Sylvain Dupont chevauchant l’une de ses premières créations, construite à partir d’une Yamaha XS650

Des motos uniques créées à Bromont

Il y a de ces bolides qui vous décrochent un sourire, tant en les observant sous tous leurs angles qu’en écoutant leur moteur rugir. Ou le summum, les deux à la fois. Que l’on aime les café-racers ou non, on ne peut rester indifférent devant les créations de StrayCat Motorcycles : des motos uniques qui impressionnent par leur prestance, dépouillées du superflu, préparées pour la performance tout en préservant l’ADN du constructeur d’origine.

Il suffit de mettre le pied dans l’antre de Sylvain Dupont pour prendre la mesure... de sa démesure. Dans son atelier impeccable à Bromont, une de ses premières créations, conçue à partir d’une Yamaha XS650, attire instantanément le regard. « Je ne me fatigue jamais de la regarder. J’aime sa ligne, son style. Mais c’est encore mieux de la piloter. C’est la moto dans sa plus simple expression », a-t-il lancé.

En fait, construire des café-racers est un retour aux sources pour cet ingénieur de formation. « J’ai eu ma première moto à 18 ans. C’est un univers qui m’a mené jusqu’à Polytechnique. J’aurais bien voulu faire carrière dans ce secteur d’activité, mais il n’y avait pas de débouché en 1989. J’ai finalement travaillé dans un autre domaine [environnement]. Maintenant que je suis retraité, j’ai décidé de plonger dans ma passion en me donnant à fond. »

Déclic

Pour les néophytes en la matière, le courant des café-racers a pris naissance en Angleterre dans les années 1960. Des groupes de motards rebelles cherchaient alors à se distinguer en modifiant leurs bécanes pour en accroître les performances : guidon, moteur, pièces de carénage et suspensions, tout y passait. Les artisans de cette contreculture naissante enfourchaient leur monture survitaminée pour se rendre le plus vite possible d’une terrasse de café à l’autre.

C’est par ailleurs lors d’un voyage en Europe, où les café-racers foisonnent, que Sylvain Dupont a choisi de faire sa place dans cette sphère effervescente. « J’ai toujours été attiré par ces motos uniques et leur histoire. Ma belle-famille est en France. J’ai passé un mois avec eux. Comme j’avais du temps, je suis tombé sur des bouquins de café-racers. Ma rencontre avec un fabricant de ce type de moto à Nice a été une véritable bougie d’allumage, a-t-il imagé. En voyant ce qu’il fait, ça m’a convaincu de me lancer. » C’est ainsi qu’est né StrayCat Motorcycles à l’automne 2016. Un nom inspiré d’un populaire trio américain de Rockabilly. « Les Stray Cats ont évolué à la même époque que la première vague de café-racers. Et si on prend la définition, un chat errant, ça me ressemble parce que je touche à tout. Je trouve que c’est un nom qui peut m’amener n’importe où. »

Exclusivité

Ce qui attire particulièrement Sylvain Dupont dans cet univers consiste à voir naître sous ses mains des bolides singuliers. « Commencer un projet, c’est un peu comme un gros puzzle. Tu te fais une image mentale et tu trouves le moyen d’y arriver. C’est du plaisir à chaque instant. C’est à la fois logique et artistique. Le meilleur des deux mondes quoi », a-t-il mentionné.

Or, pas question de se lancer dans une production en série. Chaque projet est unique. « Je suis très perfectionniste. Que ce soit une construction complète ou des modifications sur des motos de clients, je ne laisse rien au hasard. Je préfère m’en tenir à quelques projets par année. C’est important pour moi d’être sur la même longueur d’onde que le client. Et jamais je ne ferai deux fois la même chose. »

Afin de pouvoir contrôler chaque étape de la conception, Sylvain Dupont a ajouté des cordes à son arc en suivant des cours d’usinage et de soudure. « Je fais tout moi-même. Je machine des engrenages. Je refais le circuit électrique et j’incorpore des nouvelles technologies pour créer des motos fiables. La seule chose que je laisse à d’autres, c’est la peinture. C’est un art que je ne maîtrise pas. Du moins pas encore. »

Question originalité et exclusivité, l’homme d’affaires a poussé la démarche un cran plus loin en devenant le dépositaire canadien des casques italiens DMD. « Ça peut avoir l’air banal, mais le casque forme un tout avec la moto et son style. Je fabrique des machines agiles, fiables et qui ont du caractère, alors je veux que ça se reflète aussi avec ce que les gens qui les pilotent portent sur leur tête. »

Sylvain Dupont sur l'une de ses créations

Équilibre

Le créateur ne compte pas ses heures pour boucler chacun de ses projets. À titre d’exemple, il a mis plus de 300 heures pour concevoir son implacable machine à partir d’une XS650. La bête s’est retrouvée dans son kiosque au plus récent salon de la moto de Montréal. « Outre le travail en atelier, il y a énormément de recherche pour le style et trouver les bonnes pièces pour avoir une moto équilibrée. Parce qu’avant tout, c’est sur la route ou la piste qu’on doit apprécier un café-racer. »

Bien qu’il apprécie les motos japonaises, Sylvain Dupont a un penchant pour les anglaises : Triumph et Norton arrivent en tête de liste.

« Il y a quelque chose qui se dégage de ces motos, qu’elles soient d’époque ou plus récentes. C’est inspirant. »

Les café-racers ont particulièrement la cote depuis environ cinq ans. Est-ce une mode passagère ? « Je ne sais pas si c’est une tendance qui va prendre de l’ampleur ou s’arrêter. Mais une chose est certaine, il y aura toujours de la place pour les gens qui livrent des produits uniques et de qualité. »

Pour en savoir plus à propos de StrayCats Motorcycles, consulter la page Facebook de l’entreprise.