Le séquestre Christian Bourque a confirmé lundi que l'offre d'achat des coopératives des employés des six journaux de Groupe Capitales Médias est maintenant complétée.

Groupe Capitales Médias: le projet de financement déposé

Le groupe d’employés et cadres de Groupe Capitales Médias (GCM) visant à reprendre le groupe de presse et ses six quotidiens régionaux a obtenu ses lettres d’intention auprès de ses potentiels bailleurs de fonds.

Si ces derniers se rapprochent de leur objectif, il reste néanmoins encore plusieurs étapes à franchir avant de procéder au versement des sommes prévues dans le cadre de ce montage financier estimé à environ 21 millions $.

Aux côtés d’Investissement Québec, on retrouve le Fonds de solidarité FTQ, Fondaction CSN et le Mouvement Desjardins - qui a décidé de se pencher sur la nouvelle mouture du projet après avoir passé son tour le mois dernier - autour de la table.

Le groupe financier coopératif n’avait pas de commentaires à formuler, lundi, en ce qui a trait au contenu des lettres d’intention, se limitant à dire qu’une vérification au préalable, dont l’échéancier n’a pas été précisé, devra «suivre son cours».

«Elle (la vérification) va se faire de manière privée, avec tous les partenaires et selon les règles de l’art, a indiqué un porte-parole de Desjardins, Richard Lacasse. On ne fera pas cela sur la place publique.»

On ratissera large dans le cadre de ce processus, notamment en passant au peigne fin le plan d’affaires de la coopérative.

Entre-temps, on présentera au juge Daniel Dumais de la Cour supérieure du Québec, mercredi, le plan d’arrangement avec les créanciers, dans lequel Investissement Québec, le bras financier de l’État québécois, renonce à sa créance de 15 millions $.

Encore de l’argent

Christian Bourque, de PricewaterhouseCoopers, le syndic au dossier, a fait savoir, au cours d’un entretien téléphonique, qu’en date de la semaine dernière, il restait près de 2 millions $ dans les coffres de GCM.

«L’encaisse est suffisante pour se rendre jusqu’à la troisième semaine de janvier, voire la fin janvier, a-t-il fait savoir. La clôture du financement, selon moi, risque de se faire au retour des Fêtes en janvier.»

M. Bourque n’a pas fourni la ventilation des sommes qui seraient éventuellement allongées par les différents partenaires dans le cadre du montage financier de 21 millions $.

À l’abri de ses créanciers depuis août, GCM compte quelque 350 employés permanents et publie les quotidiens régionaux Le Soleil, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Droit, Le Nouvelliste et Le Quotidien.

«Nous pouvons dire que nous avons une grosse partie du travail de fait», a indiqué Louis Tremblay, du journal Le Quotidien et porte-parole du comité à l’origine de la démarche, sans fournir plus de détails sur le contenu des lettres d’intention.

La nouvelle mouture de GCM prévoit toutefois l’abandon des régimes de retraite à prestations déterminées, ce qui signifie que les retraités de l’entreprise devraient voir leur rente amputée d’environ 30 %. Les 350 travailleurs actifs subiront aussi de lourdes pertes dans leur régime de retraite.

Le groupe de presse est confronté à un lourd déficit actuariel du régime de retraite des employés, qui atteignait pas moins de 65 millions $, d’après la plus récente évaluation, qui remonte à la fin de la dernière année.

Dans le cadre de l’audience prévue mercredi, les retraités ont l’intention d’intervenir devant le juge Dumais afin de demander un droit de représentation dans le but d’obtenir des documents confidentiels détenus par le syndic.

«Nous voulons préparer des arguments pour contester le sort réservé aux retraités», a expliqué le porte-parole de l’Association des retraités du journal Le Soleil, Pierre Pelchat.

La semaine dernière, quelque 200 retraités de GCM avaient manifesté devant les bureaux montréalais de Power Corporation du Canada, l’ancien propriétaire des six quotidiens. Ils demandaient à l’entreprise de réfléchir à sa décision de ne pas assumer les fonds des retraités du groupe de presse.

Gesca, une filiale de Power Corporation, avait vendu les six quotidiens à l’avocat et ex-ministre Martin Cauchon en 2015, qui a quitté l’entreprise lorsqu’elle s’est placée à l’abri de ses créanciers.  Avec Le Soleil