Le restaurant de l’Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley a fermé dimanche soir. La chef Mélanie Gagnon, sa propriétaire, Bibiane Drouin-Gagnon, et le sommelier Grégoire Gagnon disent avoir vécu une belle expérience durant les 25 ans d’existence de l’institution.

Des tables estriennes bien connues mises en vente

Des restaurants bien connus en Estrie sont à vendre, mais trouvent difficilement des acheteurs. Il est loin d’être facile de dénicher un repreneur, ont pu constater ces gens d’affaires qui œuvrent dans le domaine depuis nombre d’années.

Claire S. Hersberger et son conjoint Dominique Roquet passent le mot. La Desserte, un restaurant dans une maison centenaire sise dans le quartier patrimonial de Richmond, est à vendre. Quelques approches avec des acheteurs ont bien eu lieu, sans se concrétiser.

« Ce n’est pas l’évidence quand le restaurant est situé en région. Nous sommes pourtant à mi-chemin entre Sherbrooke et Drummondville, mais Richmond est une petite ville », analyse Mme Hersberger lors d’un entretien téléphonique accordé à La Tribune.

« Nous aimerions que quelqu’un poursuive la mission de notre restaurant. Nous pensions que ça se produirait au début de 2019. On peut dire que nous avons passé proche. Mais la transaction n’a pas eu lieu. »

Il y a maintenant 20 ans que le couple exploite La Desserte. Auparavant, Mme Hersberger et M. Roquet avaient un restaurant à Montréal. « Nous sommes dans la restauration depuis plus de 30 ans maintenant. Nous pensons à la retraite, dit-elle. Le restaurant est à vendre, mais nous ne faisons pas d’annonce, juste en parler autour de nous. Nous n’avons pas d’intermédiaire non plus. »

« Nous avons une propriété en France et nous aimerions aller y réaliser un projet, comme une préretraite. »

Quand on lui fait part d’autres établissements comme le sien à vendre dans la région, Claire S. Hersberger lance qu’il y a « de belles occasions d’affaires dans la région actuellement ».

Non loin de Richmond, à Danville, le restaurant Le Temps des cerises cherche aussi de la relève. Les propriétaires, Martine et Patrick Satre, ont même diffusé une vidéo annonçant leur décision de vendre l’établissement installé dans une ancienne église presbytérienne écossaise.

La table mettant en vedette des produits régionaux est en exploitation depuis 32 ans. « Le restaurant est à vendre parce que nous voulons prendre notre retraite, tout simplement », soutient Mme Satre.

« Nous aimerions trouver une relève pour que l’aventure continue. »

Patrick Satre fait valoir pour sa part que Le Temps des cerises est un commerce qui est susceptible d’intéresser les acheteurs. « Il y a une expérience, un bassin de clientèle », affirme-t-il.

« C’est un restaurant avec une bonne réputation qui peut servir les repreneurs. »

Pendant ce temps, c’est la fin pour le restaurant de l’Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley. On avait l’idée de vendre depuis quelques années, mais il n’a jamais été possible de trouver un acheteur.

L’avenir de cet établissement réputé occupant une maison centenaire au revêtement jaune éclatant était compromis puisque sa propriétaire, Bibiane Drouin-Gagnon, a dû se résigner à le mettre en vente, une décision qui n’est pas étrangère au cancer qu’a affronté la reine de ses cuisines, Mélanie Gagnon.

Le restaurant surplombant le lac Magog a fermé dimanche soir, après 25 ans d’exploitation, mentionne Mme Gagnon.

« C’est toujours émotif de fermer un restaurant, surtout quand on a passé toutes ces années en compagnie d’employés et de clients extraordinaires », affirme la chef Mélanie Gagnon.

« Nous ne fermons pas par gaieté de cœur. Il y a évidemment une question de santé. Il faut diminuer la charge de travail. »

La question du financement est cruciale pour quelqu’un qui souhaite acheter ce genre d’établissement, précise-t-elle. « Les gens intéressés nous demandent de les financer. Nous ne voulons pas. »

« Les banques sont plus frileuses quand il est question de restauration. Les profits sont moindres que dans l’hébergement par exemple. »

L’Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley garde ses chambres disponibles à la location, ajoute Mme Gagnon. On pourra aussi y louer des salles.