Un projet de l’UdeS permettra d’améliorer la gestion des risques impliquant des matières dangereuses. Ci-dessus, coresponsables du projet, Yves Dubeau et Gervais Soucy.

Gestion des risques technologiques: l’UdeS lance un projet de recherche

Un projet de recherche de l’Université de Sherbrooke permettra d’améliorer la gestion des risques technologiques impliquant des matières dangereuses au Québec.

L’objectif est de développer des outils simples d’utilisation pour les différents intervenants. Le projet dévoilé mardi bénéficie d’une subvention de plus de 730 000 $ sur trois ans du ministère de la Sécurité publique.

« Ce qu’on veut donner aux municipalités et aux industries, ce sont des outils qui vont permettre de déterminer des zones d’impact si un accident se produisait avec des matières dangereuses. C’est très utile pour se faire des plans d’interventions d’urgences, des systèmes d’alertes pour la population, par exemple en cas de déversements de produits dangereux. En même temps, pour les industries, cela permet de développer à l’interne des contrôles de réduction de risques dans leurs procédés », explique l’ingénieur chimiste Yves Dubeau, également professeur de l’UdeS et coresponsable du projet.

Afin de tracer un portrait de ce qui se passe au Québec, les chercheurs s’intéresseront d’abord aux produits les plus couramment utilisés, comme le propane, le chlore, l’ammoniac, les produits pétroliers...

« Au tout début, on ne s’attaquera pas vraiment au transport de matières dangereuses, on va surtout toucher aux installations fixes, comme les usines et les dépôts, des endroits où l’on retrouve ces substances en grande quantité. Mais ce n’est pas dit qu’on ne s’attaquera pas au transport dans les prochaines années : au contraire. C’est un élément très important ça aussi. »

Le programme compte au total sept projets.

Parmi eux, les chercheurs documenteront les sinistres majeurs impliquant des matières dangereuses. Auxquels peut-on penser? On ne peut passer à côté d’événements comme le déraillement meutrier de Lac-Mégantic, de même que l’explosion chez Neptune et chez BRP. « Ce qui peut aider, c’est d’apprendre des leçons du passé, souligne Gervais Soucy, ingénieur chimiste, professeur et coresponsable du projet. En documentant les événements du passé, les causes, les raisons basées sur des faits, cela va nous permettre de mieux prédire et de développer des outils de prévention afin d’éviter de répéter ces catastrophes-là. »

La documentation de tels sinistres au Canada et au Québec n’est pas toujours concertée.

« Un des buts du projet est de faire cette concertation-là, pour que ce soit plus facile d’évaluer et d’interpréter ce qui s’est passé avec ces catastrophes-là pour avoir une banque de données utiles. En Europe, ils sont un peu plus avancés », note aussi M. Soucy.

Aux yeux du vice-recteur à la recherche et aux études supérieures Jean-Pascal Lemelin, l’UdeS pourrait jouer un rôle de centre névralgique avec cette initiative, « une organisation pivot qui deviendrait la référence technologique en la matière ».
L’expertise technologique provinciale en matière de gestion des risques associés aux matières dangereuses est actuellement incomplète. Le projet de recherche s’arrime avec la Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024.