René Fontaine est passionné par ses abeilles. Il a fait de l’apiculture un passe-temps.

Gros buzz pour l'apiculture dans la région

L’apiculture a la cote. L’intérêt est notamment palpable dans les cours offerts sur le sujet.

L’agronome André Pettigrew, qui offre de la formation sur le monde de l’abeille, le constate dans ses cours.

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Depuis six ou sept ans, il dit voir l’intérêt augmenter de façon importante. À ses yeux, les problèmes environnementaux et la survie des abeilles sont étroitement liés à cet engouement pour les ruches et leurs secrets. « Les gens sont sensibles à tout ce qui est lié à l’abeille, qui joue un rôle important (…) Elle a une image très positive. L’intérêt est là! Quand j’ai redémarré les cours il y a sept ans, en 2011, je m’attendais à donner un cours ou deux, et depuis sept ans, j’ai donné neuf fois le cours. »

Selon lui, la moitié des gens qui assistent à la formation sont de simples citoyens qui portent un intérêt à l’apiculture, des gens qui n’ont pas de ferme.

« Il n’y a pas un profil typique ou normé. C’est un peu tout le monde : des hommes, des femmes, des gens de la ville », dit-il en citant aussi les fermes qui ont besoin de la présence des abeilles en raison du type de culture.

Difficile cependant de mesurer l’ampleur de l’apiculture urbaine.  

Pas de règlementation

À Sherbrooke, en ce moment, il n’existe pas de réglementation pour encadrer cette sphère d’activités. Il existe une réglementation provinciale qui demeure « très ouverte », croit M. Pettigrew.

La législation provinciale précise cependant que la ruche abritant une colonie d’abeilles ne peut être placée à moins de 15 mètres d’une habitation ou d’un chemin public.

« Cette interdiction ne s’applique pas si le terrain sur lequel est placée la ruche est enclos du côté de l’habitation ou du chemin public, selon le cas, d’une clôture pleine d’au moins 2,5 mètres de hauteur (...) », précise la Loi sur la protection sanitaire des animaux.

Est-ce que tout le monde peut se lancer dans une telle aventure? « Oui, mais il faut développer certains petits talents. Il faut savoir se tempérer, il y a les émotions. Il faut être très observateur. Les seules personnes qui ne peuvent pas en faire, ce sont les personnes qui sont allergiques. La première qualité, c’est d’aimer les abeilles et de travailler avec elles. Il faut développer un petit côté zen avec une ruche en pleine production… » Une ruche en production peut compter entre 50 000 et 60 000 abeilles.

Selon les données du ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), on recense 22 apiculteurs enregistrés sur le territoire de Sherbrooke. Cela ne veut pas dire toutefois que les ruches de ces apiculteurs se retrouvent dans Sherbrooke même; c’est l’entreprise qui s’y retrouve, précise le Ministère. En Estrie, 103 apiculteurs sont recensés.

Le MAPAQ précise que tout propriétaire d’abeilles doit se procurer un formulaire d’enregistrement. L’apiculteur doit inscrire le nombre total de ruches qu’il possède et donner tous les sites où sont placées les ruches tout au long de l’année.

L’agronome André Pettigrew offre de la formation sur le monde de l’abeille.

René Fontaine est fou de ses dizaines de milliers de « filles »

Quand il parle de ses abeilles, René Fontaine parle de ses « filles ». Et des filles, il en a des dizaines de milliers - difficile de les comptabiliser avec exactitude. Il en prend un soin jaloux.

Un soin qu’il porte aussi à tous ses autres animaux, dont ses poules, et son terrain qui a des airs de havre de paix en plein coeur de Stoke.

René Fontaine est visiblement un passionné, et l’amour des abeilles s’est ajouté à ses nombreux passe-temps il y a environ deux ans. Avant de se lancer dans l’apiculture, il comptait déjà une production d’oeufs.

« J’ai lu, j’ai appris, j’ai suivi mon cours, et je viens m’asseoir ici tous les jours ou à peu près », lance
M. Fontaine, à quelques pas de ses trois ruches. « Je produis beaucoup de miel, et j’ai un méchant bon miel! »

Les abeilles ont un grand terrain de jeu, rempli notamment de pommiers sauvages. Pourquoi avoir ajouté l’apiculture à son arc? « J’ai eu un mentor. (...) Et avec l’aide d’un mentor, ça va très bien démarrer des ruches. Aller suivre un cours, quand tu as une ruche, c’est beaucoup plus pertinent. » Le côté pratique se marie alors bien à la théorie. René Fontaine y voit aussi une façon de faire sa part pour la société : bon nombre d’aliments que nous mangeons ont besoin de la pollinisation des abeilles.

« On aurait avantage à écouter le principe des abeilles dans la société. La reine, elle travaille. Elle fait des bébés. Mais ce sont les abeilles qui gèrent la colonie. »
TEXTE-courant:       « Entre apiculteurs, il y a une belle chimie qui s’est créée. On partage notre miel, on donne nos trucs, on parle des nouveautés... », dit-il en parlant notamment de ses abeilles italiennes et américaines. M. Fontaine est travailleur chez Masonite et il est à quelques années seulement de sa retraite.

Combien de temps consacre-t-il à sa récolte de miel? « C’est une journée... Je vais aller ramasser une douzaine de câbles, je vais centrifuger cela avec ma centrifugeuse, et dans l’après-midi on va mettre ça en pots », dit-il en ajoutant que la récolte peut se faire environ trois fois pendant la saison estivale. L’apiculteur a fait quatre récoltes cette saison, dont la dernière à la mi-septembre. « Je ne veux pas en faire un commerce, c’est pour la famille. »