François Desmarais, Charles-Olivier Mercier et Jérémy Dépault ont présenté le bilan de Commerce Sherbrooke aux élus sherbrookois qui se sont montrés critiques à l’endroit de l’organisme paramunicipal.

Des critiques sur le rapport annuel de Commerce Sherbrooke

Si Commerce Sherbrooke enregistre un bénéfice d’exploitation de 58 771 $ avant les dépenses d’amortissement, qu’il a offert 22,3 % plus d’accompagnements d’investisseurs et de promoteurs en 2017, l’organisme paramunicipal a tout de même essuyé les critiques des élus mardi. Il a déposé son rapport annuel à l’hôtel de ville.

Après amortissements, Commerce Sherbrooke enregistre une insuffisance de 724 $.

Le conseiller Paul Gingues a d’emblée formulé des doutes sur l’utilité de l’organisme. « Si je suis à la maison ce soir, je ne comprends pas ce que fait Commerce Sherbrooke. En quoi c’est différent des chambres de commerce? »

« Nous accompagnons les entreprises à différents niveaux, pour l’aide à la localisation, les changements de zonage, pour leur expliquer notre vision du développement commercial et maximiser leurs chances de réussite. Une chambre de commerce est un groupe d’intérêt qui défend ses membres. Elle n’a généralement pas les moyens de se doter d’une vision commerciale », a répondu François Desmarais.

Le nouveau directeur général, Charles-Olivier Mercier, en a ajouté. « Quand j’étais à Montréal, on citait beaucoup Commerce Sherbrooke. C’est une des seules villes à planifier sa structure commerciale. À Montréal, ils sont encore à réfléchir à savoir s’ils créeront une entité comme celle-là. J’entends donc qu’on pourrait davantage faire la promotion de nos activités. »

« Je n’ai rien contre vous mais je vois un dédoublement dans tout ça », a réagi M. Gingues.

Le directeur général par intérim François Desmarais a dressé un bilan somme toute positif des activités de la dernière année. « Nous avons eu à nous adapter à de nombreux changements, notamment la concurrence en ligne. Le tiers des entreprises que nous avons accompagnées œuvrent dans le domaine des services. Les autres secteurs importants sont ceux de la restauration et du détail. »

Ce sont 187 investisseurs et 43 promoteurs qui ont bénéficié des services de Commerce Sherbrooke. L’Observatoire commercial a aussi été complètement métamorphosé pour permettre de consigner et croiser un plus grand nombre de données.

« C’est un outil unique que nous avons développé à Sherbrooke », assure Jérémy Dépault, directeur à l’analyse stratégique.

Il souligne l’augmentation des ventes de 6 % au Québec en 2017, l’indice de confiance des ménages qui croît et la croissance du marché de l’emploi comme des données encourageantes.

À noter que le nombre de faillites passe de 28 à 27 à Sherbrooke, un nombre considéré élevé comparativement aux six dernières années. Le taux de faillite commerciale, à 1,9 %, demeure plus favorable qu’à Trois-Rivières et Saguenay.

Parmi les autres critiques formulées, Annie Godbout a déploré que les chiffres présentés dans le rapport annuel concernaient davantage la province de Québec que la Ville de Sherbrooke. Jérémy Dépault a accueilli la critique en précisant que les travaux sur l’Observatoire commercial avaient pris beaucoup de temps en 2017.

Pierre Avard aurait aimé qu’on chiffre les fermetures de commerces comme on dénombre les commerces aidés par Commerce Sherbrooke. Selon le rapport, on notait 52 ouvertures ou relocalisations avec l’intervention de Commerce Sherbrooke.

Annie Godbout a aussi souligné qu’un accompagnement pour la revitalisation du secteur commercial de Rock Forest, entre la Plaza de l’Ouest et le Ranch du spaghetti, devenait nécessaire.

Évelyne Beaudin a pour sa part prôné pour laisser son autonomie à Commerce Sherbrooke. « J’aime beaucoup l’aspect du développement commercial. La refonte complète de l’Observatoire commercial pourra intégrer des données socioéconomiques qui aideront à la revitalisation pour bien orienter les commerçants vers les bons secteurs. »

Le président de Commerce Sherbrooke, Rémi Demers, estime qu’on ne peut pas laisser les commerçants seuls et que Commerce Sherbrooke est un outil de développement commercial important.