L’étudiante en entrepreneuriat Karine Lemay a lancé, avec ses collègues, une entreprise de collations nutritives. Elle est accompagnée de Guillaume Bouchard, de Desjardins Entreprises, et du professeur Jean Bibeau.

Entrepreneurs le temps d'une session

Huit équipes d’étudiants en entrepreneuriat de l’Université de Sherbrooke ont reçu 2000 $ en début d’année pour créer et gérer une entreprise le temps d’une session. Huit semaines plus tard, ces derniers devaient rembourser le prêt de 2000 $ et verser les profits générés par leur projet scolaire à l’organisme de bienfaisance de leur choix. Ce sont des étudiants remplis d’initiative qui ont présenté, mardi, leur réalisation à La Capsule bistro-cinéma, devant une salle bondée de fiers enseignants et d’entrepreneurs en formation.

« J’entreprends, donc je suis, c’est le slogan de l’accélérateur entrepreneurial Desjardins (AED) de l’Université de Sherbrooke et ce slogan affiche clairement notre philosophie et notre positionnement dans la sphère entrepreneuriale », explique le professeur en entrepreneuriat à l’École de gestion et directeur de l’AED, Jean Bibeau.

« Trop souvent nous associons l’entrepreneuriat qu’à un groupe sélect d’individus qui démarrent une entreprise créatrice d’emplois et de grande richesse. C’est digne de mention, certes, mais l’AED cherche à célébrer le fait d’entreprendre. Ce sont les qualités entrepreneuriales qui sont mises de l’avant, c’est-à-dire la confiance en soi, la persévérance, le travail en équipe, le pivot devant l’erreur et l’humilité. Bref, faire passer une idée à un projet concret, c’est être entrepreneur », poursuit M. Bibeau.

C’est dans la cadre de la campagne majeure de financement de l’UdeS que le Mouvement Desjardins a contribué à la cause entrepreneuriale par une contribution financière à la création de l’AED. L’objectif est de permettre aux étudiants de bénéficier d’un environnement exceptionnel pour stimuler leur fibre entrepreneuriale durant leur formation.

Huit semaines, huit projets

Au cours de la session, une équipe d’étudiants a développé des pochettes odorantes écologiques et réutilisables. Leur projet, Ödorà, a remporté le prix Coup de cœur et les profits de 330 $ ont été versés à la Société canadienne du cancer. Une autre équipe a créé des savons faits d’ingrédients naturels. En plus d'avoir amassé 1060$ de profit, les étudiants ont acquis des apprentissages précieux, notamment la nécessité d’admettre les erreurs commises, l’importance de réorienter l’entreprise au besoin et de la franchise entre partenaires.

Karine Lemay fait partie de l’équipe qui a mis en marché des boules énergétiques, une collation « nutritive et savoureuse ». En huit semaines, 3917 boules ont été vendues en ligne ou sur le campus. Les profits de 1320 $ ont été versés au Club des petits déjeuners.

« On vise le marché des gens pressés qui n’ont souvent pas le temps de déjeuner. Le projet a été un succès, mais il ne s’est pas réalisé sans embûches. On a appris qu’il fallait être indépendants en faisant nous-mêmes nos suivis. On a aussi appris qu’il existait beaucoup de règles dans le domaine de l’alimentation et même si on a été tentés de les contourner pour aller plus vite, compte tenu de la demande élevée, nous avons réalisé l’importance de conserver la confiance des clients et la crédibilité de l’entreprise », résume l’étudiante qui poursuivra le développement de l’entreprise lors de son premier stage cet été.

Lorsqu’un confrère lui demande quels sont ses objectifs de vente pour ce stage, elle répond : « Je souhaite me verser un salaire. Pour le reste, je vise l’infini. »

Le projet des boules énergétiques a remporté le prix du Modèle d’affaires le plus viable.

« Finalement, le slogan, J’entreprends, donc je suis, c’est souligner le fait qu’entreprendre, c’est démontrer suffisamment de confiance pour passer à l’action. Au final, entreprendre, c’est se donner le droit de s’accomplir et d’exister », résume le directeur de l’AED.

En tout, 4600 $ ont été versés à des organismes de bienfaisance grâce aux projets universitaires après le remboursement des investissements de démarrage de 16 000 $.