L’augmentation du prix des matériaux en bois affecte le coût des constructions neuves et de certains plans de rénovations. Mais elle force aussi les entrepreneurs à s’adapter, entre autres, sur le plan des soumissions.
L’augmentation du prix des matériaux en bois affecte le coût des constructions neuves et de certains plans de rénovations. Mais elle force aussi les entrepreneurs à s’adapter, entre autres, sur le plan des soumissions.

Et les soumissions dans tout ça ?

Andréanne Beaudry
Andréanne Beaudry
La Tribune
L’augmentation du prix des matériaux en bois affecte le coût des constructions neuves et de certains plans de rénovations. Mais elle force aussi les entrepreneurs à s’adapter, entre autres, sur le plan des soumissions.

« Ça fait 22 ans que je construis et je n’ai jamais vu ça », affirme le directeur général des Entreprises Lachance, Patrick Lachance.

Entre le 1er décembre 2019 et le 1er août 2020 le prix des matériaux en bois, dont les colombages, les poutres et les colonnes, a bondi d’environ 70 pour cent.

Patrick Lachance a déjà remarqué des hausses de prix, mais pas à ce point. « Les prix ont plus que doublé », ajoute-t-il. Même constat chez Habitations Plus.

Selon le propriétaire de Maison Gagnon inc. Construction, Shannon Gagnon, les entrepreneurs doivent s’adapter. 

« Nous ne pouvons plus vraiment proposer des soumissions avec des prix fixes, car tout peut changer en une seule journée », remarque Shannon Gagnon.

Ce dernier s’estime tout de même chanceux, car il n’a pas à honorer de contrat avec pertes. «Je n’avais pas de contrats parce qu’avec la COVID-19 beaucoup de projets ont été reportés.  Je m’en suis bien sorti de ce côté», explique-t-il.

Toutefois, il devra dorénavant modifier la « manière de créer un contrat » avec ses futurs clients. 

« C’est le cost-plus que nous prioriserons un petit peu plus. Ce qui veut dire que nous chargerons en fonction de ce que [les matériaux] nous ont coûté. Mais est-ce que les clients sont prêts? Bref, peut-être que nous devrions proposer des soumissions plus élevées pour être certains de rentrer dans nos contrats », mentionne Shannon Gagnon.

De son côté, Patrick Lachance souligne que son entreprise a une clause qui lui permet d’augmenter les prix au besoin. « Mais on ne s’en est jamais servi », précise-t-il.

« Je dois appeler à l’APCHQ pour vérifier, car j’ai beaucoup de contrats signés avec des prix fixes, mais je ne connais pas encore mes recours », explique Patrick Deveault, d’Habitation Plus, qui doit aussi vérifier différentes clauses. « Si on ne perd pas d’argent, nous risquons d’en faire zéro sur ces contrats », craint-il.

Seulement le bois?

Plus tôt ce mois-ci, le directeur du service technique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), Marco Lasalle, affirmait que l’augmentation marquée s’est limitée au bois.

« Ça n’a pas bougé pour les isolants, les panneaux de gypse, les bardeaux de toit non plus », expliquait-il.

Patrick Deveault confirme, mais ajoute que certains matériaux sont plus difficiles à obtenir. Par exemple, il n’est plus capable de se procurer des rampes d’aluminium ces temps-ci.

De son côté, Shannon Gagnon pense que le prix de l’acier pourrait également augmenter prochainement. 

Les Entreprises Lachance évaluent aussi les différentes options qui s’offrent à eux comme le remplacement du bois par d’autres types de matériaux si les prix ne changent pas.

« Mais présentement, je n’ai pas beaucoup de possibilités de substitutions », mentionne Patrick Lachance.