Mathieu Kirouac, étudiant au doctorat à l’Universtié de Sherbrooke, voit déjà sa jeune entreprise récompensée. Glacies Technologies, qu’il a fondée avec son ami Maxim Bergeron, souhaite mettre au point une membrane conçue spécialement pour la conservation de grandes quantités de glace et de neige.

Innover pour rendre la neige verte

Ajouter plusieurs semaines à la saison de ski et permettre des batailles de boules de neige en plein mois de juillet, c’est possible? Le Sherbrookois Mathieu Kirouac et son acolyte Maxim Bergeron n’aspirent pas à faire la pluie et le beau temps, mais ils comptent en faire la première phase de leur projet d’ingénierie à vocation environnementale, Glacies Technologies.

Ultimement, l’entreprise récemment fondée par les deux chercheurs, dont un complète actuellement son doctorat à l’Université de Sherbrooke (UdeS), souhaite surtout offrir une solution de refroidissement beaucoup plus verte.

Déjà, leur projet suscite l’intérêt, puisqu’il se verra décerner le Prix de l’entrepreneur environnemental Mitacs le 5 juin prochain, accompagné d’une bourse de 5000 $.

Glacies Technologies vise à mettre au point une membrane spécialement conçue pour la conservation de glace et de neige sous tous les climats, et ce, jusqu’à un million de mètres cubes.

« Ça peut sembler drôle dit comme ça, mais ça fait énormément de sens au niveau énergétique », fait constater Mathieu Kirouac.

Les entrepreneurs souhaitent entre autres permettre aux stations de ski et aux organisateurs d’événements d’avoir accès à de la neige à longueur d’année, mais leurs plus grandes aspirations concernent l’économie d’énergie dans les industries.

« Le secteur de l’énergie est actuellement en grande transformation. On parle de voitures électriques, de panneaux solaires et d’énergies renouvelables, mais si on pouvait stocker l’énergie facilement, on pourrait mieux intégrer les énergies renouvelables », explique Mathieu Kirouac.

Il cite en exemple les bâtiments qui abritent des serveurs informatiques, où le refroidissement de l’air est crucial, mais extrêmement énergivore.

Éviter les pertes 

Glacies Technologies proposera un système de refroidissement auquel sera annexé un compartiment contenant une grande quantité de glace, dont la membrane spéciale aura permis la conservation.

« Les recherches ont démontré qu’en échangeant l’air avec celui d’un environnement à 0 °C plutôt qu’à 25 °C, on aura besoin de beaucoup moins d’énergie », affirme le Sherbrookois.

« Des grands centres comme Québec et Montréal possèdent de grands dépôts à neige qui vont jusqu’à un million de mètres cubes. Ça représente des mégawatts d’énergie en latence », avance le chercheur.

La membrane de Glacies Technologies, actuellement en processus d’obtention d’un brevet, est en plus fabriquée à base de polystyrène, un plastique très difficile à récupérer jusqu’à ce jour.

« En ce moment, la majorité de ce plastique est brûlé ou enfoui, faute de débouchés », raconte Mathieu Kirouac.

Les deux chercheurs voient beaucoup de potentiel en leur projet. Ils prévoient commencer les essais de leur membrane à grande échelle dès l’hiver prochain.

L’idée de cette entreprise s’est dessinée entre les deux amis à l’occasion du concours d’entrepreneuriat technologique de Createk, ce laboratoire collaboratif et novateur établi à l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique (3IT) et auprès duquel Mathieu Kirouac réalise actuellement un doctorat en machines électriques à très haute vitesse.

Le concours Createk50 est une occasion pour les étudiants de l’UdeS de lancer leur propre entreprise technologique. Des week-ends de prototypage et divers cours sont mis à la disposition des participants afin de les aider à mener à bien leur projet. Pendant l’année, Createk remet une valeur totale de 50 000 $ en prix dans le cadre de ce concours.