Des travailleurs du Groupe Chartwell obtiennent 15 $ l’heure

La Presse canadienne
Après deux mois de grève dans sept résidences pour aînés du Groupe Chartwell, des ententes de principe sont intervenues dans trois de ces résidences, accordant en bonne partie aux travailleurs les 15 $ l’heure qu’ils revendiquaient.

Les 500 travailleurs concernés sont principalement des préposés aux bénéficiaires, mais aussi des préposés au service alimentaire, à l’entretien, à la buanderie. Ils travaillent dans sept résidences privées pour personnes âgées du Groupe Chartwell, à Québec et au Saguenay.

Ils sont membres du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, et avaient déclenché une grève générale illimitée le 10 juillet - avec des services essentiels étendus, comme l’avait décidé le Tribunal administratif du travail.

Ils revendiquent 15 $ l’heure à l’embauche et 1 $ l’heure d’augmentation par année, pour un contrat de trois ans.

Ces préposés aux bénéficiaires gagnent souvent 14 $ l’heure - avant les primes COVID temporaires versées par le gouvernement Legault; les autres employés gagnent souvent moins.

Au Québec, le salaire minimum est de 13,10 $ depuis le 1er mai.

Dans les trois résidences où il y a eu entente de principe, au Saguenay, le syndicat rapporte avoir obtenu que tous les employés actuels touchent 15 $ l’heure, mais en 2020, a précisé en entrevue Sylvie Nelson, présidente du SQEES. Mais il n’a pas obtenu le 1 $ l’heure d’augmentation par année, seulement une partie de l’augmentation revendiquée.

Mme Nelson n’a pas voulu dévoiler tous les détails de l’entente de principe, puisque tous les employés ne se sont pas encore prononcés sur cette entente. Mais l’entente de principe a déjà été entérinée à Villa Saguenay et les travailleurs des deux autres résidences concernées se prononceront jeudi et vendredi.

L’employeur, de son côté, s’est réjoui de l’entente de principe. «On est très heureux d’être parvenus à des ententes de principe avec les employés syndiqués des résidences Chartwell Villa Jonquière, Villa Chicoutimi et Villa Saguenay, ce qui permet de mettre fin aux grèves qui avaient cours dans cette région», a commenté Marie-France Lemay, vice-présidente, opérations et ventes de Chartwell.

«Un grand pas, mais»

Interrogée à savoir si elle percevait cela comme une victoire, Mme Nelson a apporté des nuances: «l’objectif le plus important, c’était le 15 $ l’heure pour nos gens. Et on l’a. On a fait un grand pas. Est-ce que c’est la grosse victoire? Non. C’est minimal 15 $ l’heure.»

À ses yeux, «la grosse victoire» serait de convaincre le gouvernement Legault d’adopter un décret de convention collective dans ce secteur, comme il en existe une quinzaine dans des domaines comme les agences de sécurité ou l’entretien ménager d’édifices publics.

Ces décrets offrent des conditions de base à tous, syndiqués et non syndiqués, puis sont gérés par un comité paritaire.

«Tant que je n’obtiendrai pas un décret, je ne serai pas entièrement satisfaite», a lancé Mme Nelson.

«Nous, on doit négocier établissement par établissement. Et on a 10 autres négociations chez Chartwell, plus une trentaine d’autres. Va-t-y falloir mettre notre monde dehors, à chaque fois, pour obtenir des conditions décentes?» s’est insurgée Mme Nelson.

Et à Québec

«Les discussions se poursuivent dans la région de Québec, où on est confiants de conclure aussi des ententes justes et équitables pour nos employés et nos résidants», a commenté Mme Lemay, du Groupe Chartwell.

Il s’agit des Appartements de Bordeaux, de Chartwell Domaine de Bordeaux, de Chartwell Faubourg Giffard et de Chartwell (CSH-HCN Lessee) Manoir Archer.

Par ailleurs, La Presse canadienne a obtenu copie d’une lettre ouverte signée par une quarantaine de résidants du Domaine de Bordeaux dans laquelle ceux-ci se plaignent des conditions dans lesquelles ils vivent depuis le début de la grève.

Mais loin de s’en prendre aux travailleurs en grève, les signataires appuient même leurs revendications. «Les revendications salariales des employés.es nous apparaissent non seulement légitimes, mais aussi fort modestes. 15 $ de l’heure, en 2020, c’est à peine suffisant pour sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein. Il s’agit d’un strict minimum» qui est «amplement» mérité, écrivent-ils.