Le préfet du Haut-Saint-François Robert Roy et le président de Valoris Steve Lussier ont signé une lettre à l’intention du ministre de l’Environnement Benoit Charrette. Ils veulent que l’organisme soit admissible à des programmes d’aide gouvernementaux.

Hausse de tarifs salée et appel à l’aide de Valoris

Sherbrooke et les municipalités du Haut-Saint-François devront payer 104 $ de plus la tonne de déchets destinés à l’enfouissement chez Valoris, à Bury. La facture refilée aux municipalités passe de 133 $ à 237 $ la tonne, et ce rétroactivement à partir du 1er avril dernier. Cette hausse représente une facture supplémentaire de 3 M$ par année.

Le tarif de 92 $ la tonne demeure inchangé pour les municipalités non membres, qui représentent à 11 % du volume de matières résiduelles que traite le centre. Les membres du conseil d’administration de Valoris en ont fait l’annonce mardi, lorsqu’ils ont accepté un budget de fonctionnement révisé pour le présent exercice. Celui-ci passe de 14 008 345 $ à 15 426 558 $. Les dirigeants en ont profité pour lancer un appel à l’aide au gouvernement provincial, qui ne reconnaît pas l’accès de l’organisme à différents programmes d’aide financière. 

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Face à leur dette de 40 M$ ainsi qu’à un premier trimestre où moins de matières résiduelles que prévu ont été acheminées et traitées au centre, le conseil d’administration a pris la décision de réviser son budget et de l’augmenter de 10 %. 

« C’est vraiment la dette qui nous a poussés à agir. Malgré cette hausse de tarif, on se situe toujours dans la médiane québécoise pour les coûts d’enfouissement, explique Steve Lussier, président du conseil d’administration de Valoris et maire de Sherbrooke. On a une bonne direction générale actuellement qui nous a alignés parfaitement dans la bonne direction, c’est ce qu’il fallait faire. »

« Le bilan trimestriel indique que les tonnages réels de matières résiduelles, qui devaient être acheminées et traitées d’ici la fin de 2019, seront nettement inférieurs à ceux projetés lors de l’établissement du budget en août, ce qui aura des répercussions non négligeables sur les revenus attendus, a pour sa part commenté Denis Gélinas, directeur général par intérim. De plus, certaines obligations non identifiées lors de cette préparation budgétaire entraineront des dépenses qui ne peuvent pas être différées sur les prochains exercices budgétaires et, par conséquent, doivent être provisionnées dès maintenant pour permettre d’en assumer le paiement en 2019. »

Appel à l’aide

M. Lussier et le préfet du Haut-Saint-François Robert Roy ont profité de l’occasion pour lancer un appel à l’aide au gouvernement provincial sous la forme d’une lettre destinée au ministre de l’Environnement Benoit Charette. Les deux hommes estiment que le centre de tri devrait avoir accès à des programmes d’aide financière qui bénéficient actuellement à des organismes, comme Récup Estrie. 

« Je suis très confortable de lancer cet appel au gouvernement. On l’avait interpelé sans succès par le passé et on est déterminé à ce qu’il nous écoute cette fois-ci, dit M. Lussier, sans équivoque. Ce n’est pas normal qu’une ville puisse recevoir des redevances et des subventions pour ses infrastructures, mais que Valoris ne puisse pas être subventionné. »

« On veut s’assoir et discuter ensemble de mesures qui pourraient être prises rapidement. Si l’on peut recevoir les compensations qui nous sont dues, ça nous permettrait de payer notre usine d’épuration pour le traitement du lixiviat. Je demande donc qu’on puisse avoir une subvention pour cette nouvelle usine et qu’on puisse toucher les redevances qui nous reviennent », poursuit le maire, chiffrant ces redevances à quelques millions de dollars par année. 

Des coûts considérables

La hausse du tarif à la tonne aura un impact non négligeable sur la municipalité de Sherbrooke ainsi que sur celles du Haut-Saint-François. Aux yeux du préfet Robert Roy, deux choses doivent être faites pour réduire l’impact de cette dernière.

« On doit être reconnu par le ministère de l’Environnement et obtenir nos subventions. C’est inexplicable que ça ne soit pas déjà le cas, a-t-il dit d’entrée de jeu. J’ai eu de bonnes rencontres avec le député de Mégantic François Jacques à ce sujet, je sens que les pourparlers progressent. On a signé une lettre à l’intention de M. Charrette aujourd’hui pour l’implorer de revoir notre situation en lien avec les programmes d’aide gouvernementaux. »

Il estime que les citoyens doivent aussi faire leur part pour réduire leur production de matières résiduelles, question que moins de déchets soient enfouis. 

« Il faut mettre les bonnes matières dans les bons bacs, le taux de matières non réutilisables est toujours trop élevé. Valoris est un projet avant-gardiste mis sur pied et opérant sans aucune subvention. Nous avons fait notre part, le gouvernement fera-t-il la sienne en reconnaissant la mission environnementale de l’organisme? On l’espère bien », insiste-t-il.