Jean-Romain Péclet, directeur des opérations et maître cultivateur de Bhango Horticulture, Jacques Marcoux, maire de Potton, Ross Robinson, responsable des ressources humaines et développement affaires chez Bhango Horticulture, et Stefan Macdonald, directeur de Bhango Horticulture, ont visité le chantier qui a pris son envol jeudi matin.

Du cannabis pottonais en 2020

Bhango Horticulture, l’entreprise de culture de cannabis qui espérait s’installer à Potton depuis cinq ans maintenant, a officiellement donné son coup d’envoi jeudi matin — « enfin », selon le groupe d’amis à la base du projet. Alors que les travaux vont bon train, les producteurs, qui comptent miser sur la qualité avant la quantité, prévoient entrer en production dès le début de l’année 2020.

« On se spécialise en cannabis haut de gamme, avec des variétés exclusives à notre compagnie » indique Jean-Romain Péclet, directeur des opérations et maître cultivateur de Bhango Horticulture. Pour y arriver, l’entreprise engagera des horticulteurs d’expérience, qui ont gagné des prix dans le domaine du cannabis et qui connaissent bien les variétés choisies.

Si certains des fondateurs de l’entreprise ont déjà acquis de l’expérience en production de cannabis médical, ils ne comptent tout de même pas s’y limiter pour ce premier projet ensemble, visant aussi les marchés récréatifs du Québec et du Canada en passant par la SQDC et Internet.

Les entrepreneurs comptent commencer par une production d’environ 1000 kg par an, assurée par quelque 5000 plants.

« Ce n’est pas immense pour le marché actuellement, mais on commence avec ça et on verra comment la demande suit. On a quand même beaucoup d’espace, au-dessus de 20 acres, donc c’est intéressant pour nous si jamais on voit que la demande est là pour nos produits, on va pouvoir prendre de l’expansion », précise Stefan Macdonald, directeur de Bhango Horticulture.

Étape par étape

Les travaux ont débuté en mai, à la suite d’un long processus impliquant un an et demi de planification suivi de l’attente du feu vert pour la construction donné par Santé Canada. À cela s’ajoute la recherche d’investisseurs, car la première bâtisse de 22 000 pieds carrés a nécessité des investissements de 10 millions de dollars, et une deuxième bâtisse de la même grosseur sera construite à côté.

Pour le moment, le chantier en est encore à la mise en place des fondations. Une fois que les murs et le toit seront complétés, ce qui est prévu pour novembre, l’équipement pourra commencer à être installé à l’intérieur. L’entreprise devra ensuite prouver à Santé Canada que tout est en règle afin d’obtenir leur permis d’exploitation.

Autrement dit, les entrepreneurs n’ont pas encore la garantie qu’ils pourront bel et bien cultiver du cannabis. Ils ne s’en inquiètent toutefois pas outre mesure, puisqu’ils ont engagé un consultant d’expérience et font confiance au processus.

« Tous les plans ont déjà été approuvés par Santé Canada, donc là, il suffit juste de les suivre et de leur démontrer que tout a été suivi exactement comme on l’a décrit. Normalement, c’est un peu une formalité. C’est un challenge, mais on est confiants là-dessus », soutient Jean-Romain Péclet.

Si tout se passe comme prévu, les cultures seront lancées en janvier ou février.

Bien reçu

Le maire de Potton, Jacques Marcoux, a profité du coup d’envoi de l’entreprise pour visiter le chantier et témoigner de son enthousiasme pour le projet : « N’importe quel milieu rural serait très content d’accueillir une entreprise qui crée des emplois dans la communauté, d’autant plus qu’il y aura des emplois semi-spécialisés et spécialisés en plus des travailleurs manuels. »

Entre 15 et 30 postes à temps partiel seront à combler pour amorcer la production.

Le sérieux des démarches et le professionnalisme des entrepreneurs, notamment en ce qui a trait à la sécurité, pourraient aussi avoir contribué à l’accueil favorable de l’entreprise par la municipalité. « [La sécurité], c’est souvent une question qu’on se fait souvent poser [...]. Il y a beaucoup de restrictions et c’est important de suivre les règlements. Les mesures de sécurité ressemblent à celle d’une prison à sécurité moyenne », explique M. Péclet, en mentionnant par exemple les clôtures, les caméras et les accès sécurisés par codes et cartes magnétiques.

M. Marcoux croit que la municipalité voit elle aussi d’un bon œil l’arrivée de Bhango Horticulture. À preuve : le conseil municipal a voté un crédit de taxes pour l’entreprise, pour leurs trois premières années (100 % la première, 75 % la deuxième et 50 % la troisième).

En outre, le maire ne considère pas que le fait d’accueillir une entreprise de production de cannabis risque de nuire à l’image de Potton : « Je pense qu’il faut regarder le contexte tel qu’il est et l’évolution des mentalités relativement au cannabis, de sorte que, en ce qui me concerne, ce n’est pas une entreprise qui va nuire à l’image de la municipalité. C’est même plutôt le contraire, elle va contribuer [à montrer la municipalité] comme étant un milieu dynamique et prêt à accueillir toutes sortes d’initiatives — légales, évidemment! »