L’homme d’affaires Gilles Bélanger

Gilles Bélanger d’attaque pour 2018

On raconte chaque jour l’histoire d’Estriens et Estriennes relevant avec panache les défis que la vie leur réserve, ou qu’ils se sont parfois même donné par plaisir ou par devoir. En cette fin d’année, La Tribune salue l’apport de certains d’entre eux en laissant la parole à cinq personnalités de 2017, des hommes et des femmes qui s’imposent et qui inspirent. À suivre demain.

Directrice du volet primaire de l’École Montessori Magog, Sylvie Desrosiers décrivait M. Bélanger comme un homme approchant le développement de manière atypique en 2013. « Il pense toujours en dehors de la boîte », avait-elle confié à La Tribune à l’époque.

L’École Montessori Magog venait alors de déménager dans de nouveaux locaux, vastes et modernes, situés à l’angle de la rue Principale Ouest et du chemin Roy, à Magog. L’homme d’affaires avait lui-même piloté cet ambitieux projet de construction à titre de bénévole et investi personnellement des fonds pour permettre sa réalisation, ce qui paraissait audacieux.

Plus tard, Gilles Bélanger a formé un groupe d’investisseurs pour créer un nouveau centre commercial axé sur la santé, le Carrefour santé globale, dans une zone peu développée de la ville de Magog. Son plan d’affaires tiendrait-il la route? La question se posait.

Finalement, la première phase de ce projet a été livrée en 2015 et la seconde le sera au cours des prochains mois. Les travaux d’agrandissement qui s’achèvent actuellement, au Carrefour santé globale, rendront possible l’implantation d’une clinique comptant plusieurs médecins. De quoi confondre les sceptiques.

Sans cesse à l’affût de nouvelles opportunités, l’homme d’affaires a également élaboré un projet pour donner une nouvelle vocation à un terrain se trouvant à l’intersection des rues Principale et Saint-Patrice, à Magog. Le terrain appartenait à la Ville de Magog, qui tardait à dénicher un promoteur pour transformer le visage du site.

Le projet concrétisé à cet endroit est celui de l’Îlot Tourigny, un bâtiment de quatre étages conçu pour accueillir des entreprises du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) ainsi que des commerces.

« Des entreprises se sont installées durant les derniers mois à l’îlot Tourigny, mais il nous reste des travaux à terminer à l’intérieur, au début de 2018, pour que tout l’immeuble soit occupé. Quand tout sera complété, environ 200 personnes devraient travailler à cet endroit », explique M. Bélanger.

À deux pas de l’Îlot Tourigny, on retrouve l’Îlot du Quai, un autre bâtiment dans lequel prennent place des PME du secteur des TIC. Gilles Bélanger a aussi joué un rôle crucial dans la conversion de ce bâtiment, qui avait préalablement abrité une succursale de la Société des alcools du Québec et l’entreprise Boréalis.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’homme d’affaires continue à travailler en vue de créer de nouveaux locaux pour des commerces et des PME du secteur des TIC. Un troisième immeuble, qui se nommerait l’Îlot Merry, serait ainsi bientôt construit près de l’angle Merry-Saint-Patrice.

« Le développement du quartier de l’innovation est bien amorcé, mais on en est seulement au début pour le moment. Notre objectif est de générer 500 emplois en trois ans et 1000 après cinq années. Pour arriver à ça, on essaie de créer une masse critique d’entreprises et d’employés des TIC. C’est le genre de chose qui peut nous aider à attirer de gros joueurs œuvrant à l’international », fait valoir l’homme d’affaires.

Parallèlement à tout cela, M. Bélanger a entrepris des discussions sérieuses avec le propriétaire de la station de ski Owl’s Head, Fred Korman, en vue d’acheter cette montagne en compagnie d’un groupe d’investisseurs. La transaction deviendrait effective pendant les prochains mois.

« Je veux participer à la mise en place et au développement d’une offre quatre saisons plus complète au plan touristique dans la région des Cantons-de-l’Est. Au début, je vais me concentrer sur le développement du secteur du lac Memphrémagog. »

Un grand potentiel

Aux yeux de Gilles Bélanger, la région des Cantons-de-l’Est recèle un grand potentiel économique. Ses universités, ses lacs, ses montagnes et ses entreprises agrotouristiques sont autant d’éléments qui la rendent particulièrement attractive selon lui. « Je trouve que les Cantons-de-l’Est offrent un environnement fascinant même pour des entreprises de calibre international », lance-t-il.

Qui plus est, l’entrepreneur affirme qu’il est habituellement plus facile de concrétiser des projets de développement hors des grands centres au Québec, ce qui confère un autre avantage à la région.

Cela dit, il reconnaît qu’il est davantage risqué pour un entrepreneur d’innover dans un petit milieu. « C’est plus difficile de bien saisir ton marché en dehors des grandes villes. Tu peux développer une belle infrastructure pour recevoir des entreprises, mais c’est possible qu’elle soit vide à la fin. C’est plus facile, par exemple, si tu construis quelque chose à Montréal et que tu le fais en t’inspirant de ce qu’il y a autour », soutient-il.

L’homme d’affaires se plaît d’autre part à répéter que l’aéroport de Bromont peut jouer un rôle central dans le développement de la région. « C’est une belle plateforme internationale pouvant bien desservir les entreprises, en tout cas celles de Magog. Elle a beaucoup contribué, jusqu’ici, au développement de Bromont et du parc industriel de cette municipalité, où on retrouve IBM et compagnie. »

Lorsqu’on évoque le projet de développement de l’aéroport de Sherbrooke, on sent aisément que celui-ci ne l’enthousiasme guère. « Ce type d’infrastructure doit être au cœur d’une région et je pense tout simplement que celui de Sherbrooke est mal placé. Il faudrait qu’il soit plus dans l’axe Bromont-Sherbrooke, d’après moi », déclare-t-il.

Dans la foulée, il affirme qu’il ne serait pas nécessairement avantageux de multiplier le nombre d’aéroports capables de desservir une clientèle internationale dans les Cantons-de-l’Est. « Dans une vision sur 20 ou 30 ans, tu ne veux pas trois ou quatre aéroports importants dans un même coin », estime-t-il.

Mais, quelles que soient les orientations qui seront prises par le milieu en lien avec les dossiers régionaux, M. Bélanger assure qu’il s’efforcera toujours de tenir compte de l’opinion des résidents en donnant vie à ses idées.

« Les gens d’ici sont attachés à leur région et sont soucieux de l’empreinte environnementale de tout ce que les promoteurs proposent de faire. C’est important de prendre ça en considération. Je suis très sensible à ça. J’aimerais que, dans quelques décennies, les gens disent que j’avais une vision pour les générations futures. »