À la CSRS, on fait valoir que la facture de 10 M$ rattachée à l’école de la Croisée est conforme à la volonté du ministère de doter le Québec de nouvelles écoles adaptées aux exigences du 21e siècle, notamment en matière d’économie d’énergie et de durabilité des matériaux utilisés.

Entre La Croisée et Plein Soleil : un écart de 3 M $

Malgré des dimensions quasi identiques, l’école primaire privée Plein Soleil aura coûté 3 millions $ de moins que l’école primaire publique la Croisée, qui ont toutes les deux ouvert leurs portes cette année. Alors que l’école Plein Soleil a été construite au coût de 7 M$ (voir autre texte), l’école de la Croisée aura quant à elle nécessité des déboursés de près de 10 M$ de la part du ministère de l’Éducation du Québec.

Alors que l’école Plein Soleil a été construite sur une superficie de 42 000 pieds carrés, celle de la Croisée est un peu plus grande avec ses 45 000 pieds carrés. Sur une base de coût au pied carré, l’ensemble du projet de l’école Plein Soleil aura coûté 166 $, tandis que l’école de la Croisée aura nécessité des déboursés de l’ordre de 222 $.

Comment expliquer un tel écart? D’une part par des critères préétablis par le ministère de l’Éducation et, d’autre part, par une volonté de construire des écoles durables et écologiques, répond la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), indique Paule Corriveau, directrice des Ressources matérielles et des technologies de l’information à la CSRS.

« Lorsqu’on fait une demande de financement pour une école, ce n’est pas nous qui déterminons combien on va payer pour l’ensemble du projet, indique Mme Corriveau. Tout ce qu’on fait, c’est d’entrer des données dans un logiciel du ministère qui calcule, à partir de critères préétablis, combien cela va coûter ».

En ce sens, ajoute Mme Corriveau, la facture de 10 M$ rattachée à l’école de la Croisée est conforme à la volonté du ministère de doter le Québec de nouvelles écoles adaptées aux exigences du 21e siècle, notamment en matière d’économie d’énergie et de durabilité des matériaux utilisés.

Plus écologique

« On parle d’écoles avec une durée de vie de 40, 50 ans et qui nécessitent beaucoup moins d’entretien », indique Mme Corriveau. Elle cite l’exemple de l’éclairage au DEL que l’on retrouvera dans toutes les nouvelles écoles. Non seulement, cet éclairage est-il plus écologique, dit-elle, mais leur durée de vie entraînera aussi des économies importantes et récurrentes

« Même chose pour les planchers et les fenêtres. Ce sont des planchers qui nécessitent beaucoup moins d’entretien et les fenêtres n’auront pas besoin d’être changées au 10 ou 15 ans. »

Compte tenu des critères différents qui existent entre le public et le privé, Mme Corriveau estime que le jeu des comparaisons ne tient pas la route quant à la valeur de chacun des projets.      

Couillard appuie

Interrogé lors de son dernier passage à La Tribune, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a rappelé qu’il s’est engagé à « rénover toutes les écoles du Québec d’ici 2030 » et à doter le Québec d’établissements scolaires dignes du 21e siècle.

« On veut les plus hauts standards (pour nos écoles) en termes de luminosité, en termes d’installations pour les activités physiques, pour l’alimentation. On veut servir d’exemple en Amérique du Nord. On a cette ambition-là. S’il faut payer un peu plus pour avoir ce niveau d’école là, je ne regrette pas du tout de le faire. C’est bon pour nos enfants. J’ai vu certaines de ces écoles et laissez-moi vous dire que ça fait une différence. Et pour les enfants et pour les enseignants. »

De son côté, le député de Sherbrooke et ministre de la Famille, Luc Fortin, a indiqué qu’« il faut faire attention aux paramètres des deux projets » avant d’en tirer des conclusions au sujet des coûts. Il faut tenir compte de la localisation du projet, de la superficie du terrain ainsi que des aménagements et des services liés à chacun des projets.

Plein Soleil n’a reçu aucune subvention gouvernementale

Réalisée au coût de 7 M$, la construction de l’école primaire privée Plein Soleil de Sherbrooke n’a bénéficié d’aucune subvention gouvernementale pour la réalisation de son projet, inauguré en juillet dernier.    

La directrice générale de Plein Soleil, Francine Maillet, indique que la construction a été financée par le biais de prêts consentis par Desjardins Entreprises et Desjardins Capital de risques (53 %) et d’Investissement Québec (47 %). L’Association coopérative Plein Soleil a quant à elle déboursé 500 000 $ en guise de paiement initial, une somme provenant en partie de la vente de son ancienne école de la rue de Montréal.

Des 7 M nécessaires à la réalisation du projet, 5 M$ ont été versés à la construction du bâtiment d’une superficie de 42 000 pieds carrés et 1 M$ à l’achat du terrain qui s’étend sur 97 000 pieds carrés. Enfin, une somme d’environ un demi-million a servi à l’achat de meubles et d’équipements liés à l’utilisation de l’école.

Mme Maillet indique que la construction de l’école a été réalisée en tenant compte de son empreinte écologique ainsi que du confort des élèves et des membres de son personnel.

« On s’est d’abord assuré d’avoir un bâtiment écoénergétique, explique la directrice générale. Sans nécessairement avoir recours à la géothermie, on a accordé beaucoup d’attention à la ventilation et à l’isolation du bâtiment. On s’est aussi beaucoup attardé à la luminosité. On a de grandes fenêtres qui vont pratiquement du plancher jusqu’au plafond. On a aussi opté pour une structure en bois plutôt qu’en acier. Pour la toiture, on a choisi un revêtement de couleur pâle afin de ne pas créer d’îlot de chaleur. »

L’intérieur de l’école a été conçu de façon à permettre un maximum de flexibilité quant à l’utilisation des espaces disponibles. « On a de grands espaces et des ouvertures ont été prévues entre ces espaces pour faciliter la mobilité des élèves et du personnel », indique Mme Maillet.

La nouvelle construction offre en outre un service de garde aux élèves de 4 ans répondant aux normes du ministère de la Famille.

Le déménagement de Plein Soleil sur le plateau McCrea a permis à l’école de doubler sa capacité d’accueil par rapport à ses installations de la rue de Montréal. Elle compte cette année 310 élèves, mais pourrait en accueillir jusqu’à 414. On y retrouve 42 employés.