En raison des nouvelles exigences de l’Office québécois de la langue française, Costco Wholesale devient Entrepôt Costco Wholesale.
En raison des nouvelles exigences de l’Office québécois de la langue française, Costco Wholesale devient Entrepôt Costco Wholesale.

Du français accolé à de grandes marques

Il y a les Entrepôts Costco Wholesale ou, tout juste de l’autre côté du boulevard Gréber, Toys R Us Jouets. Les plus attentifs d’entre vous auront peut-être remarqué lors de leurs emplettes des Fêtes ces dernières semaines que certains magasins de Gatineau ont ajouté à leur marque sur leur façade un générique, un descriptif ou encore un slogan en français, tel que l’exige désormais la loi québécoise.

Après une période de transition de trois ans, les entreprises avaient en effet jusqu’au 24 novembre dernier pour se conformer à ces nouvelles exigences de l’Office québécois de la langue française (OQLF). Depuis cette date, des interventions de correction peuvent avoir lieu et des constats d’infraction peuvent être donnés.

Or, l’organisme Impératif français, qui réclamait des actions en ce sens depuis belle lurette, juge que s’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, « on nous miniaturise, banalise » dans plusieurs cas. 

« On rit de nous avec des génériques minuscules ou des descriptifs quasi invisibles ou illisibles. Dans le document de l’OQLF sur l’affichage des marques de commerce, il est clairement spécifié que celui-ci doit garantir « une présence suffisante du français», indique son président Jean-Paul Perreault.

Les nouvelles règles en vigueur exigent que si le nom du commerce en question est dans une autre langue que le français, le générique, le descriptif ou le slogan dans la langue de Molière doit être «aussi visible et lisible» que la marque. 

M. Perreault soutient que la formule adoptée par Québec est «un compromis» et que la réglementation aurait dû aller plus loin, lançant des fleurs aux entreprises ayant choisi de leur propre chef de franciser complètement leur marque «pour maximiser le rapprochement avec la culture du territoire plutôt que de polluer l’environnement québécois».

Il cite en exemple les Bureau en Gros, Tigre Géant, Poulet Frit Kentucky ou encore Pharmaprix de ce monde, parlant d’un «savoir-vivre» de leur part. Côté ajout d’un générique, la quincaillerie Home Hardware des Galeries Aylmer est un bel exemple à suivre, ajoute-t-il. 

Toys R Us devient Toys R Us jouets.

«On se paie notre gueule»

Malgré tout, Impératif français estime qu’il reste encore passablement de chemin à faire et que plusieurs entreprises font fi de la réglementation. 

Plusieurs ont résisté en dépensant des millions de dollars de mesures juridiques, déplore M. Perreault.

«Maintenant que les nouvelles règles sont en place, j’espère que le gouvernement ne fera pas preuve de compréhension. Elles (les entreprises) ont eu trois ans pour se conformer. Si elles n’agissent pas, qu’on les mette à l’amende sur une base répétée, avec un montant encore plus sévère dès la deuxième fois. Il n’y a aucune excuse. Dans bien des cas, le descriptif en français est miniature, on donne plus d’importance à l’image américaine», s’exclame-t-il, rappelant que la Charte de la langue française existe depuis la fin des années 70. 

L’organisme affirme que bon nombre de commerces «se paient notre gueule» en ne semblant pas respecter les critères de la définition «d’une présence suffisante du français». Certains ont ajouté de petits génériques, alors que d’autres non.

Citons en exemple OK Kids, SoftMoc, T-Shirt Time, Kurves, LOL Party Centre ou Foot Locker.

Selon l’OQLF, par exemple, la visibilité des termes et des messages en français doit être similaire à celle de la marque de commerce. Ceux-ci doivent aussi pouvoir être lus dans le même champ visuel et être éclairés en tout temps, si la marque de commerce l’est également.

Jean-Paul Perreault soutient que la clientèle a aussi son mot à dire au final pour protester.

«Les gens peuvent aussi exercer une saine pression sur ces établissements», conclut-il.