René Blier déplore que Sears gonfle des prix lors de sa vente de liquidation

Il dénonce des prix gonflés chez Sears

TROIS-RIVIÈRES — Alors que le décompte avant Noël est commencé, plusieurs consommateurs se rendent chez Sears à la recherche d’aubaines. L’entreprise en faillite affiche d’importants rabais, mais s’agit-il de véritable réduction de prix? Le Trifluvien René Blier déplore que non et dénonce le gonflement des prix d’articles. Sears fait d’ailleurs l’objet d’une enquête par le Bureau de la concurrence pour cette pratique.

René Blier a découvert que le prix d’un oreiller placé à l’entrée du magasin avait été monté. Le prix de vente actuel de ce produit est de 12,97 $ et le commerçant applique un rabais de 30 %. L’article revient alors à 9,08$, ce qui représente une économie de 3,89 $. Or, lorsque M. Blier a soulevé l’étiquette indiquant le rabais, il a découvert que le prix de base du produit était de 9,97 $. L’économie véritable du client est donc de 0,89 $ seulement. 

«Ce n’est pas honnête. [...] Je voyais des gens âgés qui pensaient avoir un prix réduit, alors que la vie est dure pour eux, mais ils se font fourrer royalement», dénonce René Blier. 

«Souvent, le prix sur l’ancienne étiquette est barré au noir pour ne pas qu’on le voie. Mais, ils en ont oublié certaines. Ils sont comme ça, j’en suis convaincu, sur à peu près 80% de la marchandise. [...] Cette petite étiquette est sûrement la petite roche qui cache la montagne. Si elle a été modifiée, il y a sûrement beaucoup d’autres cas.»

René Blier est un professionnel de Trois-Rivières et a déjà travaillé comme étudiant dans les débuts du Sears du centre Les Rivières. «Je connais les méthodes de Sears. Et cette pratique de gonfler les prix est fraîchement arrivée. L’étiquetage des produits actuellement, n’est pas la méthode de Sears», note-t-il. 

Sur certaines étiquettes, on peut voir le prix de base des oreillers qui était de 9,97 $, alors que le prix de vente en liquidation est de 12,97 $ sur lequel un rabais de 30 % est appliqué.

Par ailleurs, René Blier soupçonne que cette pratique de gonflement des prix est l’oeuvre du syndic qui s’occupe de la faillite de Sears. «On s’aperçoit que les étiquettes sont toutes modifiées par rapport aux originaux», précise René Blier. «Normalement les étiquettes du rabais sont mises sous les étiquettes du prix de base, pour qu’on puisse le voir. Quand on met la nouvelle étiquette par-dessus l’ancienne, c’est qu’on veut camoufler quelque chose.»  

La fermeture prochaine des magasins Sears entraînera la perte de 12 000 emplois, alors qu’autant de retraités verront leur rente mensuelle amputée. «On s’aperçoit que [cette pratique] n’est pas dû aux gens qui sont là et qui sont habillés en noir. On voit qu’ils sont en train de participer aux funérailles de Sears. Ils seront tous bientôt d’anciens employés», affirme M. Blier. «C’est surtout le fait de la direction. Je suis en fusil contre eux. En plus d’usurper et de voler leurs employés, ils les font participer à un vol collectif en camouflant les prix. Je les trouve vraiment malhonnêtes dans leur démarche.»

René Blier estime que si l’argent ainsi engrangé par le gonflement des prix allait aux employés qui perdront leur travail, «ça serait un mal pour un bien». «Ça va aller dans les poches de la banque et du syndic de faillite», déplore-t-il. 

On apprenait la semaine dernière que le Bureau de la concurrence se penche actuellement sur les allégations selon lesquelles Sears a gonflé les prix avant la vente de liquidation. Celui-ci rappelait que les consommateurs «ne devraient pas être induits en erreur par des références à des prix habituels artificiellement gonflés». 

Toutefois, est-ce que cette enquête conduira à des pénalités pour l’entreprise en faillite? «Quand le Bureau de la concurrence va avoir terminé son enquête et qui va établir la faute, qui il va punir? Une boîte vide?», se demande René Blier. 

En terminant, une entreprise fautive s’expose à payer une amende. En janvier dernier, la division canadienne d’Amazon a payé une pénalité de 1,1 million de dollars après que le Bureau de la concurrence ait déterminé que le détaillant ne vérifiait pas l’exactitude des prix de vente habituels de ses fournisseurs.