De gauche à droite : Jacques Demers, président de la FQM et préfet de la MRC Memphrémagog; Jacques Joffroy, maire de Chevannes et représentant du Parc naturel régional du Gâtinais français; Marie Chevillotte, représentante de la Région Île-de-France; Hugues Grimard, préfet de la MRC des Sources et maire d’Asbestos; et Alain Rayes, député fédéral de Richmond-Arthabaska.

Écomatériaux : la MRC des Sources crée des liens en France

La MRC des Sources souhaite s’imposer comme chef de file québécois dans le secteur des écomatériaux, une position qu’elle consolidera au moyen d’une nouvelle collaboration avec la France qui a été annoncée vendredi, à Asbestos.

« La MRC des Sources a connu des moments plus difficiles pendant un certain temps, alors on s’est dit qu’il fallait diversifier notre économie et la rebâtir sur de nouvelles bases, avec de nouveaux créneaux de développement », relate Hugues Grimard, préfet de la MRC et maire d’Asbestos.

Or, poursuit-il, la région semblait déjà en posture favorable pour le développement d’écomatériaux (matériaux répondant à la fois aux normes de construction et à des critères environnementaux), et en particulier celui de matières biosourcées (de provenance végétale ou animale, par opposition aux produits de synthèse issus du pétrole, par exemple).

« Si on se compare avec l’Europe au niveau des écomatériaux et des matières biosourcés, on est en retard, mais on est en avance par rapport à l’ensemble du Québec et même du Canada! C’était donc la voie tout indiquée pour créer un créneau qui rend possible la création de richesse, tout en allant vers un développement acceptable pour la population », explique M. Grimard.

Suivant ce constat, des membres de la MRC ont traversé l’Atlantique pour s’inspirer de réussites européennes. Ils sont revenus de leur voyage avec un plan de développement pour la région, mais aussi avec une précieuse collaboration avec la Région Île-de-France et le Parc naturel régional du Gâtinais français.

« On s’est jumelé avec eux parce qu’ils développent le même créneau que nous. Leur bagage d’expériences et de connaissances sera bénéfique pour nous, parce qu’on n’aura pas besoin de refaire les mêmes essais et erreurs qu’eux. Et eux bénéficient aussi de notre expertise : par exemple, ils aiment notre synergie entre les intervenants de la région, la façon dont on travaille tous ensemble avec les entrepreneurs au cœur des décisions », indique le préfet.

Mission commune

Dans la pratique, le projet établit une coopération franco-québécoise sur tout ce qui concerne la production, la fabrication, l’utilisation et la mise en valeur des écomatériaux dans le domaine de la construction.

« Prenons la laine isolante comme exemple. Avec les inondations qu’on vient d’avoir, il y a eu beaucoup de laine qui a moisi et qui a dû être remplacée... Mais si ça avait été un produit d’écomatériaux, comme la laine de chanvre, ça aurait pu simplement sécher pour reprendre ses propriétés. En plus, quand l’usage de la laine de chanvre est terminé, le matériau peut être réutilisé autrement. Et c’est beaucoup mieux pour la santé, parce qu’il n’y a pas de pétrole à l’intérieur, donc la qualité de l’air est meilleure dans la résidence! » s’enthousiasme M. Grimard.

Il ajoute que le développement d’écomatériaux présente plusieurs autres avantages, dont la possibilité de revaloriser les rejets agricoles en matériaux de construction. Ne reste plus qu’à faire connaître ces avantages au grand public ainsi qu’aux décideurs des deux pays.

Ainsi, les partenaires feront front commun autant pour le développement du secteur des écomatériaux que pour son rayonnement.

Le préfet de la MRC se réjouit par ailleurs de la notoriété internationale que s’offre la région par son expertise dans ce secteur, puisqu’elle participera au Sommet mondial sur la construction biosourcée, qui se tiendra à Paris en novembre. « L’innovation et le développement, ça ne se passe pas juste dans les grands centres, ça peut aussi se passer dans les petites communautés comme la MRC des Sources! », lance fièrement M. Grimard.