La directrice de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin, estime qu’il est légitime de demander des explications à la Ville de Sherbrooke pour clarifier son mandat et comprendre pourquoi le Fonds d’investissement qu’elle administre est suspendu.
La directrice de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin, estime qu’il est légitime de demander des explications à la Ville de Sherbrooke pour clarifier son mandat et comprendre pourquoi le Fonds d’investissement qu’elle administre est suspendu.

Des questions, mais pas de pertes d’emplois chez Innopole

Comme Destination Sherbrooke, Sherbrooke Innopole s’inquiète des coupes effectuées la semaine dernière par la Ville de Sherbrooke dans les organisations paramunicipales. C’est surtout la suspension du Fonds d’investissement de 600 000 $, consacré aux entreprises en plein lancement, qui provoque des interrogations. La directrice générale Josée Fortin confirme toutefois que malgré les coupes de 200 000 $ dans son budget de fonctionnement, aucun employé ne sera mis à pied.

Le président du conseil d’administration de Sherbrooke Innopole, Alexandre Nault, rapporte bien comprendre l’urgence imposée par la crise de la COVID-19. « Nous sommes tous des gens d’affaires. Des plans de contingence, nous en avons tous fait dans nos entreprises. Nous avons eu un CA d’urgence la semaine dernière et nous avons formé un comité pour y travailler. Nous serons créatifs et nous nous serrerons la ceinture. »

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Selon M. Nault, l’équipe de Sherbrooke Innopole s’efforce, depuis le début de la crise, de rester en contact avec les entreprises sherbrookoises, si bien que des visioconférences hebdomadaires regroupent plus de 120 participants. « Maintenant plus que jamais, les entreprises ont besoin de nous. »

C’est la raison pour laquelle il s’explique mal que la Ville coupe dans le Fonds d’investissement de 600 000 $. « Dans notre mission, on veut que nous participions activement au plan de relance, mais on nous enlève nos outils. C’est pour ça que nous avons demandé une rencontre avec la Ville. »

Le cabinet du maire Steve Lussier a d’ailleurs confirmé que cette rencontre se tiendrait vendredi. 

« Notre rôle est d’investir dans des entreprises, poursuit Josée Fortin. Quand elles démarrent, les entreprises ne vont pas chercher de prêts parce qu’elles n’ont pas fait de ventes encore. C’est là que nous intervenons. Mais on nous ampute de 600 000 $. Ça va faire mal. On ne pourra plus investir dans les entreprises technologiques et innovantes. On croit que ça nuira à court ou moyen terme. »

Mme Fortin insiste sur l’importance de garder tout son personnel au travail pour assurer la relance. « Nous avons appelé les 664 entreprises de nos filières-clés pour voir où elles en sont dans leurs liquidités. Nous avons fait une compilation de toutes les mesures d’aide annoncées et nous tenons des séances d’information virtuelles deux fois par semaine. Mon rôle est de garder mes effectifs humains pour bien accompagner les entreprises. »

Les coupes toucheront donc des missions prévues à l’international, missions qui ne pourront de toute façon pas se réaliser.

Mme Fortin dit attendre de la Ville qu’elle clarifie le mandat de Sherbrooke Innopole. « Je pense qu’il est légitime de demander des explications. »

Et si jamais le gouvernement du Québec accordait à Sherbrooke sa désignation de zone d’innovation en science quantique, Josée Fortin estime qu’il s’agirait d’un bel outil pour relancer le développement économique. « Ce serait extraordinaire. Pour l’instant, le processus de désignation des zones d’innovation est sur pause, mais nous attendons les étapes suivantes. »