Stéphane Pilette, président de ESA, Gabriel Gagné-Marcotte, directeur général, Adam Frégeau, directeur financier, Julien Lachance, conseiller municipal et maire suppléant, Daniel Rousse, scientifique principal, et Pierre-Luc Dusseault, député fédéral de la circonscription de Sherbrooke étaient réunis pour l’inauguration de l’usine.

Énergie Solutions Air à la conquête de l’Amérique du Nord

L’entreprise Énergie Solutions Air (ESA), qui produits des échangeurs d’air destinés aux producteurs avicoles et porcins, a inauguré lundi son usine sur la rue Comtois à Sherbrooke. L’espace de 5000 pieds carrés permettra à la jeune entreprise sherbrookoise de soutenir son expansion en Amérique du Nord.

ESA perfectionne depuis quatre ans son échangeur d’air, le ESA-1000, et passe maintenant à la vitesse suivante.

« En date d’aujourd’hui, si on ne touche à rien et avec nos effectifs réduits, on peut produire 25 unités par mois, explique Gabriel Gagné-Marcotte, directeur général chez ESA. On anticipe de se rendre entre 100 et 200 unités par mois d’ici un an. L’usine a définitivement la capacité de monter jusqu’à 200 unités par mois pour un chiffre d’affaires de plus de 2,5 millions $. »

ESA emploie pour l’instant huit employés, dont deux à temps partiel, mais espère procéder à des embauches bientôt.

« On s’attend à terminer l’année à 10 employés », souligne M. Gagné-Marcotte tout en admettant que la recherche d’employés cadrant dans la philosophie de l’entreprise n’est pas facile. « Déjà l’année prochaine on prévoit être à 18 et à 30 employés l’année suivante pour gérer notre expansion en Amérique du Nord. »

Production animale

Les échangeurs d’air produits par ESA sont spécialisés pour la production animale, un marché de 1,5 milliard $ à aller chercher en Amérique du Nord, selon M. Gagné-Marcotte.

« En 2010, déjà partout dans le monde il y avait des échangeurs d’air. N’importe quelle nouvelle maison en possède un, mais ce n’était pas le cas dans le domaine agricole. La raison c’est que l’environnement est très ardu avec la glace, le nettoyage et les courants d’air froid sur les animaux. C’est de réussir à combattre ces conditions. Il ne faut pas que l’échangeur gèle quand il fait -25, c’est un défi plus imposant qu’on le pense. »

ESA a déjà des échangeurs installés au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et dans quelques états américains. L’entreprise sherbrookoise envoie d’ailleurs un modèle de son échangeur participer prochainement à plusieurs foires agricoles aux États-Unis.

Économies vertes

Selon l’entreprise, l’ESA-1000 permet d’éliminer des gaz à effet de serre équivalant à 2,5 voitures par année, de réduire le coût de chauffage de 50 % et de rehausser la qualité de l’air pour les animaux.

« La majorité des bâtisses de production animale sont chauffées au propane ou au gaz naturel donc ce sont des émissions de gaz à effet de serre. La beauté de l’échangeur d’air, c’est qu’on récupère aussi l’énergie de la chaleur des animaux. »

Gabriel Gagné-Marcotte admet que la technologie pourrait être adaptée à d’autres types de marchés, mais que la production animale reste prioritaire.

« On reste dans l’agroalimentaire parce que c’est un bassin de gaz à effet de serre énorme, résume-t-il. Notre échangeur est d’ailleurs perfectionné pour des endroits très encrassés. »

Des investissements de deux millions $ ont été nécessaires pour lancer la jeune entreprise. La moitié de cette somme a été acquise via le financement de divers partenaires comme Sherbrooke Innopole.

Trois entreprises sous un même toit

En plus d’Énergie Solutions Airs, deux autres entreprises, Oneka technologies et Entosystem, louent une espace au 4141 rue Comtois, près du Cinéma Galaxy. Cet édifice abritait jusqu’en juin dernier des locaux de Neptune Technologies & Bioressources. Entosystem produit des protéines d’insectes de haute qualité et vise à accroître sa production quotidienne de larves séchées de 2 à 8 tonnes par jour. Oneka Technologies développe quant à elle un système de dessalement autonome de l’eau des océans et profitera de l’espace pour réaliser des bancs d’essai et assemblage de ses premières unités commerciales qui seront installés prochainement en Floride. Les trois entreprises cohabitent dans les 30 000 pieds carrés en plus de se partager certains fournisseurs. Le bâtiment, qui est le seul profitant toujours d’un zonage industriel sur la rue, a fait l’objet d’un vote au conseil d’administration de Sherbrooke Innopole, le 12 juin dernier. Sept administrateurs avaient voté pour suggérer au comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke de maintenir le zonage industriel. Le propriétaire cherchait à obtenir un zonage commercial pour son terrain.