Le dépanneur Boni-Soir situé à l’intersection des rues Principale et Simonds à Granby peine à trouver des employés­, comme d’autres ailleurs dans la région.

Des dépanneurs à court d’employés

« C’est un fléau au moment où on se parle », affirme le gérant du Boni-Soir sur la rue Principale à Granby, Henry Morin. Joint par téléphone pour discuter de l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre, il dit d’emblée qu’il est seul au magasin et que l’entrevue risque d’être écourtée si un client entre, preuve que cette problématique est importante chez ces commerçants.

En poste depuis trois mois, Henry Morin explique que la pénurie de main-d’œuvre était déjà présente lorsqu’il s’est joint à l’équipe. Le dépanneur se trouve à l’intersection de la 112 et de la rue Simonds Nord.

Le Marché du Village, situé à la sortie 55 de l’autoroute 10 à Ange-Gardien, est ouvert jour et nuit. Lorsqu’un employé ne peut pas entrer travailler, réorganiser l’horaire devient très difficile, assure la gérante de fin de semaine, Rosalie Robert.

Il y a quelques mois, les employés se sont vu offrir un rabais de 10 % sur la marchandise : une façon d’améliorer les conditions de travail afin de pallier le problème.

Henry Morin croit que leurs heures d’ouverture restreintes permettent au Boni-Soir où il travaille de garder la tête hors de l’eau.

Le dépanneur où il travaille appartient au Groupe Paré, qui en possède une vingtaine au Québec. « Les trois dépanneurs du groupe qu’on retrouve dans la région cherchent activement de nouveaux employés », rapporte Henry Morin.

À quelques kilomètres, au Boni-Soir du 236 Robinson Sud, on peine effectivement à recruter de nouveaux travailleurs. « Si un de mes employés partait, je serais dans le trouble », rapporte l’assistant-gérant, Samuel Daigneault. Il explique aussi que certains employés doivent faire un nombre d’heures plus élevé qu’à l’habitude à cause de la pénurie de main-d’œuvre.

Un employé de l’Autoparc 74, à Bromont, indique que le commerce doit parfois fermer ses portes en raison du manque d’employés à certains moments, alors qu’il devrait être ouvert.

Les régions rurales ne sont pas épargnées. À Sainte-Cécile-de-Milton, au dépanneur Super 7, la situation ne s’est résorbée que tout récemment. « Il y a eu une période où je travaillais parfois plus de sept jours de suite. Les employés devaient tous faire du temps supplémentaire », rapporte David Martin, employé de ce dépanneur depuis environ un an. Les choses semblent s’être améliorées avec le changement de propriétaire, dit-il.

« Personnellement, ça ne me dérange pas vraiment de faire plus d’heures », nuance quant à lui Anthony Daigle-Langlois, employé au Boni-Soir sur la rue Dufferin.

Compétition féroce

Le bassin de curriculum vitae très réduit est l’un des visages de la pénurie de main-d’œuvre. « Les commerçants autour viennent me voir pour me demander si j’ai des CV à leur donner, parce qu’ils vivent la même problématique », affirme Henry Morin, gérant au Boni-Soir sur la rue Principale à Granby.

Les gestionnaires de dépanneur se tournent principalement vers les sites internet comme Indeed ou Emploi Québec afin d’augmenter le nombre de CV qui passent entre leurs mains. « Malgré tout ça, on a de la misère à trouver du nouveau monde », déplore l’assistant-gérant du Boni-Soir de la rue Robinson Sud, Samuel Daigneault.

Comme ils sont tous à la recherche de nouveaux travailleurs, la compétition est féroce. Il n’est pas rare de voir son employé quitter pour un meilleur poste ailleurs.

Ils affichent régulièrement les emplois disponibles sur la porte d’entrée du magasin. « On utilise aussi le classique bouche-à-oreille », rapporte Henry Morin.

Tous les dépanneurs ne se trouvent pas dans cette situation. Plusieurs commerces de ce type ont témoigné ne pas vivre cette problématique dans leur commerce.