La coopérative a de nouveau été amputée entre janvier et décembre dernier de près de 4,5 % son parc de guichets automatiques.

Encore moins de guichets et de comptoirs Desjardins

EXCLUSIF / Les guichets automatiques et les points de service ont été des sujets épineux pour Le Mouvement Desjardins en 2018. Bilan des derniers mois : 92 guichets et 74 comptoirs de service sont disparus à travers la province et en Ontario. Et tout indique que cette tendance se poursuivra en 2019.

Cela signifie que la coopérative a de nouveau été amputée entre janvier et décembre dernier de près de 4,5 % son parc de guichets automatiques — ces fermetures ont été seulement réalisées au Québec — et de 7,2 % son nombre de points de service.

Au 31 décembre 2018, selon des données obtenues par Le Soleil, Desjardins comptait 1957 installations pour retirer des billets verts et 958 centres de service. 

«Il est important de mentionner qu’aux 958 centres de service, s’ajoutent 347 centres libre-service, c’est-à-dire des centres où l’on retrouve des guichets automatiques seulement», fait valoir dans un courriel Jean-Benoît Turcotti, conseiller en communications en soutien au réseau des caisses.

À titre de comparaison, pour les amateurs de chiffres, en 2012 pour le Québec et l’Ontario, l’institution financière de Lévis offrait à ses membres un réseau de 2507 guichets (-22 %) et de 1294 comptoirs de service (-26 %).

Pour atténuer l’impact de ces fermetures, Desjardins a mis sur pied au cours des derniers mois en collaboration avec la Fédération québécoise des municipalités (FQM) un projet-pilote de guichets indépendants dans cinq municipalités du Québec.

Cette mesure a vu le jour après que plusieurs maires du Québec (Bas-Saint-Laurent, Outaouais, Saguenay–Lac-Saint-Jean) aient pointé du doigt la direction pour la diminution de son offre de services. 

Mesures

Le numéro un chez Desjardins, Guy Cormier, a même été de passage devant des élus de l’Assemblée nationale pour expliquer sa stratégie d’affaires. Il mentionnait alors que Desjardins «fait largement sa part» pour assurer la vitalité économique des régions.

Il a aussi rappelé que son organisation n’est pas une entreprise publique ou parapublique et que malgré les fermetures, elle demeure l’institution financière la plus présente en zones rurales.

Comme autres mesures pour assurer un service en région, la coopérative possède depuis quelques années deux caisses mobiles qui sillonnent la province.

«Les membres Desjardins peuvent aussi recevoir des services dans 103 sites additionnels. Il s’agit entre autres : des 360 D, dédiés aux étudiants; des Services Signature Desjardins (16) et des centres Desjardins entreprises (72)», énumère M. Turcotti.

Pour les prochains mois, la cure minceur devrait se poursuivre, entre autres, en raison du déploiement de la nouvelle génération de guichets automatiques et de la baisse de popularité pour cet outil bancaire.   

Un fait que la direction du Mouvement n’a jamais caché. En date du 15 janvier, ce sont 468 appareils qui avaient été remplacés.

«L’année 2018 confirme la tendance des changements d’habitudes transactionnels des membres. Ceux-ci continuent de délaisser progressivement les comptoirs caissiers et les guichets automatiques au profit d’AccèsD Internet et mobile, du paiement direct et des transactions automatisées», souligne M. Turcotti, pour justifier le nombre de fermetures.

Pour information, au cours des prochains jours, dans le Vieux-Québec, Desjardins fermera sa seule caisse dans ce secteur. Elle est située à proximité de l’hôtel de ville. Les guichets automatiques demeureront toutefois en place.

La facture du déploiement des nouveaux guichets de Desjardins devrait osciller aux alentours des 80 millions $. La direction n’est toujours pas en mesure de dire combien de machines composeront son parc en 2020.  

Pour la région de Québec, les nouvelles installations devraient apparaître au cours du printemps.