Porte-parole de la Coalition pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, Robert Bellefleur ne comprend pas davantage les choix des élus.

Deux résidants condamnent l'attitude de Lac-Mégantic envers Billots Sélect

« J'ai de la difficulté à saisir que la Ville de Lac-Mégantic n'ait pas travaillé davantage sur une conciliation ou une médiation, plutôt que d'opter pour une confrontation au Tribunal administratif. Pourquoi ont-ils pris la direction de la fermeture de l'usine de Billots Sélect Mégantic? C'était la mauvaise route à prendre. On n'avait pas d'affaire à fermer l'entreprise. On a oublié la population, là-dedans, car ce sont les citoyens qui sont pénalisés, qui vont devoir payer maintenant le gros prix. »
Observateur attentif des questions municipales à Lac-Mégantic, l'avocat Jean-Claude Boutin se montre très sévère à l'endroit du conseil après la tragédie du 6 juillet 2013.
Il espère maintenant que la Ville n'ira pas en appel du jugement qui force la Ville à dédommager les Billots Sélect Mégantic et son propriétaire Rock Grenier d'une somme de 7 millions pour sa relocalisation.
« La Ville est prise avec un jugement qu'elle n'aura pas le choix de respecter. Car si on perd en appel, les intérêts seront élevés, ce sont les taux légaux qui s'appliquent selon le jugement. La Ville n'offrait rien sur plusieurs aspects des dédommagements, et la victime, là-dedans, c'est Rock Grenier, le propriétaire. »
Il croit qu'il y avait plusieurs autres options et qu'il n'y avait pas nécessairement obligation de construire un pont au centre de la propriété de Rock Grenier.
« On est maintenant obligé de vivre avec une décision qui va coûter cher aux citoyens de Lac-Mégantic. On n'avait pas les moyens, non plus, de perdre 60 emplois », ajoute-t-il.
Porte-parole de la Coalition pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, Robert Bellefleur ne comprend pas davantage les choix des élus. « Il s'agit d'une longue liste des décisions controversées de l'ancien conseil municipal, qui a entre autres démoli l'ancien centre-ville qui était encore debout, qui a exproprié des résidants de Fatima et même de Saint-Agnès, pour relocaliser des commerces et des bureaux, et le conseil actuel n'a pas fait mieux en abandonnant la poursuite du Canadien Pacifique. On croit que, dans ce dossier, on est proche d'un règlement hors cour. L'expropriation de Billots Sélect Mégantic entre dans cette catégorie de décisions douteuses pour que soit construit le pont de la Solidarité, lui-même controversé », a fait remarquer M. Bellefleur.
« Ces décisions controversées causent des dommages collatéraux majeurs pour la population, en fin de compte. Ce sont encore les citoyens qui vont payer. Avec Billots Sélect, on a perdu 60 emplois. Ce fut grave aussi pour les dirigeants de cette entreprise. Dans quelle mesure la Ville n'a pas outrepassé le respect des droits de certains de ses citoyens? Au profit de l'économie, on sacrifie leurs droits les plus sacrés », a-t-il asséné.