Une personne seule qui travaille à temps plein, soit 35 h par semaine, au salaire minimum verra son salaire brut augmenter de 1365 $ en 2018 compte tenu de l’augmentation de 0,75 $ du salaire minimum qui entre en vigueur ce 1er mai.

Hausse du salaire minimum : une amélioration pour tous

Une personne seule qui travaille à temps plein, soit 35 h par semaine, au salaire minimum verra son salaire brut augmenter de 1365 $ en 2018 compte tenu de l’augmentation de 0,75 $ du salaire minimum qui entre en vigueur ce 1er mai, selon le document Regard publié mardi par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP). Il en restera 883 $ dans ses poches.

Selon les résultats de l’analyse, la hausse du salaire minimum entre 2017 et 2018 améliore la situation financière de tous les ménages types étudiés par la CFFP. 

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La hausse du revenu disponible varie entre 883 $ pour une personne seule à 1553 $ pour un couple avec deux enfants et deux revenus. Il s’agit d’une variation minimale de 3,2 pour cent pour le couple avec enfants à un maximum de 4,7 pour cent pour le couple sans enfant, où un seul conjoint travaille au salaire minimum à temps plein. Le taux de couverture de la Mesure du panier de consommation (MPC) augmentera aussi entre 2 et 4 points de pourcentage.

Parmi les six cas de ménage, il reste toutefois un ménage pour lequel les besoins de base, tels que mesurés par la MPC, ne sont pas entièrement couverts : il s’agit du couple sans enfant dont un seul des deux membres travaille à temps plein (35 h).

La hausse du salaire brut des ménages entraîne une hausse de charges d’impôts et de cotisations, mais n’occasionne pas de perte de prestations. En bout de piste, près des deux tiers de cette hausse restent dans les poches de la personne seule. En regard de la MPC, la situation financière de la personne seule s’est améliorée avec un taux de couverture qui augmente de 4 points de pourcentage, passant de 106 à 110 pour cent.

Un couple sans enfant qui génère deux salaires, un à 35 h par semaine et le second à 21 h par semaine, verra le salaire brut de son ménage augmenter de 2184 $. Les deux tiers de cette hausse restent dans les poches du couple et en regard de la MPC, la situation financière du couple sans enfant s’est améliorée avec un taux de couverture qui augmente encore de 4 points de pourcentage, passant de 123 à 127 pour cent.

Si un seul membre du couple sans enfant travaille, à 35 h par semaine, la hausse du salaire brut est de 1365 $, le couple conserve 83 % de cette hausse et selon la MPC, la situation du ménage s’améliore de 3 points de pourcentage, de 94 à 97 pour cent, sans pour autant couvrir 100 pour cent du coût des besoins de base.

Pour ce qui est d’une famille monoparentale, 88 pour cent de la hausse de 1365 $ est conservée par le parent avec un enfant d’âge scolaire et selon la MPC, la situation financière de ce ménage s’améliore de 3 points passant de 121 à 124 pour cent.

Finalement, un couple avec deux enfants verra son salaire brut augmenter de 2184 $ si les deux parents travaillent. Il conservera 70 pour cent de cette hausse dans ses poches et selon la MPC, le salaire du ménage couvrira 136 pour cent des besoins de base, une amélioration de 3 point de pourcentage. Si un seul parent travaille, le couple conservera 93 pour cent de l’augmentation générée par la hausse du salaire minimum, soit 1276 $ et le pourcentage de couverture de la MPC passera de 110 à 112.

Rappelons qu’en janvier 2018, le gouvernement du Québec a annoncé une hausse du taux du salaire minimum horaire de 0,75 $ le 1er mai, ce qui le porte à 12 $ l’heure. La hausse respecterait le plan de croissance prévu qui avait comme objectif que le salaire minimum atteigne, en 2020, un ratio équivalent à 50 % du salaire horaire moyen, sans l’excéder.

La charge fiscale moins élevée au Québec

Depuis déjà un certain temps, divers groupes au Québec et ailleurs au Canada réclament un salaire minimum à 15 $ l’heure. Trois provinces ont annoncé l’atteinte de ce seuil au cours des prochaines années : l’Alberta en 2018 (le 1er octobre), l’Ontario en 2019 (1er janvier) et la Colombie-Britannique en 2021 (15,20 $ le 1er juin 2021).

Sans aborder les effets globaux possibles de ces hausses du salaire minimum, la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP) a comparé les résultats des provinces en matière de revenus bruts, de revenus disponibles, de taux de charge fiscale nette et de couverture de la Mesure du panier de consommation (MPC) pour six types de ménages.

La comparaison interprovinciale permet de montrer que, même si au Québec le salaire minimum horaire est le plus bas, cela ne signifie pas nécessairement que le revenu disponible obtenu selon la situation familiale est nécessairement le plus bas. De plus, le coût de la vie plus bas et le système d’impôts et de transferts au Québec font en sorte que la charge fiscale nette est dans tous les cas considérée ici la plus basse, démontre le rapport publié mardi par Luc Godbout et Suzie St-Cerny, de la CFFP.

Finalement, le Québec a le taux de couverture de la MPC le plus élevé dans quatre cas sur six. Dans les deux autres cas (personne seule et couple sans enfant avec deux revenus), la position du Québec n’est pas la dernière malgré le salaire minimum horaire plus bas.

Par exemple pour la personne seule, c’est au Québec que le revenu disponible est le plus bas. La comparaison de la charge fiscale nette montre cependant que c’est au Québec que la charge fiscale nette est la plus basse pour les personnes seules qui travaillent au salaire minimum. Avec les taux de salaire minimum de 2018, on voit que le ratio revenu disponible sur la MPC est le deuxième plus élevé au Québec avec 110 %. Seule la Colombie-Britannique a un taux qui ne permet pas de couvrir les besoins de base.

Si les taux de salaire minimum étaient tous à 15 $ (sauf au Québec), le ratio de couverture serait similaire, variant de 109 % en Ontario à 113 % en Alberta, le Québec étant entre les deux avec 110 %. Donc avec un salaire minimum de 12 $, le Québec serait encore en bonne position.