Karine Godbout

Encore plus de logements au Carré Belvédère

SHERBROOKE — Le Carré Belvédère pourrait compter encore plus de logements. Une demande d’amendement de zonage a été déposée par le promoteur, Gestion L. Élias, pour permettre une plus grande densification des terrains, faisant passer le nombre maximal de logements de quatre à huit à certains endroits et de porter la limite à 24 logements sur d’autres terrains.

Le Carré Belvédère, situé dans le district d’Ascot, est circonscrit à peu près par les rues Belvédère, Thibault, Dunant et le chemin Bel-Horizon. Une consultation publique est prévue le 12 décembre, au bureau de service du district, au 600, rue Thibault, pour obtenir l’opinion des citoyens du secteur.

« Nous parlons de l’ajout de 350 logements. Le projet passerait donc de 1700 à 2000 portes. La densification peut être intéressante pour une foule de choses. Dans une ville mieux densifiée, il y a une diminution de l’utilisation de l’énergie, un rapprochement des communautés et une diminution des déplacements en automobile », fait valoir la conseillère du district, Karine Godbout.

Son collègue Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, ajoute pour sa part qu’aucun arbre supplémentaire ne serait coupé si cet amendement était adopté. « Nous faisons seulement changer les priorités de développement de certaines zones et permettre la densification pour ajouter des logements. J’invite les citoyens à se présenter en grand nombre pour obtenir toute l’information sur le sujet. »

Karine Godbout a insisté sur l’importance de consulter la population. « La question que je me pose, c’est comment on fait pour informer les gens pour qu’ils puissent suivre les choses? On doit développer une réflexion sur la consultation et l’information citoyenne. Nous nous sommes améliorés dernièrement. Nous voyons que des promoteurs présentent leur projet en amont pour avoir l’opinion des citoyens. Je tiens beaucoup à cette transparence. »

Évelyne Beaudin, elle, a inscrit sa dissidence. « J’ai enregistré ma dissidence au comité consultatif d’urbanisme parce que selon moi, la densification doit se faire au cœur de la ville plutôt qu’en périphérie. Je ne suis pas convaincue que ce projet offre un nouveau milieu de vie parce qu’il ne s’agit que du résidentiel. J’aurais aimé qu’on obtienne un avis de Commerce Sherbrooke dans le dossier. Est-ce que les gens pourront aller faire leur épicerie à pied dans le quartier? Tout ce que je vois, c’est qu’il se situe à proximité d’une autoroute, ce qui risque d’augmenter la dépendance à l’automobile. Je suis mal à l’aise avec ce dossier depuis le début. »

Vincent Boutin a tenté de la rassurer. « Le 12 décembre, nous ferons une présentation complète du dossier. Avec le temps, nous avons un peu perdu le fil initial de ce projet. En termes de milieu de vie, je veux rassurer les gens. Les trottoirs seront en banquette. Le quartier s’articule autour de la prucheraie centenaire qui est protégée. Nous nous trouvons à l’intérieur du périmètre urbain, qui a été resserré il y a quelques années. Nous avons des outils pour recentrer le développement. Nous sommes à l’extrémité sud de la ville, mais à l’opposé, à l’autre extrémité, nous avons le plateau McCrea qui se trouve à la limite nord. Ce sont des projets qui sont dans le périmètre urbain.

« Commerce Sherbrooke à l’époque avait donné son avis. Il avait demandé de ne pas permettre les commerces dans cette zone-là pour les laisser dans le pôle commercial de la rue Belvédère où se trouve le Métro. Dans quelques années, il pourrait y avoir un plateau commercial là, mais pour le moment, l’idée était de concentrer nos billes. »