Des institutions estriennes, dont le collégial du Séminaire de Sherbrooke, prennent part à une mission de recrutement d’élèves en Chine, ces jours-ci.

Des collèges estriens recrutent des élèves en Chine

Des institutions estriennes, dont le collégial du Séminaire de Sherbrooke, le Collège de comptabilité et de secrétariat du Québec (CCSQ) et le Collège de l’Estrie prennent part à une mission de recrutement d’élèves en Chine, ces jours-ci. Un des objectifs est de contrer la baisse démographique qui se reflète sur leurs bancs.

Il s’agit d’une première pour le collégial du Séminaire de Sherbrooke, qui compte quelques étudiants internationaux et qui participera à l’un des deux salons de l’éducation organisés en Chine.

Il s’agit d’une mission chapeautée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). On compte également, parmi les participants, la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP).

« On fait une mission d’exploration. Il n’y a pas de plan précis (...) On ne s’attend pas à avoir d’inscriptions : on va voir si ça peut être quelque chose qui peut intéresser les étudiants de venir étudier à Sherbrooke », explique Claire Beaudoin, directrice du collégial du Séminaire de Sherbrooke, en citant notamment les défis de la langue. La directrice du Séminaire, Caroline Champeau, se trouve là-bas en compagnie d’un enseignant.

Directrice des communications à la FEEP, Geneviève Beauvais abonde dans le même sens et parle davantage d’exploration.

« Ça demande de mettre en place beaucoup de choses; il faut les franciser. C’est plus complexe de les franciser », dit-elle en citant par exemple l’orthographe complètement différente.

Selon Mme Beauvais, le Québec suscite beaucoup d’intérêt à l’étranger, entre autres parce que les élèves de la province se démarquent dans les tests PISA, notamment en mathématiques. Des pays comme la France et la Belgique seraient davantage délaissés à la suite des attentats, au profit du Québec, davantage considéré comme un endroit sécuritaire. Les coûts sont aussi plus attrayants en sol québécois qu’aux États-Unis, par exemple.

Le collégial du Séminaire de Sherbrooke accueille environ 300 étudiants, dont quelques étudiants internationaux. Leur nombre varie d’une année à l’autre. Généralement, les étudiants qui proviennent de l’étranger au collégial sont des proches d’étudiants de l’Université de Sherbrooke ou de travailleurs du CIUSSS de l’Estrie, par exemple, illustre Mme Beaudoin.

De leur côté, le CCSQ et le Collège de l’Estrie (CdE) prennent part aux deux salons de l’éducation dans l’Empire du Milieu, à Beijing et à Shanghai.

« Ici à Sherbrooke, on recherche toujours des étudiants internationaux de la grande francophonie », commente Sonia Gaudreault, directrice des deux établissements privés. Une baisse de clientèle, liée au creux démographique, et un taux de chômage bas incite à lorgner du côté de l’international.

Au CCSQ, qui offre de la formation professionnelle, une bonne partie de l’effectif compte des étudiants qui effectuent une réorientation de carrière. Les quelques étudiants internationaux dans les rangs ont été jusqu’ici des étudiants qui sont venus sur la base d’initiatives personnelles. Une classe réunissant des élèves indiens a par ailleurs été démarrée l’hiver dernier.

Interrogée sur les coûts liés à cette mission, Mme Beaudoin cite notamment la production de matériel promotionnel, le remplacement du professeur qui a pris part à la mission et les billets d’avion.

« Comme on a quelques étudiants étrangers, ça faisait partie de notre vision, dans notre planification stratégique, à moyen terme, de tâter un peu l’international et d’aller un peu plus loin là-dedans. Ce n’était pas prévu, mais comme cette mission s’est présentée, on a saisi la balle au bond », note Mme Beaudoin.

La FEEP n’avait pas de données précises à fournir, mais selon l’organisation, les étudiants chinois demeurent encore marginaux : on parle de quelques centaines dans les établissements privés.