou plus.

Mais M. Bélanger précise que la fibre optique n’est pas la seule arme dont disposeront Québec et ses partenaires pour améliorer la situation. « Les MRC concernées évalueront les scénarios. Je ne veux pas dire, à ce stade-ci, que ce sera de la fibre partout. À certains endroits, l’installation de tour de télécommunication risque d’être intéressante également », nuance-t-il.

Quoi qu’il en soit, Gilles Bélanger espère que les enjeux d’accessibilité actuels, dans plusieurs régions du Québec, ne seront plus qu’un mauvais souvenir dans quelques années seulement.

« Internet est un service essentiel. Et on en aura de plus en plus besoin dans le futur avec, par exemple, le développement de la médecine à distance, de l’intelligence artificielle et de la formation 2.0 », plaide-t-il.

Dans la foulée, il affirme que le développement des régions ne peut se faire sans un bon accès à internet haute vitesse. « Tu appauvris un secteur quand tu ne lui permets pas d’avoir accès à un service performant. Tu éloignes les jeunes et les familles, sans compter que tu dévalues les propriétés. »

À la mi-octobre, le gouvernement de François Legault a annoncé l’injection d’un montant de 100 millions $ pour accélérer le déploiement prévu à l’échelle du Québec. Le branchement de 70 000 foyers devrait s’effectuer grâce à cet argent. Il restera ensuite à se charger des quelque 250 000 autres demeures mal desservies ou sans service à l’aide des programmes déjà existants.