La succursale Rona de la rue Denison fermera ses portes le 31 janvier prochain. Les effectifs ont appris la nouvelle mercredi matin.

Fermeture du Rona rue Denison à Granby: «brutale et crève-coeur»

Le temps des Fêtes s’annonce sombre pour les employés de la succursale Rona de la rue Denison à Granby, qui fermera ses portes le 31 janvier prochain. Les effectifs ont appris la nouvelle mercredi matin.

Les employés avaient reçu le mot d’ordre de la direction de Rona ne pas commenter. Des clients rencontrés dans le stationnement du quincailler, englouti par le géant américain Lowe’s en 2016, ne se sont toutefois pas fait prier pour donner leur opinion sur cette fermeture, que l’un d’entre eux qualifie de « brutale et crève-cœur ». 

« Je suis client de Rona depuis des dizaines d’années. C’était une très belle entreprise d’ici, mais tout ce que les Américains touchent au Québec se transforme en fiasco. Ils ne comprennent pas notre réalité, nos besoins. Et maintenant, on a des employés compétents, dévoués qui paieront le prix. Mais ça, ce n’est pas grave. C’est uniquement le signe de dollar qui compte pour Lowe’s. Jamais Rona n’aurait dû passer entre des mains étrangères. »

Un avis que partage Joseph-Anne St-Hilaire. « Je suis très fâchée que le gouvernement n’ait pas réagi pour que l’on garde le contrôle de Rona ici. Québec a manqué à ses devoirs. J’ai beaucoup de sympathie pour les employés. Surtout à la veille du temps des Fêtes. C’est vraiment triste tout ça. »

« C’est une très mauvaise nouvelle pour un ancien fleuron québécois. C’est une mauvaise surprise d’apprendre qu’on perdra un de nos magasins Rona à Granby. Les Américains viennent ici pour faire des profits. Le reste, c’est secondaire », a pour sa part mentionné Gilles Charpentier.

Jacques Proulx, un client de longue date de Rona, s’est aussi dit amer de cette série de fermetures, notamment de la succursale qu’il fréquente.

« C’est carrément stupide, a-t-il clamé. C’est un magasin qui fonctionne bien. Je suis vraiment très déçu. En même temps, je ne suis pas surpris de l’attitude de Lowe’s. Rona aurait dû être vendu à un consortium canadien minimalement, au mieux québécois. Et on doit se le dire, des électroménagers chez Rona, ça n’a pas sa place. Il y a des spécialistes pour ça. Bientôt, on va nous vendre des sandwichs comme chez Walmart. Absurde. »

M. Proulx n’en revenait également pas de la réaction de certains clients. « À la première heure ce matin, des employés m’ont dit que des gens appelaient pour savoir s’il y a des spéciaux. Aucun respect », a-t-il déploré.

Transferts?

Selon l’entreprise, cette restructuration, qui entraînera la fermeture de 34 magasins à travers le Canada dont 12 au Québec (11 Rona et un Réno-Dépôt), était incontournable.

« Bien qu’il ne soit jamais facile de prendre des décisions qui ont un impact sur nos associés et leurs familles, fermer des magasins sous‑performants est une étape nécessaire de notre plan visant à assurer la stabilité et la croissance à long terme de notre entreprise canadienne », a indiqué par voie de communiqué Tony Cioffi, président par intérim de Lowe’s Canada. 

« Notre objectif demeure d’offrir à notre clientèle canadienne les bons produits, avec le meilleur service et la plus grande valeur qui soient, dans tous nos canaux de vente, et ce, pour le long terme. »

Selon nos informations, une dizaine d’emplois sont en jeu à la succursale de Granby. Étant donné la pénurie de main-d’œuvre, « les employés admissibles se verront offrir un transfert dans un magasin environnant », a spécifié la compagnie. Le personnel du Rona de la rue Denison questionné par La Voix de l’Est, mercredi matin, ne savait pas si cette mesure allait s’appliquer pour eux.