Ferme de 18 M$ à vendre: un «site magnifique»

MAGOG - La toute récente mise en vente de la ferme de la famille Matossian, à Austin, n'est pas passée inaperçue. Les élus de la municipalité ont même pris le temps de discuter de la chose au cours des derniers jours.

Évidemment, la mairesse d'Austin, Lisette Maillé, sait fort bien que les propriétaires de cette ferme riveraine du lac Memphrémagog ont parfaitement le droit de vendre leur propriété s'ils le souhaitent. Elle espère toutefois que le visage de la propriété, qui s'étend sur plus de 110 hectares, ne changera pas du tout au tout durant les années qui suivront la vente.

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«C'est un site magnifique, lance Mme Maillé. Entre autres, les gens qui roulent sur le chemin Nicholas-Austin profitent de belles percées visuelles vers le lac Memphrémagog grâce à cette propriété. Ce serait plaisant de les préserver.»

Le monde municipal au Québec possède certains outils pour protéger les paysages particulièrement intéressants. Mais aucun ne s'applique aux terres de la ferme des Matossian, mises en vente pour la somme de 18,8 M $.

«La protection de la nature et de la verdure nous intéresse, assure Lisette Maillé. Mais tout ce qu'on peut faire, dans le contexte actuel, c'est d'espérer que les futurs acheteurs éviteront de modifier le paysage de façon trop importante. Il faut faire confiance aux gens», note Lisette Maillé.

Dans la foulée, la mairesse d'Austin émet le souhait que les nouveaux arrivants dans le Memphrémagog épousent le plus possible les valeurs des gens qui habitent cette région depuis longtemps.

Le zonage

En ce qui concerne le zonage de la propriété, difficile d'imaginer qu'il puisse être modifié aisément. «À la MRC, on a regardé partout où il y avait de l'agriculture qui se faisait sur le territoire. On a vu des zones d'agriculture déstructurées où un dézonage était envisageable. Mais, dans le cas de cette ferme à Austin, on n'a pas envisagé de modification et la terre est restée zonée agroforestier.»

Selon les informations recueillies, le zonage agroforestier de l'exploitation agricole n'empêcherait pas son futur propriétaire de construire de nouvelles maisons. Mais vraisemblablement pas plus de quatre et seulement à condition de faire disparaître les quatre déjà existantes.

La demeure principale de la propriété est relativement spacieuse et compte cinq chambres à coucher. Les deux anciennes «écoles de rang» ainsi que la petite église se trouvant sur les terres de la ferme sont également habitables.