Annie Godbout, présidente, et Denis Bernier, directeur général, ont donné des explications au sujet du rapport financier de Destination Sherbrooke.

Destination Sherbrooke dégage un surplus de 127 173 $

Deux jours après un débat animé à son sujet au conseil municipal, Destination Sherbrooke a présenté son rapport financier mercredi. L’organisme paramunicipal dégage un surplus de 127 173 $ après avoir engagé des dépenses de 4,6 M$.

Mario Grenier, directeur administratif et adjoint au directeur général, indique que ces résultats sont semblables d’année en année. « Il n’y a pas eu d’événement marquant qui ferait en sorte qu’il y aurait des changements exceptionnels au rapport financier. » L’an dernier, le surplus dégagé était de 80 579 $.

La principale dépense provient des salaires et charges sociales, à 2,4 M$, et de la promotion, de la publicité et des outils de formation, à 815 215 $. Quant aux revenus, ceux associés au Centre de foires s’élèvent à 1,1 M$. La contribution de la Ville est de 2,7 M$.

Le directeur général, Denis Bernier, rappelle que Destination Sherbrooke est un organisme à but non lucratif. « Nous n’avons pas l’obligation de dégager des profits, mais il faut au moins être rentable. Ce qu’il faut regarder, c’est l’investissement de la Ville de Sherbrooke et en contrepartie, les retombées économiques et la création d’emplois sur notre territoire. On parle d’environ 200 M$ de retombées économiques et environ 4000 emplois en tourisme. »

M. Bernier rapporte que les indicateurs de performance de Destination Sherbrooke, soit le nombre de nuitées et du nombre de visites personnes, sont à la hausse depuis trois ans.

Le directeur général reconnaît que la Ville de Sherbrooke a été un excellent partenaire pour reconnaître l’importance de développer le tourisme à travers les années. « Dans les 15 dernières années, près de 40 M$ ont été investis en immobilisations, dont environ 30 M$ par la Ville de Sherbrooke, ce qui nous a permis de rehausser la qualité de nos infrastructures. Est-ce qu’on pourrait en obtenir plus? Bien sûr, mais il y a aussi des besoins criants à tous les égards et il faut le comprendre comme organisation. »

En forte croissance

Il ne faudrait pas, néanmoins, réduire les contributions pour les prochaines années. « L’industrie touristique est en forte croissance à l’échelle internationale. D’ici 2030, on prévoit 3 % d’augmentation par année. Il y a de plus en plus de demandes, de voyageurs à l’international. Si on ne veut pas perdre notre place, il faut continuer d’investir. Le quart de la création d’emplois, de retombées touristiques pour les Cantons-de-l’Est se passe sur le territoire de la Ville de Sherbrooke. »

À 33 employés, après un effort de rationalisation de 25 % en 2015, Denis Bernier estime que Destination Sherbrooke a fait sa part. « Nous jouerions sur la qualité des services que nous offrons si nous allons en bas de ce chiffre-là. Au Centre de foires, ce qui fait notre avantage concurrentiel, c’est le service qu’on donne aux promoteurs. »


«  Ce qu’il faut regarder, c’est l’investissement de la Ville de Sherbrooke et en contrepartie, les retombées économiques et la création d’emplois sur notre territoire.  »
Denis Bernier

Quant à une possible fusion de Destination Sherbrooke avec d’autres organismes de développement économique, comme Sherbrooke Innopole, Denis Bernier soulève des doutes en rappelant que la décision ne lui appartient pas. « Ç’a déjà été fait, à l’époque de la Société de développement économique de Sherbrooke. Ça ne fonctionnait pas très bien. Il y a une raison pour laquelle le tourisme en a été dissocié : pour des questions de cohérence et d’efficacité. »

Enfin, lundi, quand le rapport financier a été déposé au conseil municipal, les conseillers Pierre Avard et Pierre Tremblay ont déploré l’absence du directeur de Destination Sherbrooke. « Il y a eu une confusion, une mauvaise communication entre les organisations. Comme nous avions présenté le rapport d’activités plus tôt, des gens ont pensé qu’on pouvait simplement déposer le rapport financier. À l’avenir, nous présenterons toutes les informations en même temps », explique Annie Godbout, présidente de Destination Sherbrooke. 

Godbout veut un portrait clair

L’idée du conseiller Pierre Tremblay de lancer un grand sondage auprès des artisans du milieu touristique pour connaître leur satisfaction à l’égard de Destination Sherbrooke n’est pas bien loin d’une initiative déjà mise en branle par l’organisme paramunicipal. La présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, entend lancer une tournée pour recueillir des commentaires sur le terrain.

« Nous voulons avoir un son de cloche sur les orientations de Destination Sherbrooke. J’en avais parlé sur ma page Facebook au cours de l’hiver que je souhaitais entamer cette tournée tant chez les hôteliers, les restaurateurs, les attraits, les événements. C’était effectivement sur la table. Nous entamerons cette tournée pour sonder l’industrie. La planification stratégique de Destination Sherbrooke date de 2011. C’est un objectif d’être au goût du jour pour 2018-2022. Cette tournée servira à bonifier la planification stratégique », dit Mme Godbout.

« Par rapport à la suggestion de mon collègue Pierre Tremblay, la balle est dans le camp du comité exécutif et de la mairie. Ce sont eux qui décideront s’ils veulent aller de l’avant, mais il était dans les plans d’aller de l’avant et nous commencerons ce travail dans les prochaines semaines. »

Annie Godbout avait déploré lundi le discours négatif entourant Destination Sherbrooke, un discours démoralisant pour les employés, avait-elle prévenu. En point de presse mercredi, elle s’est empressée de souligner le bon travail de ces employés. La conseillère municipale avait pourtant été très critique à l’endroit de Destination Sherbrooke au cours du dernier mandat...

« Oui j’ai été critique envers Destination Sherbrooke dans le dernier mandat, mais j’ai toujours été constructive. J’ai amené des idées. C’est le mandat qui est très large. Je ne mettais pas la faute sur Destination Sherbrooke, mais sur le conseil qui devait avoir une vision de développement économique plus claire. Je tiens encore le même discours. Il y a certains projets avec lesquels j’étais moins à l’aise, notamment les murales, mais j’ai encore souligné ce malaise au conseil d’administration de Destination Sherbrooke. Je n’ai pas deux discours. Il faut reconnaître le travail des gens. »

Avant de déterminer si la Ville investit suffisamment dans le tourisme, Annie Godbout estime qu’il faut dresser un portrait de la situation. « Il faut une analyse des forces et faiblesses. C’est toujours une question de mandat et d’argent. Quelles sont les attentes du conseil? Il faut que ce soit précisé davantage pour assurer une meilleure connexion. Il faut commencer par s’approprier l’organisation, le travail qu’elle fait et ensuite avoir des échanges. »